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Fig. 664. — Tnclinium de la maison de Saliuste.

Une fois la salutation terminée, les intimes ou les clients les plus directement intéressés se préparent à escorter la litière du patron qui se rend au Forum et les autres quittent la maison pour aller vaquer à leurs occupations.

Plusieurs pièces de l'appartement donnaient sur l'atrium; dans l'axe du prolhyrum on trouve le tablinum, pièce où l'on resserre les papiers de famille, les tessères d'hospitalité et les portraits des a'ieux. De chaque côté sont placés les alœ, pièces entourées de sièges où le maître de la maison donnait des audiences.

Mais parmi les pièces qui entourent l'atrium, les plus importantes

sont les salles de festin. 11 y en a plusieurs placées dans des expositions différentes, car on change de salle à manger suivant la saison. La salle à manger, tricHnium, dont le nom veut dire salle à trois lits, doit avoir, suivant Vitruve, une longueur double de sa largeur. Elle est comme partagée en deux parties : la partie supérieure est occupée par la table et les lits, tandis que l'autre partie est laissée libre pour les besoins du service et pour les mimes ou danseuses qui viennent divertir les convives. La décoration du triclinium est appropriée à la destination de cette pièce et est toujours très-riche. Souvent des colonnes entourées de lierre et de pampres en divisent les parois. Des figures demi-nues, des faunes, des bacchantes, portant des thyrses ou des coupes, occupent en général le centre des panneaux. Des coquillages, des oiseaux, des poissons de mer, des pièces de gibier sont figurées sur les frises.

Dans les maisons opulentes, il y a quelquefois deux triclinium, l'un pour l'hiver, qui est dans l'appartement, et l'autre pour l'été, qui donne sur le jardin. On peut voir cette particularité dans la maison dcSaUuste, dont le triclinium d'été a été conservé (fig. 66/t). Il était recouvert de treilles dont on retrouve encore la trace ; les trois lits en maçonnerie disposés autour de la table existent encore, mais les peintures de la muraille ont presque entièrement disparu.

Le péristyle. — Nous avons vu jusqu'ici la partie réputée publique dans une maison romaine, c'est-à-dire la partie où le maître de la maison reçoit ses clients et ses amis. Entrons maintenant dans la partie intime, celle qui est exclusivement réservée à la famille. On y communique par deux corridors appelés fauces et placés de chaque côté du tablinum.

» Les conversations de l'atrium n'arrivent pas jusqu'au péristyle », a dit Térence: Le péristyle est, en effet, le centre de l'appartement intime, comme l'atrium est le centre de l'appartement de réception. Le péristyle, qui forme la seconde division de la maison romaine, répond à peu près au gynécée des Grecs. C'est un grand espace découvert, entouré de colonnades comme l'atrium, mais beaucoup plus vaste et contenant un jardin avec une fontaine au centre. Les chambres occupées par la famille étaient distribuées sur les côtés du péristyle et s'ouvraient sous la colonnade. Le péristyle est presque toujours décoré avec le plus grand luxe : des statues s'élèvent devant les colonnes. Souvent aussi l'entre-colonnement est rempli par un petit mur à hauteur d'appu

sur lequel on posait des vases de fleurs, ou qui était lui-m("me en marbre évidé, de manière à recevoir de la terre et des arbustes. La paroi est en marbre de plusieurs couleurs et le plafond en menuiserie presque toujours divisée en compartiments.

Les chambres destinées au logement des femmes ont des fenêtres garnies de grands voiles ou rideaux destinés à garantir du froid en hiver et à intercepier le soleil en été. La bibliothèque est exposée au levant, parce que c'est habituellement le matin qu'on travaille. Elle est généralement accompagnée d'un exèdre, chambre de conversation destinée à recevoir des savants et dont la forme est souvent celle d'une abside circulaire, avec rangée de sièges disposés pour la compagnie. Il y a aussi une pinacothèque ou galerie de tableaux, une salle de bain, une salle pour les jeux et divertissements. Enfin, il no faut pas omettre, dans la maison d'un riche Romain, un sacrurium ou sanctuaire religieux de la famille et la basilique, pièce indispensable dans une maison somptueuse.

Dans les étages supérieurs sont les cœnacula et la terrasse ou solarium, où l'on vient, en automne, se chauffer aux rayons bienfaisants du soleil.

Les chambres de service. — La cuisine, l'odice, la pièce où on fait le pain et les chambres des serviteurs, font généralement partie du corps de bâtiment dont l'atrium est le centre.

Les celliers destinés à recevoir les provisions élaient généralement éclairés par le côté du nord, afin que le soleil ne pût faire éclore les insectes. Ils étaient placés, dans les maisons riches, sous la garde d'un intendant ou garde-magasin qui avait sous sa direction toutes les provisions et les délivrait aux domestiques, selon les besoins du service. Il y avait un endroit spécialement consacré à certaines provisions, comme le miel, les raisins secs, les viandes salées, les fruits; un autre pour l'huile, qui se gardait dans de grands vases de terre cuite ; un autre pour les vins, qu'on gardait dans les amphores. La boulangerie était une dépendance essentielle de la cuisine, car il n'y avait que les petites gens qui prenaient leur pain chez le boulanger.

« Personne, dit Vitruve, n'a jamais fait les fenêtres des celliers du côté du midi, mais bien vers le septentrion, parce que ce côté-là du ciel n'est pas sujet au changement; c'est pourquoi les greniers dans lesquels le soleil donne tout le long du jour ne conservent rien dans sa bonté naturelle, et la viande et les fruits ne s'y gardent pas longtemps.

L'HABITATION.

Il n'en est pas de même si on les serre dans un local qui ne recevra point les rayons du soleil, car la chaleur, qui altère incessamment toutes choses, leur ôte leurs forces par les vapeurs chaudes qui viennent à dissoudre et à épuiser leurs vertus naturelles. »

L'usago de placer les provisions de vin dans les lieux souterrains doit être fort ancien, puisqu'il en est question dans VOdyssèe: « Télé-maque descend dans les vastes celliers de son père où reposaient, sous des voûtes élevées, l'or et l'airain, des coffres remplis de riches étoffes et des huiles parfumées en abondance. Là se trouvaient aussi rangés en ordre, le long de la muraille, des tonneaux d'un vin vieux et délectable, contenant un breuvage pur et divin ; ils étaient destinés à Ulysse

Fig. tiijj. — Coupe sur une cave romaine.

si jamais il revenait dans son palais après avoir éprouvé de nombreux malheurs. Ce ceiher était fermé par de grandes portes à deux battants

Fig. 6Ô6. — Plan d'une cave romaine.

étroitement unis. Une femme, revêtue du titre d'intendante, y passait le jour et la nuit et elle gardait tous ces trésors avec un esprit rempli de prudence; elle s'appelait Euryclée et descendait d'Ops, issu de Pisé-nor. ))

Dans une fouille exécutée à Rome au dernier siècle, on a découvert, près de la porte Flaminia, une cave avec ses amphores et tous les ustensiles qu'elle renfermait. Nous en donnons la coupe et le plan sur les figures 665 et 666. On y voit très-bien les positions des vases dans lesquels on avait l'habitude de placer le vin et l'huile. Outre les amphores, les Romains faisaient usage des futailles et des barriques faites de douves

LES PARTIES DE L'HABITAT'ION.

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et de cerceaux, à peu près coniine les nôtres. Nous en voyons souvent sur les colonnes Trajane et Antonine. Un bas-relief découvert à Augs-bourg (fig. 667) nous montre des esclaves roulant des tonneaux dans l'intérieur d'une cave. 11 paraît même que les esclaves préposés au service des caves s'y comportaient à peu près de la même manière que nos domestiques d'aujourd'hui. C'est du moins ce qu'on peut supposer d'après les comédies de Plaute. 'Voici un passage du Soldat fanfaron qni va nous éclairer sur les mystères d'une cave romaine :