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LE VÊTEMENT.

éventails n'étaient pas tout h fait conformés comme les nôtres. Ils no se fermaient pas et les dames ne les tenaient pas à la main : c'est toujours une servante qui est cnargée d'agiter l'air autour du visage de leur maîtresse. Chéréa dit à Antiphon dans l'Eunuque de Térence : (I.... On vient prendre la jeune fille pour la conduire au bain. Elle y va, se baigne et revient; après quoi elles (les serv'antes) la mettent au lit. Je me tiens debout, attendant les ordres qu'elles pourront me donner. Une d'elles s'approche : « Çà, Dorus, me dit-elle, prends cet éventail, et (c rafraîchis l'air autour d'elle, en faisant comme ceci, pendant que nous « nous baignerons. Lorsque nous aurons fini, tu pourras te mettre dans (c le bain à ton tour, si le cœur t'en dit. » Ovide nous apprend que l'art de manier l'éventail était un des moyens de séduction des galants de Rome. Il constate que l'on a souvent obtenu les bonnes grâces des dames pour les avoir doucement rafraîchies à l'aide de l'éventail. Nous voyons, dans une scène de gyaécée que reproduit la figure 132, une jeune fille entrain d'éventer sa maîtresse. Aussi l'éventail est presque toujours pourvu d'un long manche qui permettait à la personne chargée de porter l'éventail de se tenir à une certaine distance de celle à qui elle voulait donner de l'air et de la fraîcheur.

Fig. 563. — Éventail égyptien fait avec des feuilles sèches.

Ce caractère est particulièrement remarquable dans l'ancienne

LA TOILETTE.

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Egypte. Nous reproduisons les deux types d'éventails qui se rencontrent le plus communément dans ce pays. Celui que montre la figure 563 est fait avec des feuilles sèches. On remarquera que le flabellum qu'on portait comme insigne royal autour des Pharaons (tome I, fig. /il et Zi2), n'est pas autre chose qu'un éventail de ce genre placé sur une tige extrêmement élevée.

La figure 564 montre un éventail fait de plumes d'oiseau placées sur une tige de bois en forme de lotus.

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Fig. 564. — Éventail égyptien fait avec dos plumes.

Cet éventail paraît avoir servi de type à ceux qui ont été adoptés plus tard par les Grecs. La disposition des plumes ou des feuilles desséchées dont on se servait pour faire les éventails est presque toujours la même; elles partent d'un centre commun autour duquel elles rayonnent (fig. 565, 566 et 567), D'autres fois, l'éventail affecte plus directement la forme d'une feuille unique (fig. 568, 569, 570). Les peintures de vases, sur lesquelles les représentations d'éventails sont

LE VÊTEMENT.

extrêmement fréquentes, montrent de très-nom'breuses variantes des types que nous avons donnés, mais ils sont toujours composés d'un

Fia. 51)5.

Fig. 506.

Fig. 567. Fig. 568. Fig. 509. Pig. àlO.

Éventails.

manclic et d'une partie plate, et ressemblent assez à ccu.x dont les Japonais se servent encore aujourd'hui.

Fig. 571. — Éventail grec.

L'HABITATION

I

L'HABITATION ÉGYPTIENNE

La maison sois les Pharaons. — Les meubles. — Les jardins. La maison sous les Ptolémées.

La maison sous les Pharaons. — u Les premiers habitants de l'Egypte, dit Diodore de Sicile, se construisaient des habitations avec des roseaux. Les traces de cet usage se trouvent encore chez les patres égyptiens qui, même aujourd'hui, ne connaissent d'autres habitations que les cabanes de roseaux dont ils se contentent. » Il est certain que, dans l'ancienne Egypte, non-seulement les bergers, mais encore tout le menu peuple, habitait non pas de véritables maisons, mais de simples abris composés de quatre murs, avec un toit de branches de palmier épaissi avec de la terre glaise.

Ces anciennes demeures étaient, autant que possible, bâties sur un lieu un peu plus élevé que le reste de la plaine, afm d'éviter les inondations qui les auraient réduites en boue, et tout le talent du constructeur consistait à mêler les roseaux au limon assez habilement pour que celui-ci résistât à l'action envahissante des eaux. Toutefois, ces cabanes doivent avoir existé principalement dans la basse Egypte, caria vallée supérieure du Nil offrait, par les grottes naturelles percées dans le flanc des montagnes, de nombreux abris, qui ont dû être de très-bonne heure imités artificiellement.

Dans la classe aisée, les maisons étaient bâties en briques crues, peintes de diverses couleurs. Mais, en Egypte, les maisons annon-T-paient rarement à l'extérieur une grande apparence de luxe. II. 40

L'HABITATION.

« Les auteurs de la tradition classique, dit M. Mariette, nous ont appris que les Égyptiens faisaient peu de cas des demeures qu'ils habitaient pendant la vie, et qu'au contraire ils entouraient de tous leurs soins les maisons clernelles oi\ ils devaient reposer après leur mort. L'étude des monuments est d'accord avec le témoignage des écrivains grecs et latins. Les maisons des villes étaient petites, étroites, bâties en bois et briques crues ; les tombeaux ont bravé les siècles. Le mobilier funéraire répondait au luxe des tombes. Meubles, statues, stèles, amulettes, on entassait autour du mort tant d'objets divers que le fouilleur est quelquefois étonné. Au contraire, ce que nous connaissons des villes égyptiennes nous autorisée penser qu'il en était de ces villes comme de

toutes les cités modernes de l'Orient, où la vie en plein air dispense la grande masse des iiabitants de cette recherche

1 I [| j J_ I du luxe, qui est un des be-

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Ctpendant, les magnifiques meubles dont on trouve les représentations sur les peintures des hypogées semblent indiquer des palais souvent somptueux, et il devait y avoir, dans tous les cas, une ^^ grande richesse décorative dans certains intérieurs, car autrement ces meubles auraient fait un singulier effet. Ce que les auteurs anciens nous disent de l'extrême simplicité des maisons égyptiennes nous paraît devoir s'appliquer surtout à la façade.

Cette façade, quoique fort simple, n'est pas dépourvue d'élégance. La figure 572 nous en offre un modèle. On remarquera que l'ouverture des fenêtres affecte en général la forme d'une pyramide tronquée; les volets ont deux battants. En haut de la maison, on voit une terrasse abritée par un toit léger que supportent de petites colonnes; on allait là pour prendre le frais.

Quelquefois cette terrasse n'était pas couverte, et un système de ventilation était établi sur le toit qui est toujours plat. C'est ce que nous montre la figure 573; derrière la maison représentée sur cette

L'HABITATION KGYPTIENNE.

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13, — Maison. (D'après uuo peinlure de Tlièbes.)

ligure, on voit apparaître des palmiers dont la hauteur dépasse celle du toit.

L'extérieur des maisons présente quelquefois un pavillon assez élevé, ayant de chaque côté un corps de bâtiment composé de deux galeries l'une sur l'autre. Ces galeries, soutenues par des piliers à chapiteaux, constituaient de véritiiblas salies ouvertes, dans lesquelles la famille pouvait prendre le repas en plein air. Les portes étaient à un ou deux battants et tournaient sur des gonds de métal. On les fermait avec un verrou ou une barre transversale. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont généralement grillées;

celles du premier étage sont fort petites et présentent deux vantaux de différentes couleurs. Chaque maison était accompagnée d'un grenier ouvert sur le côté et d'une terrasse découverte : il y a presque toujours un jardin qui montre des bosquets de verdure, des berceaux •de vignes et des arbres fruitiers.