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En 1898, un auteur de science-fiction américain, Morgan Robertson, décrivait le naufrage d'un navire géant. Ce navire imaginaire déplaçait 70 000 tonnes, mesurait 800 pieds et transportait 3 000 passagers. Son moteur était équipé de trois hélices. Une nuit d'avril, lors de son premier voyage, il rencontrait, dans la brume, un iceberg et coulait. Son nom était : Le Titan.

Le Titanic, qui devait plus tard disparaître dans les mêmes circonstances, déplaçait 66 000 tonnes, mesurait 825,5 pieds, transportait 3 000 passagers, et possédait trois hélices. La catastrophe eut lieu une nuit d'avril.

Ce sont des faits. Voici des expériences menées par des parapsychologues :

À Durham, U.S.A., l'expérimentateur tient en main un jeu de cinq cartes spéciales. Il bat ces cartes, les tire les unes après les autres. Une caméra enregistre. Au même instant, à Zagreb, en Yougoslavie, un autre expérimentateur cherche à deviner dans quel ordre les cartes sont tirées. Ceci est répété des milliers de fois. La proportion des divinations s'avère plus importante que ne le permet le hasard.

À Londres, dans une chambre close, le mathématicien J.S. Soal tire des cartes d'un jeu semblable. Derrière une cloison opaque l'étudiant Basil Shakelton cherche à deviner. Quand on compare, on s'aperçoit que l'étudiant a, dans une proportion là aussi supérieure au hasard, deviné chaque fois la carte qui allait sortir dans la manipulation suivante.

À Stockholm, un ingénieur construit une machine qui, automatiquement, jette en l'air des dés et filme leur chute. Des spectateurs, membres de l'Université, tentent mentalement de favoriser la chute d'un numéro particulier, en souhaitant fortement cette chute. Ils y parviennent dans une proportion que le hasard seul ne saurait justifier.

Étudiant les phénomènes de précognition dans l'état de sommeil, l'Anglais Dunne a scientifiquement démontré que certains songes sont capables de découvrir un avenir, même lointain(88), et deux chercheurs allemands, Moufang et Stevens, dans un ouvrage intitulé Le Mystère des Rêves(89), ont cité de nombreux cas précis, vérifiés, où des rêves avaient révélé des événements futurs et conduit à des découvertes scientifiques importantes.

Le célèbre atomiste Niels Bohr, étudiant, fit un rêve étrange. Il se vit sur un soleil de gaz brûlant. Des planètes passaient en sifflant. Elles étaient reliées à ce soleil par de minces filaments et tournaient autour. Soudain, le gaz se solidifia, le soleil et les planètes se réduisirent. Niels Bohr se réveilla à ce moment et eut conscience qu'il venait de découvrir le modèle de l'atome, tant cherché. Le « soleil » était le centre fixe autour duquel tournoyaient les électrons. Toute la physique atomique moderne et ses applications sont sorties de ce rêve.

Le chimiste Auguste Kékulé raconte : « Un soir d'été, je m'endormis sur la plate-forme de l'autobus qui me ramenait chez moi. Je vis nettement comment, de toutes parts, les atomes s'unissaient en couples qui étaient entraînés par des groupes plus importants, attirés eux-mêmes par d'autres plus puissants encore ; et tous ces corpuscules tourbillonnaient en une ronde effrénée. Je passai une partie de la nuit à transcrire la vision de mon rêve. La théorie de la structure était trouvée. »

Après avoir lu dans les journaux les récits des bombardements de Londres, un ingénieur de la compagnie américaine des téléphones Bell fit, une nuit d'automne 1940, un rêve dans lequel il se vit dessinant le plan d'un appareil qui permettait de pointer un canon antiaérien sur le lieu exact où passera un avion dont on connaît la trajectoire et la vitesse. Au réveil, il traça le schéma, « de mémoire ». L'étude de cet appareil, qui allait utiliser pour la première fois le radar, fut menée par le grand savant Norbert Wiener et les réflexions de Wiener à ce propos devaient aboutir à la naissance de la cybernétique.

« On ne saurait décidément sous-estimer, disait Lovecraft, l'importance titanesque que peuvent prendre les rêves(90). » On ne saurait non plus, désormais, tenir pour négligeables les phénomènes de préconnaissance, soit dans l'état de rêve, soit dans l'état de veille. Passant très au-delà des acquis de la psychologie officielle, la commission de l'énergie atomique américaine proposait en 1958 l'utilisation de « clairvoyants » pour tenter de deviner les points de chute des bombardements russes en cas de guerre(91).

« Le mystérieux passager embarqua à bord du sous-marin atomique Nautilus le 25 juillet 1959. Le sous-marin prit aussitôt la mer, et, pendant seize jours, parcourut en plongée les profondeurs de l'océan Atlantique. Le passager sans nom s'était enfermé dans sa cabine. Seuls, le matelot qui lui portait sa nourriture, et le capitaine Anderson, qui lui faisait une visite quotidienne, avaient vu son visage. Deux fois par jour il remettait une feuille de papier au capitaine Anderson. Sur cette feuille se trouvaient les combinaisons de cinq signes mystérieux : une croix, une étoile, un cercle, un carré et trois lignes ondulées. Le capitaine Anderson et le passager inconnu apposaient leur signature sur cette feuille, et le capitaine Anderson la scellait dans une enveloppe après avoir mis deux cachets à l'intérieur. L'un portait l'heure et la date. Le second, les mots « ultrasecret, à détruire en cas de danger de capture du sous-marin ». Le lundi 10 août 1959, le sous-marin débarquait à Croyton. Le passager monta dans une voiture officielle, qui, sous escorte, le déposa à l'aérodrome militaire le plus proche.

«  Quelques heures plus tard, l'avion atterrissait sur le petit aérodrome de la ville de Friendship, dans le Maryland. Une automobile y attendait le voyageur. Elle le conduisit devant un bâtiment qui portait cette inscription : « Centre de recherches spéciales Westinghouse. Entrée interdite à toute personne non autorisée. » La voiture s'arrêta devant le poste de garde, et le voyageur demanda à voir le colonel William Bowers, directeur des sciences biologiques à l'Office des Recherches des Forces aériennes des États-Unis.

«  Le colonel Bowers l'attendait dans son bureau :

«  “Asseyez-vous, lieutenant Jones, lui dit-il. Vous avez l'enveloppe ?”

«  Sans mot dire, Jones tendit l'enveloppe au colonel, qui alla vers un coffre-fort, l'ouvrit et en tira une enveloppe identique, à cela près que le cachet qu'elle portait n'était pas marqué « Sous-marin Nautilus », mais, « Centre de recherches X, Friendship, Maryland ».

«  Le Colonel Bowers ouvrit les deux enveloppes pour y prendre des paquets d'enveloppes plus petites, qu'il décacheta à leur tour et, silencieusement, les deux hommes mirent de côté les feuilles dont la date étant semblable. Puis, ils les comparèrent. Avec une précision de plus de 70 % les signes étaient les mêmes, et placés dans le même ordre sur deux feuilles qui portaient la même date.

« “Nous sommes à un tournant de l'Histoire, dit le colonel William Bowers. Pour la première fois au monde, dans des conditions ne permettant aucun truquage, avec une précision suffisante pour l'application pratique, la pensée humaine a été transmise à travers l'espace, sans intermédiaire matériel, d'un cerveau à un autre cerveau !” »

Quand on pourra connaître le nom des deux hommes qui ont participé à cette expérience, ils seront certainement retenus pour l'histoire des sciences.

Pour le moment, ce sont « le lieutenant Jones », qui est officier de marine, et « le sujet Smith », un étudiant de l'Université de Duke à Durham (Caroline du Nord, États-Unis).