mort devait retrouver dans son tombeau les meubles dont il avait l'habitude de se servir lorsqu'il était sur la terre.
Le support des lits, soit en bois, soit en métal, imitait toujours à r.es extrémités les formes d"un animal. C'était souvent un lion ; quelquefois les pieds de devant sont ceux d'un lion et ceux de derrière ceux d'une gazelle. La queue se relève assez souvent et on suppose qu'elle devait servir à accrocher quelque filet destiné à préserver le dormeur
592. — Siège d'artisan.
L'HABITATION.
de la piqûre des mouches et des autres insectes si communs en Egypte (fig. 593).
Fig. 593. — Lit égyptien.
Fig. 594. — Lit égyptien.
Dans cette figure l'imitation de l'animal est aussi complète que possible. Au-dessous de l'oreiller, on voit le cou du lion qui se redresse et
la tête forme le haut du support : aux pieds du lit, la jambe postérieure
^_ j de l'animal est fortement rejetée en
\ LP arrière pour exprimer la marche,
et la queue se relève. 11 est à remar-cpierque la plupart des lits égyptiens présentent une disposition contraire ; c'est-à-dire que le plus souvent l'oreiller porte sur la jambe de derrière de l'animal dont le membre antérieur se trouve au pied du lit. On peut voir cette disposition dans la ligure 59/|.
Ici le coussin qui recouvre le lit retombe derrière le dossier. Par une disposition analogue à celle que nous avons déjà signalée pour les sièges, la patte d'animal qui forme le pied du lit repose, non pas directement sur le sol, '''°- ■''•'^■
mais sur un petit dé cubique.
11 y avait des lits qui étaient d'une hauteur sufBsantepour qu 'on fût
L'HABITATION ÉGYPTIENNE.
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obligé d'avoir un escabeau pour y monter : une peinture du tombeau des rois à Thèbes nous montre un de ces lits entièrement recouvert d'une housse bleue qui retombe par-dessus le rebord du lit. L'oreiller est placé au milieu et il est probable que lorsqu'on voulait s'étendre, on enlevait la housse placée à l'extrémité du lit pour y placer l'oreiller (fig. 595).
Sur une peinture du tombeau de Ramsès II à Thèbes, on voit un lit en forme de divan, dont la base, qui paraît être en bois, est décorée de figures jaunes se détachant sur un fond
bleu clair. Le coussin est une étoffe violette enrichie d'étoiles brodées (fig. 596). Les pauvres se servaient comme lits de grandes nattes de jonc sur lesquelles ils s'étendaient.
La figure 597 nous montre un meuble d'une forme particulière qui pourrait être une table aussi bien qu'un lit. 11 est pourvu de têtes de
Lit L'yyplicD.
Fig.
Lit de repos égyptien.
iions à ses angles et repose également sur des pieds d'animaux. Mais les tables de cette forme étaient fort peu usitées dans l'ancienne Egypte, et elles n'auraient guère pu servir que comme supports. Nous croyons plutôt qu'il faut voir là une espèce de lit de repos, sur lequel on posait probablement un coussin pour s'y étendre pendant les grandes chaleurs du jour.
Les tables. — Les tables dont se servaient les Égyptiens étaient de forme ovale ou rectangulaire et reposaient sur trois ou quatre pieds (fig. 598). Plusieurs de ces tables sont ornées de dessins ou d'hiéro-
L'HABITATION.
glyphes. La plupart du temps elles étaient en bois; néanmoins il y en avait aussi en métal, et même en pierre, ces dernières servant probablement de buffets destinés à demeurer dans un poste fixe.
Fig. 598. — Table égyplienno à trois pieds.
En général, la tabie ne paraît pas avoir eu dans le mobilier égyptiert l'importance qu'elle a acquise chez nous. .Mais on voit aussi un assez
I Fig. 599. Table égyptienne à un seul pied.
Fig. 000. Table avec un pied en captif.
grand nombre de petites tables rondes qui portent sur un pied unique. Ce sont ces petites tables sur lesquelles on posait les rafraîchissements et autres mets pendant les réunions de famille, ou même dans les festins (fig. 599). Leur exiguïté peut paraître singulière, mais elle tient à la manière dont les Égyptiens prenaient leurs repas.
L'HABITATIO.N È'GYPTIENNE.
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En effet, Athénée nous apprend que chez eux on ne dressait pas de table pour les repas, mais que les plats étaient apportés à la ronde, à chacun des convives qui le tenait dans sa main. Cet usage singulier est confirmé par les monuments, dans lesquels on ne voit jamais les convives attablés, tandis qu'on en voit fréquemment qui ont à la main une coupe ou un plat.
Ces petites tables rondes sont simplement formées d'un disque rond, portant sur un pied qui prend quelquefois la forme d'un captif, comme le montre la figure 600.
Les effets se resserraient dans des coffrets de différentes grandeurs. I^a plupart de ces coffrets sont pourvus d'un couvercle légèrement incliné et recourbé dans sa partie supérieure, sur laquelle était placé un bouton destiné à le soulever. La figure 601 nous montre un de ces coffrets, muni de son couvercle. C'est la forme qu'on trouve le plus souvent aux coffrets égyptiens, et elle est bien particulière à cette contrée, car on ne la rencontre chez aucun autre peuple de l'antiquité. La forme du couvercle et son inclinaison sont très-caj-ac- ^"' ""' " ''°^"'' '°'''"'°-téristiques. Quelquefois le couvercle se fermait en glissant dans une rainure pratiquée dans le coffre, comme on le voit sur beaucoup de
nos boîtes à couleur ou de nos boîtes à jeu, mais plus souvent il s'enlevait simplement au lieu de glisser, et on le posait à terre quand on voulait prendre quelque chose dans le coffre (fig. 602). Quelques-uns avaient des pieds, mais d'autres en étaient dépourvus et reposaient simplement sur le soi.
Il y avait aussi des coffrets
dont le couvercle était simple-
• ment plat et d'autres s'élevaient
en formant un angle comme les toits penchés d'une maison. Dans
ceux-ci, le couvercle était divisé en deux parties, dont une seule était
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Fig. 602. — CofTret avec lo couverde ouvert.
L'HABITATION.
susceptible de s'ouvrir, et était pour cela fixée au coffret par une espèce
de charnière ou de gond, analogue à ceux dont on se servait pour
ouvrir les portes des maisons.
La forme de ces coffrets rappelle 'de loin celle des temples grecs,
au moins pour la conformation du toit; les deux versants inclinés
de manière à dessiner un angle olHtis, font sur les petits côtés un vérilablc fronton.
La plupart des coffrets étaient ornés extérieurement par de la marqueterie ou des placages de bois précieux (fig. 603). Quelques-uns aussi étaient décorés de peintures. Ceux qui étaient destinés à des usages funéraires portaient ordinairement des inscriptions, ou bien étaient
ornés de sujets religieux, qui représentent le plus souvent des
oûVandes faites à la divinité par les divers membres de la famille du
défunt.
Plusieurs de ces coffrets ont été découverts à Thèbes, et l'un d'eux,
qui est maintenant au Uritish Muséum, est particulièrement remarquable
Fig. 603. — Coffret à incrustations.