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seul propriétaire et sa famille, par opposition à Vinsula qui était construite pour recevoir un certain nombre de familles différentes auxquelles on'la louait en chambres, en étages ou en appartements. Les riches Romains haljitaient toujours une maison seule, répondant à ce que nous appelons des hôtels. Les personnes moins aisées, qui tenaient pourtant à être absolument chez elles, possédaient seulement une fraction de maison. En effet, comme le titre de locataire était en quelque sorte déshonorant, parce qu'il indiquait un aventurier n'ayant pas ses lares à demeure fixe, on avait des maisons collectives. On se réunissait donc à plusieurs pour faire bâtir à frais communs, ou acheter ensemble une maison, dont chacun des propriétaires possédait en propre soit le rez de chaussée, soit un étage. Mais ces tiers ou quarts de propriétaires constituaient en somme une classe extrèmcm nt restreinte, qui ne pouvait se comparer, ni par le nombre aux simples locataires, ni par la position aux véritables propriétaires.

Les artisans qui venaient dans une grande ville pour chercher du travail et qui n'y devaient pas faire un séjour de longue durée occupaient des petits logements qu'on leur louait avec le peu de meubles qui leur était nécessaire. Ces sorti's de locataires ambulants, qui ne tenaient à rien, n'avaient pas de lares à honorer, pas d'aïeux dans la cité, et étaient partout considérés comme des étrangers et très généralement méprisés.

Les niuisons de Pompéi sont de deux sortes; celles qui ont seulement une porte sur la rue étaient de simples habitations, tandis que celles qui étaient entourées de boutiques servaient à la fois de maison d'habitation et de maison de rapport. Les boutiques ne communiquaient pas avec l'appartement situé autour de la cour intérieure, mais un grand nombre sont accompagnées d'un petit réduit, ou arrière-boutique, qui servait probablement de logement au boutiquier;quelquefois aussi ce logement est situé au premier étage, mais toujours isolé de l'habitation centrale.

Dans plusieurs de ces boutiques on a retrouvé le comptoir du marchand; mais ce marchand était souvent, non pas un véritable locataire, mais un simple agent, ou commis chargé de débiter les marchandises appartenant au propriétaire habitanilamaison intérieure.Ces boutiques étaient en général extrêmement petites, et l'acheteur devait êtreobligS la plupart du temps de stationner dans la rue. Les boutiques se fermaient la nuit avec des volets à coulisses, et le nom du marchand était écrit au-dessus avec des lettres rouges. Les enseignes sont assez rares.

L'HABITATION.

cependant on en a trouvé quelques-unes: ainsi, pour un marchand de vin, deux hommes portant une amphore, pour une école de gladiateurs, deux gladiateurs combattant, pour une école d'enfants, un pédagogue donnant une correction à un petit garçon qui est porté sur les épaules d'un autre.

Les maisons n'avaient pas de numéros, mais le nom du propriétaire était souvent écrit sur la porte en lettres noires ou rouges. Ce sont aussi des inscriptions qui remplaçaient les écriteaux de nos maisons de location.

Les meubles. — 11 faut distinguer dans les lits romains ceux qui servaient comme couchettes et ceux qu'on employait comme nos so-phas ou nos canapés. La figure 63/i montre la véritable couchette prise

Fig. 63-1. — Lit rùmaia

sous son aspect le plus simple, on y voit clairement le côté où sera placé l'oreiller et les lanières croisées sur lesquelles on va placer le matelas. Les matelas qui étaient posés sur ce réseau était habituellement rembourrés avec des flocons de laines ou des plumes. « La plume, sous le poids de ton corps, dit Martial, te laisse-t-elle sentir de trop près la sangle, prends cette bourre fournie par la laine de Leuconium. »

Il paraît, toutefois, que cette recommandation du poète latin ne pouvait s'appliquer qu'à ceux dont la bourse était assez bien garnie, et qu'il y avait une autre espèce de bourre pour les personnes plus modestes, (i On appelle bourre du cirque, dit notre auteur, le jonc de nos marais, au pauvre elle tient lieu de bourre de Leuconium. »

On avait aussi des couvertures, soit pour se coucher dessus, soit pour s'en couvrir quand on dormait. Les couvertures fabriquées à Sardes étaient estimées pour leur finesse et leur légèreté. Tyr, Sidon, Carthage, Milet, Corinthe, Alexandrie, ont été également des centres importants de fabrication. Les couvertures étaient souvent brodées et leurs tissus étaient teints de couleurs brillantes. En hiver on se servait

L'HABITATION ROMAINE.

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de fourrures. Lorsque les mœurs orientales pénétrèrent à Rome, on voulut se procurer toutes les commodités de la vie et tous les ralîine-nients de la mollesse. Ce fut alors qu'on employa la laine de Milet et le duvet le plus fin pour en faire des coussins et des oreillers.

Caton achetait pour sa salle à manger des couvertures babyloniennes au prix de 800,000 sesterces (environ 160,000 francs); Néron paya des couvertures quatre millions de sesterces. Au festin de Trimalcion, les couches sont rembourrées de laines teintes en pourpre et en écarlate; puis on garnit les lits de couvertures où sont représentés des sujets de chasse. Ces couvertures ne couvraient pas le lit entier et les convives n'avaient pas à se lever quand on voulait les changer, c'était une draperie posée au-dessus des matelas et couvrant les pieds du lit.

Fig. 635. — Lit d'une maison romaine

Les Romafns étaient passionnés pour les ornements ciselés et sculptés. Les Pères de l'Église ne pouvaient manquer de s'élever contre ce luxe, et saint Clément d'Alexandrie défend de se servir des lits sculptés et allègue pour cela des raisons assez singulières : « 11 faut bannir de nos lits une vaine magnificence : les oreillers, les couvertures enrichies d'or et de pierreries, les manteaux précieux, les rideaux, les voiles étincelants et mille autres inventions du luxe, plus molles et plus voluptueuses que le sommeil même. Il ne faut dormir ni dans des lits à pieds et à colonnes d'argent, qui trahissent un excessif orgueil, ni dans des lits enrichis d'ivoire, cette dépouille inanimée de l'éléphant. Que le lit ne soit point travaillé avec une vaine et curieuse recherche; que les pieds qui le supportent soient simples et tout unis. Les innombrables ciselures dont l'art du tourneur les embellit servent souvent de retraite à des insectes nuisibles qui s'y cachent et que la main n'y peut aller chercher pour les détruire. »

L'IIAIUTATION.

Outre les lits somptueux dont parlent les auteurs, il y avait des lits plus simples qui probablement appartenaient à la classe moyenne. La figure 635, tirée d'une peinture de Pompéi, peut nous en donner une idée.

Le support des lits était souvent en bois, mais on en faisait aussi en

Fig. 636. — Lit avec sangle.

bronze, en écaille, en ivoire, en argent et même en or, ou du moins garni avec des matières précieuses. Des sangles ou des lanières formaient

Fig. 637.

une espèce de réseau sur lequel on posait le matelas. La figure 630 nous montre le corps même du meuble avec la sangle. Les barres de bronze simulant une corde et terminées par des têtes de serpents sont évidemment disposées pour recevoir des oreillers des deu.x côtés; il est donc présuniable que nous avons ici un lit de repos.

L'HABITATION ROMAINE.

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Les pieds des lits romains sont en général un peu massifs. Ce qui est caractéristique dans la décadence, c'est l'importance démesurée que prend l'oreiller, comme on peut le voir dans la figure 637, qui montre le lit d'Énée d'après une miniature de Virgile du Vatican.

La figure 638 nous montre un lit de repos extrêmement bas et dont la forme rappelle singulièrement celle des canapés qui furent si à la mode au commencement de ce siècle. Les tables qui se plaçaient devant ces lits étaient toujours extrêmement petites, mais l'exiguïté de celle-ci est telle qu'il n'y faut pas voir autre chose qu'une erreur ou un parti pris du sculpteur.