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romaine, mais la moulure a été enlevée du côté droit, ce qui permet de voir le pivot et la cavité dans laquelle il s'emboîte, tandis que le battant du côté gauche est tel qu'il apparaissait extérieurement, c'est-à-dire que le pivot est caché derrière les moulures. Ces moulures avaient aussi l'avantage d'empêcher'l'air extérieur de pénétrer par les fentes de la porte.

Les portes intérieures, celles qui donnaient sur l'atrium, par exemple, étaient souvent munies d'un rideau fixé à une tringle par ti^. 6ôi. — Kideau du porte. ^jgg auucaux, ct pouvaot ainsi s'ou-

vrir et se fermer à volonté. La porte représentée sur la figure 652 est. tirée d'une miniature du Virgile du Vatican.

Fig. ooJ.

Fig. 654. Fig. 635. Fig. 058.

Clefs trouvées à Pompéi.

Fig. 057.

Ces rideaux faisaient à peu près l'office de nos portières; ils étaient quelquefois d'une seule pièce; mais le plus souvent ils étaient formés de deux pièces séparées analogues aux rideaux de nos fenêtres.

LES PAKTIES DE L'HABITATION.

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Les pnrtos se fermaient soit avec des targettes de fer assujetties sur les battants au moyen d'une espèce de cadenas, soit avec des verrous. Il y en avait presque toujours dejx, un pour chaque montant, et quelquefois quatre. C'est pour cela que lorsqu'il est question de fermer une porte, on dit « les verrous » au pluriel. Les clefs de porte étaient en général fort grandes. On en a retrouvé plusieurs dans les fouilles de Pompéi; nous les reproduisons dans les figures 653 à 657.

Les jours de fêtes ou de réjouissances de famille, on décorait les portes avec des guirlandes de fleurs et de feuillages. Dans les mœurs antiques, l'entrée d'une maison était considérée comme sacrée. L'ensemble de la porte, janua, était dédié à Janus, mais les par-lies qui la composent étaient placées chacune sous la protection d'une divinité particulière. Ainsi Forculus présidait aux battants, fores, Limenlinus veillait sur le linteau et sur le seuil, Udipii, enfin pour la conservation des gonds, car-dines, on invoquait la déesse Cardea.

Pour avertir le portier, ([uand on arrivait du dehors, on avait des sonnettes d'airain, mais plus souvent encore on frappait avec un petit marteau ou un anneau fixé après la porte. Ces anneaux, souvent richement ornés ou reliés à un masque humain ou à une tête d'animal, formait presque toujours un joli sujet do décoration pour la porte; la figure

G5S nous montre un de ces anneaux, qui est retenu au montant de la porte par une jolie tête-ailée.

Le couloir qui suit immédiatement la porte extéiieure de la maison aboutit, comme nous l'avons vu figure 6/t8, à une seconde porte qui donne accès à la pièce principale de la maison, l'atrium. Ce couloir (prothyrium) est souvent décoré de peintures; dans la maison dite des colonnes de mosaïque, à Pompéi, il a des panneaux rouges et jaunes séparés par des architectures, des petits cartels contenant des masques tragiques, des paysages, dos oiseaux et des poissons. Presque toutes les maisons romaines étaient pourvues de ce corridor; cependant on cite

Fig. 658. — Anneau de porte.

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quelques exceptions, par exemple dans la maison de Polybe à Pompéi, où il y a deux portes donnant sur la même rue et ouvrant directement sur les salles. Mais c'est là un fait absolument exceptionnel, car dans une maison un peu considérable, il fallait un portier, et le logement du portier donnait presque toujours sur le couloir d'entrée (voir fig. 6/t8).

Fig. 659. ~ Cave canem.

Quand un visiteur se, présentait, le portier lui demandait son nom, et selon l'importance de l'arrivant, ce portier, suivant les ordres qu'il avait reçus, le laissait passer tout de suite, le faisait attendre ou réconduisait tout simplement. Dans les grandes maisons, le portier était un personnage auquel les petits clients faisaient leur cour pour avoir accès plus facilement auprès du patron. Il paraît aussi que les portiers avaient quelquefois le goût des oiseaux, car nous lisons dans Pétroue : « Sous le vestibule se tenait le portier, habillé de vert, avec une ceinture couleur cerise ; il écossait des pois dans un plat d'argent. Au-dessus du seuil était suspendue une cage d'or renfermant une pie au plumage bigarré, qui saluait de ses cris ceux qui entraient. »

Quand on avait sonné ou frappé avec l'anneau, le portier sortait de sa loge, et se présentant devant le visiteur avec la baguette dont il était armé et qui était l'insigne de sa profession, il disait : « Qui cs-tu? » Aussitôt un chien toujours posté à côté du portier se mettait à aboyer, jusqu'à ce que ce portier lui eût imposé silence. Le chien était considéré comme un gardien de toute nécessité dans les maisons antiques et les chiens molosses étaient surtout estimés pour la garde des maisons. Quelquefois cependant ce chien était simplement peint et quelquefois, paraît-il, avec une grande vérité. Nous lisons en effet dans Pétrone : « A la gauche de l'entrée, près de la loge du portier, j'aperçus un énorme dogue enchaîné au-dessus duquel était écrit en lettres capitales : Gare, gare le chien! Ce n'était qu'un dogue en peinture, mais sa vue me causa un tel effroi que je faillis tomber à la renverse et me casser les jambes. »

On a trouvé en effet dans une maison de Pompéi une mosaïque représentant un chien, comme celui que décrit Pétrone, avec l'inscription : CAVE CANEM. (flg. 659.)

L'atrium. —L'atrium est en quelque sorte le principe des habitations romaines : c'est la pièce centrale de la maison, celle dans laquelle donnent toutes les autres; on y place les images des ancêtres, l'autel domestique, le lit nuptial ; c'est le lieu de réunion de la famille.

Dans les premiers temps, l'atrium était la pièce où la maîtresse de la maison travaillait avec ses esclaves. Les portraits de famille étaient là, rangés chacun dans une petite niche au bas de laquelle une inscription rappelait les honneurs ou les belles actions de chacun d'eux. En réalité, l'atrium est une cour carrée, habituellement entourée de portiques, et formant le centre de l'habitation, puisqu'il donne accès à toutes les chambres de la maison. Mais les riches Romains qui recevaicrrt de nombreux clients et ne voulaient pas les voir se mêler à leur famille avaient un second corps de bâtiment (le penstylium) destiné uniquement à la vie intime, et l'atrium devint alors pour eux la salle de réception où ils traitaient les affaires. Il y a donc dans la maison d'un Romain opulent deux grandes salles ouvertes par le haut, ou plutôt deux cours autour desquelles sont disposées toutes les chambres de l'appartement. La première est l'atrium, où le maître de la maison reçoit ses amis et ses clients ; la seconde est le peristylium, où il vil avec sa famille. C'est ainsi que de nos jours nous voyons les notaires, les banquiers, etc., avoir deux appartements dont l'un est consacré au

L'HABITATION.

travail'et l'autre à la vie intime. La disposition des appartements est toute différente, mais le principe est le même.

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Fig. tifJO. — Maison de Cornélius Ruius.

L'atrium est une pièce rectangulaire recevant la lumière par une ouverture placée au centre et sous laquelle est un bassin où tombent les eaux pluviales. En réalité Valriiim est une cour, et c'est pour cette raison qu'on le confond souvent avec le cavœdium, qui est la cour pro-