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L'HABITATION.

droit et à grand dossier. Les pieds du siège sont aplatis et diVoiipés conformément à ceux que nous avons déjà vus, mais les bras sont au contraire très-maigres et semblent formés d"une simple baguette (fig. 623) ; ils sont en outre décorés de griffons. Le style de cette chaise est assez lourd, et la cloche renversée qui se voit à la base du pied est d'un goût

Fig. 623. — Siège grec. (D'après une peinture de Pompéi.)

douteux. Cette forme on cloche se trouve fréquemment sur les meubles romains de l'époque impériale : mais la construction même du meuble est absolument grecque et n'a rien de romain. Les Grecs seuls et aussi les Étrusques faisaient des sièges dont les pieds étaient formés de planchettes minces, plates et découpées sur les côtés. On retrouvera le type de ces meubles dans la figure 619, qui représente un lit grec; du reste, on en a déjà vu aussi uu spécimen sur le trône que représente la figure 622.

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La persistance des types grecs alourdis par le goût romain est également remarquable sur la chaise représentée figure 624, sur laquelle est assis un Jupiter. Cette statue appartient en effet à l'époque impériale; toutefois elle a suln tant de restaurations, qu'il est difficile de la prendre absolument comme modèle de meuble antique.

Fig. 624. — Siège grec. (D'après une statue.)

Outre les chaises à balustres dont nous SA'ons parlé, les femmes grecques se servaient de sièges à pieds droits et de forme arrondie. Un bas-relief récemment découvert en Grèce (fig. 625) nous montre une chaise de cette espèce. Elle est pourvue d'un grand dosssier droit et de bras également droits et qui se terminent par une petite tête de bélier. On voit sur une peinture de Pompéi, représentant Léda, une chaise du

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même genre,'mais dont le dos est recourbé (fig. G2(')). Les pieds, qui se terminent en bas par une pointe, sont d"un style beaucoup moins pur que ceux de la chaise précédente qui appartient à la belle époque de l'art grec. La figure 627 est une peinture de Pompéi, qui représente Hélène et Paris. Hélène est assise sur un siège sans dossier, dont les pieds sont également droits et de forme arrondie. Il est bon de remarquer que

Fig. 625, — Chaise grecque.

Fig. 626. — Chaise do Léda.

les sièges que nous avons vus jusqu'ici sont toujours accompagnés d'un tabouret pour mettre les pieds.

Les peintures de vases nous montrent fréquemment des femmes assises sur des chaises légères, et dont les pieds fortement arqués vont en s'amincissant vers le bas de manière à être souvent d'une e.xtrême ténuité à l'endroit où ils touchaient le sol. Ces chaises, sur lesquelles on posait une peau de bête ou un coussin épais, comme le montrent nos figures 628 et 629, sont pourvues d'un dossier très-large et fortement renversé en arrière. Ce sont toujours des femmes que l'on voit assises sur ces chaises, qui sont extrêmement légères et le plus souvent dépourvues de bras.

Cette forme de chaise se retrouve avec des variantes sur une foule

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de monuments antiques et elle persista dans l'époque romaine. En effet, on la retrouxe non-seulemeni sur des peintures de Pompéi, mais

Fig. 627. — Si^go sans dossier.

même dans des statues de l'époque romaine : ainsi la belle statue d'Agrippine nous montre un siège à dossier renversé, dont la structure dérive évidemment des chaises grecques figurées sur les vases.

Fig. 628. — Chaise grecque.

Fig. 629. — Chaise grecque.

Les hommes ont aussi quelquefois des chaises à pieds recourbés et pourvues d'un large dossier. Elles se distinguent des précédentes, en

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ce qu'elles sont beaucoup plus massives, car la forme générale du meuble est à peu près la même. La belle statue de Ménandre (fig. 630) nous offre un modèle excellent de ce genre de siège, qui répond à nos

Fig. 630. — Ménandre.

fauteuils de bureau, et dont l'allure grave convient parfaitement à un homme d'État ou à un écrivain.

L'usage des coffres pour resserrer les vêtements et les objets précieux remonte assurément à une très haute antiquité. Nous le voyons mentionné dans Homère : « Arétè apporte de la chambre un coffre magnifique; elle y dépose les riches présents, les vêtements et l'or que

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Fli'. 631. I emme assise sur un coffre-forl.

les Pliéaciens avaient donnés à Ulysse, et elle y place aussi la tunique et le manteau : puis elle adresse à 1 étranger ces rapides paroles : u Noble voyageur, examine ce couvercle et ferme-le toi-même avec une chaîne pour que Ton ne te dérobe rien, pendant ton voyage, lorsque tu goûteras les douceurs du sommeil sur loti sombre navire. » {Ulysse clicz Alcinoûs, Odyssée.

Les vases grecs nous montrent des femmes occupées à ranger les vêtements dans les coffres. Sur d'autres on en voit qui sont assises sur le coffre, car, lorsqu'il était fermé, ce coffre servait de siège. (Fig. 632). Ces coffres étaient quelquefois de grande dimension, caril est assez souvent question de personnages qui s'y sont tenus cachés. Un vase nous montre le jeune Persée que sa mère enferme dans un coffre destiné à être ensuite jeté à la mer. Il y a même des coffres où l'on voi deux personnages. Sur un vase nous voyonsTennès et sa sœur Hémithée sortant du

coffre où les avait enfermés Cycnus. (Fig. 632.) Évidemment ce sont là des sujets mythologiques dont on ne saurait déduire aucune réalité historique. Mais dansces représentations, les artistes ont dû figurer les meubles qu'ils avaient habituellement sous les yeux, et en peut en conclure que les anciens se servaient de coffres de grande dimension et d'une structure extrêmement solide. L.es anciens ne se servaient pas de clefs ni de serrures pour fermer leurs coffres et leurs buffets. Ils les scellaient avec le chaton de leur anneau qui servait alors de cachet. On employait les clefs seulement pour les portes des édifices ou des maisons, mais on n'en usait pas pour les oljjets mobiliers.

Fi.'. 632. — ColTre.

L' H A B I T A ï I 0 N ROMAINE Les maisons. — Les meubles.

Les maisons. — Les habitants de l'Italie primitive paraissent avoir habité des cabanes, ou plutôt des huttes de forme arrondie. 11 n"en est naturellement resté aucune, mais le musée britannique possède une ancienne poterie, qui a dû servir d'urne sépulcrale et dont la forme est celle d'une maison.

11 est probable que la cabane de Romulus, qu'on montrait au Capi-

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Fig. tî<(3. — Chaumière.

tole, ressemblait à ce petit monument auquel on attribue une haute antiquité (fig. 633). Nous avons déjà donné (tome I, fig. 513), un monument du même genre, et au-dessous une autre urne qui cette fois montre une maison de forme rectangulaire. Cette dernière forme est celle que paraissent avoir adoptée les Étrusques, qui abandonnèrent ainsi la forme ronde des habitations pélasgiques de l'Italie primitive.

La cabane étrusque était en effet rectangulaire, et comme elle était ouverte par le haut, on y a vu le principe de l'atrium romain, qui n'est pas autre chose en effet qu'une cour entourée d'un portique aulour duquel sont disposées les chambres.

A Rome, on appelait domus une maison particulière occupée par un