Ce que nous savons de la science et de la technique modernes devrait pourtant nous faire lire d'un autre œil cette littérature. Le livre de Dzyan parle de « maîtres à la face éblouissante » qui abandonnent la Terre, retirant leurs connaissances aux hommes impurs, effaçant par désintégration les traces de leur passage. Ils s'en vont en chars volants, mus par la lumière, rejoindre leurs pays « de fer et de métal ».
Dans une récente étude de la Literatournaya Gazeta(49), le professeur Agrest, qui admet l'hypothèse d'une visite ancienne de voyageurs interplanétaires, retrouve parmi les premiers textes introduits dans la Bible par les prêtres juifs, les souvenirs d'Êtres venus d'ailleurs qui, tel Enoch, disparaissaient pour remonter au ciel dans des arches mystérieuses. Les ouvrages sacrés hindous, le Ramayana et le Maha Bhratra, décrivent les aéronefs qui circulèrent dans le ciel, à l'origine des temps, et qui ressemblaient « à des nuages azurés en forme d'œuf ou de globe lumineux ». Ils pouvaient faire plusieurs fois le tour de la Terre. Ils étaient actionnés « par une force éthérée qui frappe le sol au départ », ou « par une vibration émanant d'une force invisible ». Ils émettaient des « sons doux et mélodieux », irradiaient en « brillant comme du feu » et leur trajectoire n'était pas droite, mais apparaissait comme « une longue ondulation les rapprochant ou les éloignant de la Terre ». La matière de ces engins est définie, dans ces ouvrages vieux de plus de trois mille ans et sans doute écrits sur des souvenirs infiniment plus lointains, comme étant composée de plusieurs métaux, les uns blancs et légers, les autres rouges.
Dans le Mausola Purva, cette singulière description, incompréhensible pour des ethnologues du XIXe siècle, certes, mais non plus pour nous :
« C'est une arme inconnue, une foudre de fer, gigantesque messager de la mort, qui réduisit en cendres tous les membres de la race des Vrishnis et des Andhakas. Les cadavres brûlés n'étaient même pas reconnaissables. Les cheveux et les ongles tombaient, les poteries cassaient sans cause apparente, les oiseaux devenaient blancs. Au bout de quelques heures, toute nourriture était malsaine. La foudre se réduisit en fine poudre. »
Et ceci :
« Cukra, volant à bord d'un vimana à haute puissance, lança sur la triple cité un projectile unique chargé de la puissance de l'Univers. Une fumée incandescente, semblable à dix mille soleils, s'éleva dans sa splendeur. Lorsque le vimana eut atterri, il apparut comme un splendide bloc d'antimoine posé sur le sol… »
Objection : si vous admettez l'existence de civilisations aussi fabuleusement avancées, comment expliquez-vous que les innombrables fouilles, sur le globe tout entier, n'ont jamais amené au jour un seul reste d'objets susceptibles de nous faire croire à cette existence ?
Réponses :
1° Il n'y a guère plus d'un siècle que l'on fouille systématiquement, et notre civilisation atomique n'a pas vingt ans. Aucune exploration archéologique sérieuse de la Russie du Sud, de la Chine, de l'Afrique centrale et de l'Afrique du Sud n'a encore été faite. D'immenses terres gardent leur passé secret.
2° Il a fallu qu'un ingénieur allemand, Wilhelm König, visite par hasard le musée de Bagdad pour s'apercevoir que des pierres plates trouvées en Irak, et classées comme telles, étaient en réalité des piles électriques, utilisées deux mille ans avant Galvani. Les musées d'archéologie regorgent d'objets classés « objets de culte » ou « divers » sur lesquels nul ne sait rien. Les Russes ont récemment découvert dans des cavernes du Gobi et du Turkestan des demi-sphères en céramique ou en verre, terminées par un cône contenant une goutte de mercure. De quoi s'agit-il ? Enfin, peu d'archéologues ont des connaissances scientifiques et techniques. Moins encore sont à même de se rendre compte qu'un problème technique peut être résolu de plusieurs façons différentes et qu'il y a des machines qui ne ressemblent pas à ce que nous appelons des machines : sans bielle, manivelles, ni rouages. Quelques lignes tracées avec une encre spéciale sur du papier préparé constituent un récepteur d'ondes électromagnétiques. Un simple tube de cuivre sert de résonateur lors de la production d'ondes radar. Un diamant est un détecteur sensible à la radiation nucléaire et cosmique. Des enregistrements complexes peuvent être contenus dans des cristaux. Des bibliothèques entières sont-elles enfermées dans des petites pierres taillées ? Si, dans mille ans, notre civilisation s'étant effacée, des archéologues retrouvaient des bandes magnétiques, par exemple, qu'en feraient-ils ? Et comment verraient-ils une différence entre une bande vierge et une bande enregistrée ?
Aujourd'hui, nous sommes sur le point de découvrir les secrets de l'antimatière et de l'antigravitation. Demain, le maniement de ces secrets exigera-t-il un appareillage lourd, ou tout au contraire d'une confondante légèreté ? En se développant, la technique ne complique pas, elle simplifie, réduit l'équipement jusqu'à rendre celui-ci presque invisible. Dans son livre, Magie chaldéenne, Lenormand, reprenant une légende qui rappelle le mythe d'Orphée, écrivait : « Dans les temps anciens, les prêtres d'On, grâce à des sons, suscitaient des tempêtes et soulevaient dans les airs, pour construire leurs temples, des pierres que mille hommes n'eussent pu déplacer. » Et Walter Owen : « Les vibrations sonores sont des forces… La création cosmique est soutenue par des vibrations qui pourraient également la suspendre. » Cette théorie n'est pas éloignée des conceptions modernes. Demain sera fantastique : tout le monde le sait. Mais il le sera peut-être doublement, nous arrachant à l'idée qu'hier était banal.
Nous avons de la Tradition, c'est-à-dire de l'ensemble des textes les plus anciens de l'humanité, une conception toute littéraire, religieuse, philosophique. Et s'il s'agissait d'immémoriaux souvenirs, consignés par des gens fort éloignés du temps où se déroulaient les événements, transposant, enluminant ? D'immémoriaux souvenirs de civilisations techniquement, scientifiquement aussi avancées, sinon infiniment, plus que la nôtre ? Que dit la Tradition, vue sous cet aspect ?
Tout d'abord, que la science est dangereuse. Cette idée pouvait surprendre un homme du XIXe siècle. Nous savons maintenant qu'il a suffi de deux bombes sur Nagasaki et Hiroshima pour tuer 300 000 personnes, que ces bombes sont d'ailleurs fort périmées, et qu'un projectile au cobalt de cinq cents tonnes pourrait effacer la vie sur la plus grande partie du monde.
Ensuite, qu'il peut y avoir des contacts avec des êtres non terrestres. Absurdité pour le XIXe siècle, non plus pour nous. Il n'est plus impensable qu'il existe des univers parallèles au nôtre, avec lesquels la communication pourrait s'établir(50). Les radiotélescopes reçoivent des ondes émises à dix milliards d'années-lumière, modulées de telle façon qu'elles ressemblent à des messages. L'astronome John Krauss, de l'Université d'Ohio, assure avoir capté, le 2 juin 1956, des signaux en provenance de Vénus. D'autres signaux, en provenance de Jupiter, auraient été reçus à l'Institut de Princeton.
Enfin, la Tradition assure que tout ce qui s'est passé, depuis le début des temps, a été enregistré dans la matière, dans l'espace, dans les énergies, et peut être révélé. C'est exactement ce que dit un grand savant comme Bowen dans son ouvrage L'exploration du Temps, et c'est une pensée aujourd'hui partagée par la plupart des chercheurs.
Nouvelle objection : une haute civilisation technique et scientifique ne disparaît pas entièrement, ne s'anéantit pas complètement.