Fig. 670. — Maison do Diomède. (Jardin.)
qui probablement soutenaient les rideaux. Les fenêtres du mur circulaire donnaient sur un jardin et étaient éclairées par le soleil depuis son lever jusqu'à son coucher. Dans l'angle formé entre le portique et la façade sont diverses salles destinées aux bains froids et aux bains de vapeur, introduits par le luxe dans les demeures des riches. Ces pièces et toutes les autres distribuées autour du péristyle sont remarquables par leur petitesse et un certain nombre par leurs élégantes décorations. A l'extrémité est un jardin entouré de portiques et ayant une piscine avec un jet d'eau et une treille. Sous les portiques s'étendaient des celliers ■dans lesquels on peut voir encore des amphores (on y a trouvé les restes du vin desséché par le temps'; rangées et à moitié ensevelies sous les cendres. On suppose que l'on rentrait la vendange lors de l'éruption. C'est dans ces celliers que l'on trouva, près de la porte, les squelettes de 18 personnes qui y cherchèrent un refuqe et y fin'ent probablement suffoquées. »
L'HABITATIOX.
La maison du poiite tragique est une de celles dont la découverte (1824-1826) a causé le plus de sensation dans le monde savant. Le nom qu'elle porte vient d'une des peintures qui la décorent et qui représente un homme occupé à lire un rouleau ; mais, d'après la quantité de bagues et de bracelets qu'on y a trouvés, on croit que le propriétaire devait plutôt être un bijoutier. En tout cas, c'était un homme de goût ; les peintures qui décoraient la maison, et qui ont été portées pour la plupart au musée du Naples, en sont la preuve. A l'entrée du vestibule
Fig. 671. — Maison du poëte, à Pompéi.
était la fameuse mosaïque représentant un chien enchaîné avec l'inscription : cave canem. L'intérieur contenait une mosaïque curieuse représentant un chorège instruisant ses acteurs et plusieurs peintures sur des sujets historiques et mythologiques : Achille livrant Briséis^le sacrifice d'Iphigénie, Lida et Tyndarc, Junon et Thi:tis devant Jupiter, etc.
La figure 671 montre la maison du poëte après les fouilles qui y ont été exécutées. Cette maison était, au point de vue de la décoration, une des plus jolies de Pompéi. Dans la pièce qui parait avoir servi de chambre à coucher, nous voyons la muraille disposée en trois panneaux que se-
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parent d'élégantes scénographies (fig. 672).Le panneau central renferme un sujet, tandis qu'un enfant ailé, tenant des attributs, voltige au milieu des panneaux latéraux. Le combat des Grecs et des Amazones se déroule dans la frise placée au-dessus et la décoration se termine en haut par de petits panneaux d'une teinte uniforme que réveille une délicate ornementation.
La maison du questeur était appelée autrefois ]a.maisondes Dioscures, à cause d'une peinture représentant Castor et PoUux. Elle était habitée
Fi^'. Cî-i. — Peinture murale. (Maison du poiitc tragique.)
par un homme opulent qu'on suppose avoir été un fonctionnaire public, d'où est venu le surnom qu'elle porte actuellement. Cette supposition repose sur la découverte de deux grands coffres-forts doublés en bronze où l'on pense qu'il déposait l'argent venant de l'impôt. Ces coffres avaient été déjà fouillés par le propriétaire,'qui venu probablement après l'éruption et ayant la connaissance exacte de l'endroit où était le trésor, avait percé la muraille tout près de ses coffres.
Cette maison présente une disposition toute particulière ; elle est composée de deux corps d'habitation complètement séparés par un péristyle unique. Le plan (fig. 673) montre en effet deux entrées, et
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celle qui est en bas, à droite, conduit à un logis plus modeste que celui dans lequel on entre par la porte de gauche. Ces deux entrées conduisent chacune à un atrium particulier, mais le grand péristyle qui les sépare paraît avoir été commun aux deux logis. L'atrium du côté gauche est beaucoup plus vaste que l'autre, et son tablinum était ouvert sur un jardin ou xyste qui manque à la maison placée à droite. En revanche, celle-ci est pourvue d'écuries et de remises, ce
Fig. OTS. — Maison du questeur.
qui n'est pas très commun à Pompéi ; elles sont placées à l'angle supérieur du plan à droite {fig. 673).
Les deux corps de bâtiment sont remarquables par les peintures qui les décoraient. Dans le bâtiment de droite était une Vénus céleste vêtue d'une longue robe bleue étoilée, un Mèléngre partant pour la chasse, un po'éte lisant des rers à une jeune femme, le héros près d'un cheval, qu'on a reconnu pour un des Dioscures et qui a fait donner à la maison le premier nom sous lequel elle a été désignée. On y voyait aussi de petites scènes d'un caractère tout à fait intime, par exemple, le pigeon tirant un épi d'une corbeille, des corbeilles de fruits, etc.
Parmi les peintures qui décoraient l'autre bâtiment, il y avait aussi
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plusieurs sujets mythologiques, des Muses, un Gamjmcde, Thctis ploiujeant
Achille dans les eaux du Slyx, Médée s'apprêtant a tuer ses enfants, etc.
La maison du Faune est une des plus grandes de Pompéi ; son nom
iii-
Fig- 6~4. — Plan de la maison du Faune.
A. Entrée. — B. Entrée. — C. Premier atrium. — D. Second atrium. E. Péristyle. — F. Exèdre. — G. Œcus. — H. Jardin.
vient d'une charmante stJtue en bronze représentant un faune dansant, qui est maintenant une des perles du musée de Naples. La quantité d'amphores qu'on y a trouvées et les emblèmes bachiques qui la décorent ont fait penser que cette maison devait avoir appartenu à un marchand de vin, mais ce marchand de vin était un homme opulent et un grand amateur de beaux-arts, car c'est chez lui qu'on a trouvé les plus belles mosaïques de Pompéi.
L'HABITATION.
La figure 67/i donne le plan de la maison du Faune, qui formait une île entière comprise dans un rectangle. Il y avait deux entrées, A et B, sur la rue de la Fortune. L'entrée A conduit à l'atrium toscan C, et l'entrée B à l'atrium D, qui est plus petit que lautre. Ces deux atriums communiquaient ensemble. Un corridor partant de l'atrium D conduit au jardin H sans passer par le péristyle E, qui se trouve ainsi isolé des pièces de service situées à droite du corridor. L'exèdre F se trouve ainsi placé entre le péristyle (fig. 675) et le jardin.
Fig. 675. — Péristyle de la maison du Faune.
La maison des Néréides était en voie de réparations lorsque l'éruption a éclaté. Le vestibule, qui se trouve en haut et à droite du plan, conduit à un atrium toscan, au fond duquel est le tablinum. Trois petites pièces donnent sur l'atrium, qui est en communication directe avec le péristyle placé en dessous sur le plan. Ce péristyle, un des plus beaux et des plus vastes qu'on ait découverts à Pompéi, était décoré de 24 colonnes et accompagné d'un œcus également" décoré de 12 colonnes. Deux tricliniums ayant accès, l'un sur l'angle de l'atrium (en haut du plan), l'autre sur l'angle du péristyle (en bas du plan), étaient séparés l'un de l'autre par plusieurs chambres de service, reliées entre elles par un long corridor (fig. 676).
La maison des Néréides présente une particularité architecturale que le Guide en Italie signale en ces termes; « Les colonnes à chapiteaux dans le stvle corinthien étaient surmontées d'une galerie à la-
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quelle on arrivait par un escalier. Au lieu de porter directement l'architrave, elles donnent naissance à des commencements d'arcade. C'est une sorte de transition à l'emploi de l'arcade pleine, à laquelle les architectes avaient été conduits par le besoin d'élargir les entre-colonne-ments. ».