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D’abord le couloir de l’entrée qui traversait tout le bâtiment en longueur, la première chambre carrée en rentrant juste à gauche et la salle de bains en face. L’autre chambre au centre du couloir et enfin la vaste salle où se trouvait la console de contrôle.

Le plan tracé, une évidence sautait aux yeux.

— Oui, j’ai vu, dit Sarah avant que Christopher n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche. Le côté droit du bâtiment est occupé par deux pièces qui, mises l’une à côté de l’autre, remplissent à peu près toute la surface construite, résuma-t-elle en faisant évoluer le rayon de la lampe sur le plan. Ça, c’est logique. En revanche, la partie gauche ne comporte qu’une chambre avec un grand espace vide à sa suite.

Christopher termina la déduction à voix haute.

— Vu la difficulté qu’ils ont dû avoir pour monter les matériaux jusqu’ici et ensuite construire leur bâtiment, il serait complètement absurde d’avoir fabriqué toute une partie qui ne servait à rien…

Ils dévalèrent la pente. Puis ils filèrent vers l’intérieur du bâtiment et entrèrent dans la première chambre à gauche.

— C’est quand même bizarre que ce soit la seule pièce vide du bâtiment et aussi la seule où n’apparaît pas le logo de la Nasa sur la porte.

Sarah approuva la justesse de la réflexion avant de désigner chaque mur un par un.

— S’il y a un passage caché ici, ça ne peut pas être sur le mur de gauche. Il donne directement sur l’extérieur. Ça ne peut pas être sur le mur d’en face, il débouche aussi sur l’enceinte. Ça ne peut être que sur le mur de droite.

Elle ressortit de la pièce et revint quelques instants plus tard avec la pioche qu’ils avaient trouvée dans le placard à l’extérieur. Elle tendit l’outil à Christopher, recula de quelques pas et orienta le faisceau lumineux vers la paroi.

Christopher empoigna la pioche et frappa de biais contre le mur. Le premier coup fit sauter un morceau de plâtre. Il frappa une deuxième fois, puis une troisième en ahanant. Au bout du cinquième impact, le mur se fissura, laissant apparaître le coin d’un parpaing.

Christopher reprit son souffle.

— Ça va pas être facile, mais tu as déjà fait une belle entaille, l’encouragea Sarah en désignant précisément une fissure au centre du mur. Vise là.

Christopher leva la pioche au-dessus de sa tête et l’abattit de toutes ses forces pile au bon endroit. La tête de pioche s’enfonça un peu plus. Il répéta son geste une dizaine de fois et, soudain, la pointe de la pioche traversa la cloison et s’enfonça jusqu’à la butée.

En poussant un râle d’effort, il fit levier. Le mur se craquela lentement. Une menue portion de plâtre tomba à terre. Christopher ne relâcha pas la pression sur la tête de pioche et, soudain, c’est tout un pan de la cloison qui céda.

Sarah dirigea la lumière vers le trou qui s’était formé.

— La lumière passe. On dirait qu’il y a du vide de l’autre côté. Mais c’est encore trop petit pour qu’on puisse bien voir.

— Pousse-toi ! prévint Christopher.

Il donna plusieurs coups de pioche successifs jusqu’à éventrer le mur de façon suffisamment large pour casser les contours à coups de talon. Puis il jeta son outil à terre.

Alors que des particules de poussière blanche retombaient dans le rayon lumineux, une cavité se dévoila. Un espace d’à peine un mètre carré qui semblait vide.

Mais lorsque Sarah orienta la lumière vers le sol, Christopher frémit.

Plongé dans l’obscurité, un escalier en pierre s’enfonçait sous terre.

– 36 –

Christopher échangea un regard de satisfaction avec Sarah et lui fit signe que, cette fois, il passait le premier. Il prit la torche et posa le pied sur l’escalier qui s’enfonçait sous terre.

À l’odeur de moisi qui souillait l’air se mêlèrent une senteur humide de cave et une fraîcheur qui fit se hérisser les poils de ses bras. Il descendit avec prudence. Sarah le suivait juste derrière.

Il posa le pied sur la dernière marche et balaya le pinceau de lumière devant lui. Juste en face, fiché dans le mur, ils distinguèrent ce qui ressemblait à un interrupteur.

— On n’a rien à perdre à essayer, murmura Christopher en éclairant le plafond où courait un fil électrique apparent reliant des ampoules.

Il enclencha le commutateur.

Plusieurs explosions étouffées les firent sursauter. La plupart des ampoules ne s’allumèrent pas, quelques-unes explosèrent et une poignée d’entre elles irradièrent d’une luminosité rouge, révélant un couloir blanchi à la chaux qui s’élançait de chaque côté.

— C’est possible ça, des ampoules qui fonctionnent encore plus de quarante ans après ? s’étonna Sarah.

Christopher s’engageait déjà avec prudence dans la partie la mieux éclairée du couloir, à droite.

— Un classique des phénomènes paranormaux démasqués que j’ai souvent cités dans mes bouquins, répliqua-t-il en discernant devant lui une ombre au milieu du chemin.

— Autrement dit ?

— Écoute, dans une caserne de pompiers de Californie, à Livermore pour être précis, il y a une ampoule qui brille non-stop depuis 1901. Alors oui, c’est possible qu’ici, certaines tiennent encore. Pour faire simple, certains filaments en carbone ont la capacité de se renforcer avec le temps au lieu de griller. C’est juste de la physique. Quant au fait qu’il y ait de l’électricité, je ne vois qu’une explication. Cette partie du bâtiment devait être reliée à la base aérienne au pied du volcan. Putain, c’est quoi ça ?

Christopher contourna un brancard muni de sangles usées et au matelas maculé d’auréoles.

Sarah l’imita en évitant soigneusement de toucher le chariot et s’arrêta derrière Christopher qui s’était figé au milieu du couloir.

— Regarde là.

Trois portes munies de judas venaient de se révéler dans la lumière de la torche.

Sarah ouvrit la première. Les pivots gémirent dans un larmoiement métallique et la faible lumière du couloir pénétra dans la pièce. C’était une cellule, avec seulement un lit et un cabinet de toilette, sans aucune fenêtre.

A priori un triste mais banal cachot. Sauf qu’ici, les murs étaient noirs. Noirs de graffitis. En un clin d’œil, Christopher et Sarah y repérèrent les trois formes entremêlées de l’arbre, du poisson et des flammes.

— Ça a commencé ici, murmura Christopher, à la fois fasciné et mal à l’aise.

Sarah photographia la cellule à plusieurs reprises afin de fournir à Lazar les preuves qu’il ne manquerait pas de leur demander. Les deux autres cellules étaient tout aussi sales et souillées par ces inscriptions dont la multiplicité et la nervosité du trait trahissaient une folie hystérique.

— Faites qu’il y ait une explication à tout ça, murmura Christopher en prenant de nouvelles photos.

Le couloir se terminait en cul-de-sac. Ils rebroussèrent chemin et dépassèrent l’escalier pour rejoindre l’autre extrémité du souterrain.

Une seule ampoule avait résisté dans cette partie et Christopher, qui voulut aller trop vite, se cogna contre un objet en métal qui émit un grincement.

La lueur de sa torche révéla le profil d’un étrange fauteuil roulant muni d’un corset probablement destiné à maintenir le buste et le cou.

— Là-bas, il y a de la lumière, chuchota Sarah qui préféra ne pas s’attarder sur la fonction d’un tel matériel.

Le couloir se terminait par deux portes battantes. Mais quelques mètres avant, sur le pan de mur de gauche, un éclat vacillant émanait d’une ouverture.

Ils entrèrent avec prudence dans une pièce d’une quinzaine de mètres carrés à vue d’œil.