L'HABITATION EN ASIE
La maison des isnAÎLnxs. — La maison en Assyiiie. — La maison EN Plrse. — La maison en Asie mineuhe.
La maison des Israélites. — Les patriarches demeuraient dans des tentes qui ne devaient pas différer essentiellement de celles qu'ont encore aujourd'hui les Arabes nomades de ces contrées. Ces tentes paraissent avoir été en général divisées en deux compartiments, dont celui de derrière était spécialement affecté à la demeure des femmes. La tenture en drap noir de poils de chèvres est indiquée dans la Bible.
On comprend qu'il en fut tout aulrement après la sortie d'Egypte. Les Israélites habitèrent alors des cités florissantes et les maisons particulières durent se ressentir de la prospérité générale. Malheureusement il nous est bien difficile de nous faire une idée très-exacte de leur disposition, même en réunissant le peu de renseignements que nous fournissent les textes sacrés.
On sait que les pauvres bâtissaient leurs maisons avec de l'argile: « Combien plus ceux qui demeurent dans des maisons d'argile, dont le fondement est dans la poudre, seront-ils consumés à la rencontre d'un vermisseau? » (Job. i, 19). Il y avait aussi des maisons en briques: « Les briques sont tombées, mais nous bâtirons avec des pierres de taille ; les figuiers sauvages ont été coupés, mais nous les changerons en cèdres. » (Isaie, 9, 9.) Enfin la Bible nous signale des maisons en pierre : « Au septième jour le sacrificateur regardera et s'il voit que la plaie se soit étendue aux parois de la maison — alors il commandera d'arracher les pierres infectées et de les jeter hors de la ville dans un lieu souillé. » (Lévitique, U, 40.)
Les maisons des riches se bâtissaient avec de la pierre de taille : « Et Salomon fit à la fille de Pharaon une maison bâtie comme ce portique. Toutes ces choses étaient de pierres de prix, de la même mesure que les pierres de taille sciées avec une scie en dedans et en dehors, et depuis le fond jusqu'aux corniches, et par dehors jusqu'au grand parvis. Le fondement aussi était de pierre de prix, de grandes pierres, de pierres de dix coudées et des pierres de huit coudées. » (Rois, I, 7, 9.)
Les bâtiments d'une maison riche ou d'un palais étaient disposés autour d'une cour carrée dans laquelle était un puits ou une citerne : « Et ils vinrent à Bahurim, dans la maison d'un homme qui avait un puits en sa cour dans lequel ils descendirent. » (Samuel, II, 17, 18.) II est probable que dans les maisons très opulentes, cette citerne était remplacée par un véritable bassin dans lequel on pouvait se baigner : « Et il arriva le soir que David se leva de dessus son lit, et comme il se prome.iait sur la plate-forme du palais royal, il vit de dessus cette plate-forme une femme qui se baignait, et cette femme-là était belle à voir. »|(Samuel, II, 11, 2.) On voit par là que les toits étaient construits en plates-formes ou terrasse? sur lesquelles on se promenait. Ces terrasses servaient aussi pour placer diffiirents objets de ménage : h Or elle avait fait monter des hommes sur le toit et les avait cachés dans des che-nevottcs de lin qu'elle avait arrangées sur le toit. » (iosué, II, 6.) Les jours de troubles ou de réjouissances, sle peuple montait en foule sur ces terrasses : « Qu'as-tu maintenant que tu es montée sur tes toits, ville pleine de troubles, ville bruyante, ville qui ne demandais qu'à te réjouir. » (Isaïe, 22, 1.)
Les fenêtres étaient garnies de jalousies qui laissaient passer l'air en interceptant les rayons du soleil. « La mère de Sisera regardait par la fenêtre et s'écriait en regardant par les treillis : «Pourquoi son char « tarde-t-il avenir?» (Juges, 5,28.) Le cantique de Salomon dit de même : « Le voilà qui se tient derrière notre muraille; il regarde par les fenêtres, il s'avance par les treillis. » (Cantique, 2, 9.)
Les Juifs opulents avaient des habitations pour l'été, d'autres pour l'hiver; car on lit dans le prophète Amos: « Et je frapperai la maison d'hiver avec la maison d'été, et les palais d'ivoire seront détruits et les grandes maisons prendront feu. » (Amos, 3, 15.) On voit par là que l'ivoire était employé pour lambrisser les palais.
Nous sommes réduits à quelques phrases éparses dans les textes sacrés, pour tout ce qui concerne le mobilier des Hébreux. Dans les Proverbes, la courtisane vante les tissus qui garnissent son lit et les parfums qu'elle y a mis: « J'ai garni mon lit de garnitures d'ouvrage entrecoupé de fil d'Egypte, j'ai parfumé ma couche de myrrhe, d'aloès et de cinnamome. » (Proverbes, 7, 16.) Le Cantique des cantiques donne un peu plus de détails sur le lit de Salomon : « Le roi Salomon s'est fait un lit de bois du Liban, — il a fait ses piliers d'argent, son lit d'or et son ciel d'écarlate. » (Cantique, 3, 10.) On peut conclure de là que le lit était en bois précieux incrusté d'or et d'argent, et recouvert de
tissus de pourpre; mais le moindre monument figuré donnerait un renseignement bien plus précis que tous ces textes.
Les Juifs avaient en outre, comme la plupart des Asiatiques, des lits ou des sophas sur lesquels on s'asseyait pour prendre les repas : « Et tu t'es assise sur un lit honorable, devant lequel il y avait une table dressée, sur laquelle tu as mis mon encens et mon parfum. » (Ézé-chiel, 23, ^1.),.
La maison en Assyrie. — La grande plaine qu'arrosent le 'ligre et l'Euphrate manque absolument de carrières, et les forêts font également défaut à ces contrées. Pourtant une grande civilisation a passé là et on se demande avec étonnement comment pouvaient être les habitations de peuples qui n'avaient à leurs dispositions ni les grandes assises, ni les bois de construction.
Strabon nous fournit à ce sujet quelques renseignements.
« A cause de la rareté du bois de charpente, dit Strabon, on construit avec des poutres et des piliers de palmier. On entrelace ces piliers avec des cordelettes de jonc et on y applique des couleurs. On enduit les portes d'asphalte. Celles-ci sont hautes, et toutes les maisons ont le sommet en cône, vu l'absence du bois de construction; car la contrée est nue; il n'y a en grande partie que des arbustes, abstraction faite du palmier. Ce dernier est très-abondant dans la Babylonie. »
Si le sol de la Babylonie fournit peu d'arbres, on y trouve une argile excellente, qui, cuite au four, ou même simplement sécliée au soleil, acquiert une dureté extraordinaire. On se servait de bitume pour faire un ciment qu'on mêlait de chaux, dont on alternait les couches avec des lits de joncs ou des feuilles de palmiers. La pénurie des matériaux a peut-être contribué plus qu'on ne pense à rendre les architectes inventifs. Presque toujours réduits à construire des maisons avec les plantes des marais, ils en liaient plusieurs tiges ensemble, et en courbaient les faisceaux en manière d'arche, formant ainsi une sorte de charpente sur laquelle on étendait des nattes. Que ce soit pourcetfe raison ou pour une autre, les Assyriens passent pour être le peuple qui a le plus anciennement employé la voûte, et la coupole paraît avoir été adoptée dans les vastes palais des rois d'Assyrie.
La disposition des taureaux ailés mérite d'être signalée. Ils se présentent de face quand on arrive dans le palais et forment les pieds-droits des portes. Vus par les côtés, ils sont en bas-relief, et leur pied de devant est doublé pour que l'animal paraisse complet lorsqu'il est re-
gardé de face. L'animal est donc en réalité pourvu de cinq pattes, mais cette difTormité n'est apparente ni de face ni de profil.
Au-dessus de ces figures de taureaux, la porte se dispose en voûte cintrée dont Tarchivolte est décorée de briques émaillées. Les revêtements en faïence émaillée étaient très employés dans l'ancienne Assyrie et c'est probablement là que les architectes persans du moyen âge ont puisé les traditions dont ils ont fait souvent des emplois si heureux. 11 seml)le aussi qu'il y ait eu dans les palais assyriens quelques salles recouvertes par des coupoles hémisphériques, qui faisaient saillie au-dessus des terrasses établies sur les toits plats du palais.Ces terrasses, qui formaient probablement des jardins, étaient bordées par un feston de créneaux en gradins, reproduits sur plusieurs bas-reliefs.