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Flg. Bi)J. — CoJl'ret.

par la belle conservation des couleurs qui le décorent. Le coffret est d'ébène et enrichi à ses angles et sur le couvercle de petites plaques rouges et bleues alternant avec de l'ivoh'e.

Les pieds sur lesquels reposent les coffrets constituent ordinaire-

ment l'ornementation adoptée pour les angles. Cependant il y a des coffres posés sur de véritables tables avec la tête et les pattes du lion, et le haut est quelquefois décoré avec des oiseaux (lig. 60/i). Ceux-ci sont d'assez grands meubles, qui faisaient probablement dans l'appartement l'office de nos armoires.

Outre ces grands coffrets, il y en avait de beaucoup plus petits, servant généralement à resserrer des objets de toilette. Ceux-ci sont d'une forme extrêmement variée et leur décoration ornementale est en général très-riche. Il y en a qui sont demi-circulaires et dont l'intérieur e^t

P'ji. Gu.j. — Colirut d conipartimcnls.

divisé en plusieurs ciimpartiments (fig. 605), d'autres qui ont la forme d'un étui, dont les deux parties sont insérées l'une dans l'autre. Des figures sont peintes sur quelques-uns, mais leur décoration rcproiluit plus habituellement les faisceaux de joncs et les feuillages qu'on voit sur les colonnes, ou bien les feuilles de palmier ou de papyrus.

Jardins. — « Un vaste jardin, dit Champollion-Figeac, était une dépendance ordinaire d'une habitation égyptienne complèie. Il était carré; une palissade en bois formait sa clôture ; un côté longeait le ISil, ou un de ses canaux, et une rangée d'arbres taillés en cônes s'élevait entre le Nil et la palissade. L'entrée était de ce côté, et une double rangée de palmiers et d'arbres de forme pyramidale ombrageait une-large allée qui régnait sur les quatre faces. Le milieu était occupé par une vaste tonne en treilles, et le reste du sol par des carrés garnis d'arbres et de fleurs, par quatre pièces d'eau régulièrement disposées, qu'habitaient aussi des oiseaux aquatiques; par un petit pavillon à jour, espèce de siège ombragé; enfin, au fond du jardin, entre le berceau de vignes et la grande allée, était un kiosque à plusieurs chambres : la première, fermée et éclairée par des balcons à balustrcs; les trois autres, qui étaient à jour, renfermaient de l'eau, des fruits et des offrandes. Quelquefois ces kiosques étaient construits en rotondes à balustre surmontées d'une voûte surbaissée. »

L'HABITATION.

La figure 606 nous montre l'intéiicur d'un jardin égyptien; si tous n'étaient pas absolument pareils à celui-ci, ils s'en écartaient peu quant à l'ensemble, et un type analogue apparaît sur divers monuments.

Ce qui frappe tout d'abord dans cette peinture, c'est l'absence de perspective; néanmoins on y voit clairement un grand bassin long en forme de canal, bordé de chaque côté par une rangée de palmiers. Tous les jardins étaient pourvus d'un bassin qui servait en même temps de vivier: les .nombreux canaux d'irrigation, qui allaient porter partout les

t'ig. 606. — Jardin égyptien avec son bassjn. (D'après une peinture de Thèbes.)

eaux du Nil, donnaient aux propriétaires une grande facilité pour avoir des pièces d'eau.

Les Égyptiens étaient passionnés pour les fleurs et ils ne se contentaient pas de celles qui poussaient naturellement dans leur pays, mais ils en faisaient encore venir des contrées lointaines. Aussi les plantes rares ou extraordinaires figurent parmi les tributs que les peuples vaincus apportent aux vainqueurs. C'est ainsi que la ligure 607 nous montre un arbre exotique tout garui de ses feuilles et dont les racines sont enveloppées de terre et placée dans une espèce de caisse. Le tout mis dans une coiffe soigneusement suspendue par des cordes à une barre de bois portée par deux hommes. Il est donc certain que cet arbre était destiné à être replanté et acclimaté, sans doute, parce qu'on le considérait comme une plante utile ou curieuse.

L'HABITATIOX KGVPTIENNE.

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La maison sous les Ptolémées. — La destruction ou, si ron veut, la transfoniiation d'Alexandrie, a été si complète, que les documents sur riiabitation égyptienne à Tépoque ptolémaïque sont encore plus rares que ceux qui concernent la période pharaonique. A défaut de reproductions graphiques, nous aurons recours aux renseignements fournis par les auteurs, mais il faut d'abord rappeler que ce n'est pas le style égyptien proprement dit, mais le style grec de la période macédonienne qui a toujours prévalu à Alexandrie. Dans la fameuse fête qu'il donna à Alexandrie, Ptolémée Philométor fit construire un pavillon dont Athénée nous a laissé la description. « On avait élevé, dit-il, sur les deux faces de la longueur, cinqcolonnesdc bois, hautesdecinquante

Fig. 607. — Une plante rare. (Peinture des tombeaux de Gouraah, près Thèbes.)

coudées; mais il y avait une colonne de moins sur la largeur. Sur ces colonnes étaient des architraves formant un carré qui soutenait toute la couverture de la salle proprement dite où Ton mangeait. On y avait tendu, au fnilieu, un ciel couleur pourpre, bordé d'une bande blanche: aux deux côtés, de droite et de gauche, s'élevaient de grosses pièces de bois couvertes d'une tenture chamarrée en blanc, représentant des tours On avait tendu dans les intervalles de faux lambris peints. Quatre des colonnes avaient la forme d'un palmier et celles qui étaient dans les intervalles ressemblaient à un thyrse. En dehors de ces colonnes régnait sur trois côtés un péiislyle qui formait avec les colonnes une galerie étroite et vofitée : c'est là que restaient les gens de ceux qui étaient admis aux festins, et le dedans était tout garni d'une tenture de couleur pourpre. On avait suspendu au milieu, dans les différents intervalles, des peaux d'animaux aussi singulières par leur variété qu'étonnantes par leur grandeur. En dehors et tout autour du péristyle, on avait placé en plein air des lauriers, des myrtes et autres arbres convenables aux

circonstances et dont le feuillage formait une couverture continue. Tout le sol était jonché de fleurs odoriférantes que l'Egypte produit abondamment et en toute saison. Voilà pourquoi ce festin, fait au milieu de l'hiver, parut si extraordinaire aux étrangers. En effet on n'aurait jamais pu trouver dans une autre ville, pour faire des couronnes, toutes les fleurs qu'on fournit à foison aux convives et dont le sol du pavillon était jonché. Il y avait sur les jambes de force qui soutenaient le pavillon cent animaux en marbre, de la main des plus habiles artistes. Dans les intervalles on voyait des tableaux de l'école de Sicyone. On y avait aussi alternativement placé nombre d'autres objets choisis, des tuniques de drap d'or et des tentures les plus brillantes, dont quelques-unes représentaient dans leurs tissus même des figures de rois; d'.iutres des sujets tirés de la fable. Au-dessus étaient rangés par ordre et alternativement des boucliers d'or et d'argent. On avait pratiqué, dans les parties supérieures, des enfoncements où étaient divers personnages de tragédie, [de comédie, de pièces satiriques, revêtus des vrais habits convenables pour leurs rôles respectifs, de sorte qu'ils se trouvaient, sur chaque côté, vis-à-vis les uns des autres. Au milieu des autres côtés, on avait laissé des cavités pour y placer des trépieds de Delphes avec leurs supports. Des deux côtés du pavillon il y avait intérieurement cent lits d'or, à pieds de sphinx, couverts de tapis de pourpre en laine de la première qualité. Les soubassements de ces lits étaient d'un art et d'un goût exquis. Le sol des intervalles des lits était couvert de tapis de Perse dont le tissu représentait des animaux. Deux cents tables à trois pieds étaient dressées devant les convives, deux pour chaque lit, sur leur gradin qui était d'argent. Il y avait en vue, au fond de la salle, cent cuvettes d'argent avec leur aiguière. En face, on avait dressé une autre table pour poser les calices et tout ce qui était nécessaire pour le service. Or toutes ces choses étaient d'or et enrichies de pierreries d'un travail admirable. » (Athénée).