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LES PARTIES DE L'II AUITATION.

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prement dite. Mais l'atrium, sauf l'ouverture placée au milieu, est entièrement abritée par les toits qui reposent sur des colonnades faisant portique.

La maison de Cornélius Rufas, dans laquelle on a retrouvé le buste du propriétaire '(fig- 660), montre bien la disposition du bassin, près duquel on plaçait assez souvent une table en marbre. Cette table est habituellement accompagnée d'une fontaine dont les eaux se déversent dans le bassin, placé au milieu de l'atrium. Dans la maison de Cornélius Rufus, la fontaine n'est plus apparente, mais on peut voir sa place (fig. 661) dans le bassin de la ^liaison des Néréides, où elle est

Fig. 661.

Bassin-tonlaiDC des Néréidtjb.

également accompagnée d'une table de forme assez riche et portée par des griffons.

Ces fontaines avaient pour objet de répondre la fraîcheur dans les pièces de l'appartement, dont l'entrée avait presque toujours accès dans l'atrium. Elles étaient d'une forme très variée. Celle qui est représentée figure 662 a été trouvée dans l'atrium toscan de la maison du Faune à Porapéi ; elle devait être placée dans l'impluvium de cette maison, car les morceaux séparés qui la composaient et qui ont été ensuite réunis ont été trouvés là. Elle se compose d'une petite colonne cannelée et surmontée d'une vasque avec une espèce de couvercle décoré de cinq petits animaux, canard, grenouille, etc. Ces animaux étaient en communicsition avec des tuyaux internes et fournissaient des petits filets d'eau jaillissant par-dessus les bords de la coupe. Le bord

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de la vasque offre des saillies pareilles à celles d'une lampe à dix becs et le dessous était orné de feuillages et de masques de satyres.

Les galeries qui entourent l'atrium sont classées par Vifruve en cinq catégories différentes auxquelles il donne les noms suivants :

1° L'atrium toscan, le plus ancien et le plus fréquemment employé ; il se compose de quatre poutres se croisant à angles droits en fixant leurs extrémités dans les murs de l'édilice. 11 n'a pas de cour et les

Fig. 662. - Fontaine en marbre.

toits retombent juste au-dessus du bassin dans lequel ils versent leurs eaux. L'atrium toscan n'ayant pas de colonnes est nécessairement de petite dimension, mais il n'en est pas moins richement décoré. 2° L'a-trium tétrastyle diffère de l'atrium toscan par les quatre colonnes placées à l'intersection des poutres ; il est d'ailleurs un peu plus grand, mais il présente la même disposition. 3" L'atrium corinthien est encore plus grand et se distingue surtout par le nombre des colonnes qui supportent ses portiques, k° L'atrium displuviatum diffère complètement des précédents : les eaux, au lieu de tomber directement dans le bassin du milieu, se déversent dans une espèce de cheneau, d'où elles

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suintent quelquefois sur les murs. Cet inconvénient est racheté par la clarté des chambres, qui est beaucnip plus grande dans ce système que dans les autres. 5° Le testudimim est couvert entièrement par un toit qui, vu d'en haut, ressemble assez à la carapace d'une tortue.

Les portiques de l'atrium étaient souvent ornés de colonnes d'un seul bloc et d'un marbre précieux, qui revêtait également les murs jusqu'à hauteur d'appui ; le reste était enrichi de peintures. Le plafond était couvert d'incrustations. On tendait sur la partie découverte une courtine, ou grand voile, qui garantissait des rayons du soleil. Des statues, souvent très-remarquables, décoraient les atriums romains,

Fig. 6U3. — Atrium dâ la maiàuu de £,4i.u3kvk

même dans les petites villes. Mais ce qui donne à cette salle une physionomie tout à fait spéciale, c'est le bassin qui en occupe le milieu.

Un autel consacré aux aïeux était souvent placé dans l'atrium à côté du bassin central : c'est là que primitivement brûlait le feu sacré. C'est là que, dans la cérémonie du mariage, on rompait le gâteau que les époux devaient partager. La fontaine jaillissante dont les eaux s'écoulaient par le bassin servait aux purifications. Toutefois, ces parties accessoires ne se trouvaient que dans les maisons les plus riches, et il y a beaucoup d'atriums qui en sont dépourvus.

La figure 663 représente l'atrium de la maison de Salluste. Cet atrium, dont la gravure montre une restauration, était dans le genre de celui qu'on appelle atrium toscan, c'est-à-dire qu'il n'avait pas de colonnes pour supporter le toit qui reposait sur des poutres placées d'un mur à l'autre. Cet atrium était surtout employé dans des maisons de petite dimension.

Aussitôt après leur lever, les riches Romains allaient dans l'atrium recevoir les salutations de leurs clients. Ces visites avaient toujours lieu le matin, avant l'heure où on allait parler d'affaires au Forum. On n'était pas considéré comme un grand personnage si, dès Je point du jour, on n'avait pas sa porte encombrée de solliciteurs ou d'amis intéressés, qui venaient vous faire leurs souhaits pour une heureuse journée et réclamer l'assistance qu'on peut attendre d'un homme dans une position élevée. Aussi les clients sont toujours éveillés de bonne heure et vont, dès le petit jour, stationner à la porte des maisons riches et piétiner sur la voie publique, sans s"inquiéter du temps qu'il fait, en attendant que la porte s'ouvre pour les recevoir, car la salutation est pour eux une affaire de la plus haute importance.

Ces clients si assidus à faire leur cour aux riches étaient naturellement de conditions différentes. Il y avait des amis qui recherchaient la société des grands personnages dans le but de se pousser eux-mêmes dans les fonctions publiques; des commerçants qui, redoutant les procès, avaient besoin d'un protecteur devant les tribunaux; des entrepreneurs ou des ouvriers qui venaient dans l'espoir de se faire commander un travail ; des tenanciers qui avaient des comptes à rendre, enfin de pauvres diables qui attendaient un secours ou espéraient emporter les restes du souper de la veille. Tous ces clients, qui formaient comme le luxe et le mobilier d'une grande maison, étaient traités d'une façon différente, selon le rang ou la considération que le patron leur accordait.

Avant la réception en masse, il y avait les premières et les deuxièmes admissions, absolument comme pour le petit lever d'un roi au xvn" siècle. Tandis que la foule attendait, le portier, qui ne faisait qu'entre-bàiller sa porte, laissait passer un à un les clients de la première admission. Ceux-ci, qui étaient les intimes et les privilégiés, allaient droit à la chambre du patron et se trouvaient admis l'un après l'autre à l'entretenir en particulier.

Les secondes admissions comprenaient une réception collective, mais par petits groupes peu nombreux ; ils étaient également reçus dans l'appartement privé, mais ils n'avaient pas l'honneur d'être admis isolément et individuellement.

Dès que les secondes admissions avaient pénétré dans la maison, le portier ouvrait la porte à deux battants et le flot de petits clients qui n'avait droit qu'aux entrées publiques se précipitait aussitôt dans l'atrium. Il était de bon ton de faire attendre un peu cette foule qui

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Stationnait debout sous les portiques de l'atrium. Enfin, le patron a quitté son vêtement de maison et endossé la toge, il sort de l'appartement privé et fait son entrée dans l'atrium après s'être fait annoncer. 11 apparaît, accompagné d'un esclave uomenclateur qui dit le nom de ceux qui viennent lui faii-e la cour, c'est-à-dire qui circulent dans les portiques dont la cour est eutourée jusqu'à ce qu'ils aient pu le saluer. Quelques-uns parmi ces petits clients auront encore les honneurs d'une poignée de main, mais la plupart devront se contenter d'un sourire ou d'un simple signe de tête constatant qu'ils ont été vus.