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L'Altiplano de Bolivie et du Pérou évoque une autre planète. Ce n'est pas la Terre, c'est Mars. La pression de l'oxygène y est inférieure à la moitié de ce qu'elle est au niveau de la mer, et pourtant on y trouve des hommes jusqu'à 3 500 mètres d'altitude. Ils ont deux litres de sang de plus que nous, huit millions de globules rouges au lieu de cinq, et leur cœur bat plus lentement. La méthode de datage au radio-carbone révèle une présence humaine voici 9 000 ans. Certaines déterminations récentes mènent à penser que les hommes vivaient là il y a 30 000 ans. Il n'est nullement exclu que des humains sachant travailler des métaux, possédant des observatoires et une science, aient bâti voici 30 000 ans des cités géantes. Guidés par qui ?

Certains des travaux d'irrigation effectués par les pré-Incas seraient à peine réalisables avec nos turbo-foreuses électriques. Pourquoi des hommes qui ne se servaient pas de la roue ont-ils construit d'énormes routes pavées ?

L'archéologue américain Hyatt Verrill consacra trente ans à la recherche des civilisations disparues d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud. Pour lui, les grands travaux des anciens hommes n'ont pas été faits avec des outils à tailler la pierre, mais avec une pâte radioactive rongeant le granit : une sorte de gravure à l'échelle des grandes pyramides. Cette pâte radioactive, léguée par des civilisations plus anciennes encore, Verrill prétendait en avoir vu entre les mains des derniers sorciers. Dans un très beau roman, The bridge of Light, il décrit une cité pré-Inca que l'on atteint au moyen d'un « pont de lumière », un pont de matière ionisée, apparaissant et disparaissant à volonté et qui permet de franchir un défilé rocheux inaccessible autrement. Jusqu'à ses derniers jours (il est mort à quatre-vingts ans), Verrill assura que son livre était beaucoup plus qu'une légende, et sa femme, qui lui survécut, l'assure encore.

Que signifient les figures de Nazca ? Il s'agit de lignes géométriques immenses tracées dans la plaine de Nazca, visibles seulement d'un avion ou d'un ballon, et que l'exploration aéronautique vient de permettre de découvrir. Le professeur Mason, qui ne saurait, comme Verrill, être suspecté de fantaisie, se perd en conjectures. Il eût fallu que les constructeurs fussent guidés d'un engin flottant dans le ciel. Mason rejette l'hypothèse et imagine que ces figures ont été placées à partir d'un modèle réduit ou d'une grille. Étant donné le niveau de technique des pré-Incas admis par l'archéologie classique, c'est encore plus improbable. Et quelle serait la signification de ce tracé ? Religieuse ? C'est ce que l'on dit toujours, à tout hasard. L'explication par la religion inconnue, méthode courante. On préfère supposer toutes sortes de folies de l'esprit, plutôt que d'autres états de la connaissance et de la technique. C'est une question de préséance : les lumières d'aujourd'hui sont les seules lumières. Les photographies que nous avons de la plaine de Nazca, font irrésistiblement songer au balisage d'un terrain d'atterrissage. Fils du Soleil, venus du ciel… Le professeur Mason se garde de faire le rapprochement avec ces légendes et suppose, de toutes pièces, une sorte de religion de la trigonométrie dont l'histoire des croyances ne nous donne d'ailleurs aucun exemple. Et cependant, un peu plus loin, il mentionne la mythologie préinca selon laquelle les étoiles sont habitées et les dieux sont descendus de la constellation des Pléiades.

Nous ne nous refusons pas à supposer des visites d'habitants de l'extérieur, des civilisations atomiques disparues sans presque laisser de traces, des étapes de la connaissance et de la technique comparables à l'étape présente, des vestiges de sciences englouties dans diverses formes de ce que nous appelons l'ésotérisme, et des réalités opératives dans ce que nous mettons au rang des pratiques magiques. Nous ne disons pas que nous croyons à tout, mais nous montrerons dans le prochain chapitre que le champ des sciences humaines est probablement beaucoup plus vaste qu'on ne l'a fait. En intégrant tous les faits, sans exclusion aucune, et en acceptant de considérer toutes les hypothèses suggérées par ces faits, sans aucune sorte d'apriorisme, un Darwin, un Copernic de l'anthropologie créeront une science complètement nouvelle, pour peu qu'ils établissent en outre une circulation constante entre l'observation objective du passé et les fines pointes de la connaissance moderne en matière de parapsychologie, de physique, de chimie, de mathématique. Il leur apparaîtra peut-être que l'idée d'une toujours lente évolution de l'intelligence, d'un toujours long cheminement du savoir, n'est pas une idée sûre, mais un tabou que nous avons érigé pour nous croire bénéficiaires, aujourd'hui, de toute l'histoire humaine. Pourquoi les civilisations passées n'auraient-elles pas connu des éclairs brusques pendant lesquels la quasi-totalité de la connaissance leur aurait été dévoilée ? Pourquoi ce qui se produit parfois dans une vie d'homme, l'illumination, l'intuition fulgurante, l'explosion du génie, ne se serait-il pas produit plusieurs fois dans la vie de l'humanité ? N'interprétons-nous pas les quelques souvenirs de ces instants d'une manière très fausse en parlant de mythologie, de légendes, de magie ? Si l'on me montre une photographie non truquée d'un homme flottant dans l'air, je ne dis pas : c'est la représentation du mythe d'Icare, je dis : c'est un instantané d'un saut ou d'un plongeon. Pourquoi n'y aurait-il pas des états instantanés dans les civilisations ?

Nous allons citer d'autres faits, effectuer d'autres rapprochements, formuler d'autres hypothèses encore. Il y aura sans doute beaucoup de bêtises dans notre livre, répétons-le, mais il importe assez peu, si ce livre suscite quelques vocations et, dans une certaine mesure, prépare des voies plus larges à la recherche. Nous ne sommes que deux pauvres casseurs de cailloux : d'autres feront la route.

V

Mémoire plus vieille que nous… – Où les auteurs retrouvent des oiseaux métalliques. – Histoire d'une bien curieuse carte du monde. – Des bombardements atomiques et des vaisseaux interplanétaires dans des « textes sacrés ». – Une autre idée sur les machines. – Le culte du « cargo ». – Une autre vision de l'ésotérisme. – Le sacre de l'intelligence. – Encore une histoire, s'il vous plaît.

Depuis dix ans, l'exploration du passé s'est trouvée facilitée par les nouvelles méthodes basées sur la radio-activité et par les progrès de la cosmologie. Il s'en dégage deux faits extraordinaires(44).

1° La terre serait contemporaine de l'Univers. Elle serait donc vieille d'environ 4 500 millions d'années. Elle se serait formée en même temps et peut-être avant le Soleil, par condensation des particules à froid.

2° L'homme tel que nous le connaissons, l'homo sapiens, n'existerait que depuis 75 000 ans. Cette période très courte aurait suffi pour passer du préhominien à l'homme. Ici, nous nous permettons de poser deux questions :

a) Au cours de ces 75 000 années, l'humanité a-t-elle connu d'autres civilisations techniques que la nôtre ?

Les spécialistes, en chœur, nous répondent non. Mais il n'est pas évident qu'ils sachent distinguer un instrument d'un objet dit de culte. Dans ce domaine, la recherche n'est pas même commencée. Cependant, il y a des problèmes troublants. La plupart des paléontologues considèrent les éolithes (pierres découvertes près d'Orléans en 1867) comme des objets naturels. Mais certains y voient l'œuvre de l'homme. De quel « homme » ? Autre que l'homo sapiens. On a trouvé d'autres objets à Ipswich, dans le Suffolk : ils démontreraient l'existence d'« hommes » tertiaires dans l'Europe occidentale.

b) Les expériences de Washburn et de Dice prouvent que l'évolution de l'homme a pu être causée par des modifications très triviales. Par exemple, un léger changement des os du crâne(45). Une seule mutation, et non pas, comme on l'avait cru, une conjonction complexe de mutations, aurait suffi pour passer du préhominien à l'homme.