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Comme on le voit, cette doctrine des cycles et des relations quasi magiques entre l'homme et l'univers donne de la force à la plus lointaine pensée traditionnelle. Elle réintroduit les très vieilles prophéties, les mythes et les légendes, les anciens thèmes de la Genèse, du Déluge, des Géants et des Dieux.

Cette doctrine, comme on le comprendra mieux tout à l'heure, est en contradiction avec toutes les données de la science admise. Mais, disait Hitler, « il y a une Science nordique et nationale-socialiste qui s'oppose à la science judéo-libérale ». La science admise en Occident, comme d'ailleurs la religion judéo-chrétienne qui y trouve des complicités, est une conjuration qu'il faut briser. C'est une conjuration contre le sens de l'épopée et du magique qui réside au cœur de l'homme fort, une vaste conspiration qui ferme à l'humanité les portes du passé et celles de l'avenir au-delà du court espace des civilisations recensées, qui l'ampute de ses origines et de son destin fabuleux et qui la prive du dialogue avec ses dieux.

Les savants admettent généralement que notre univers a été créé par une explosion, voici trois ou quatre milliards d'années. Explosion de quoi ? Le cosmos tout entier était peut-être contenu dans un atome, point zéro de la création. Cet atome aurait explosé et serait depuis en constante expansion. En lui auraient été contenues toute la matière et toutes les forces aujourd'hui déployées. Mais dans cette hypothèse, on ne saurait pourtant dire qu'il s'agit du commencement absolu de l'Univers. Les théoriciens de l'expansion de l'univers à partir de cet atome réservent le problème de son origine. Somme toute, la science ne déclare là-dessus rien de plus précis que l'admirable poème indien : « Dans l'intervalle entre dissolution et création, Vishnou-Cesha reposait en sa propre substance, lumineux d'énergie dormante, parmi les germes des vies à venir. »

En ce qui concerne la naissance de notre système solaire, les hypothèses sont aussi floues. On a imaginé que les planètes seraient nées d'une explosion partielle du soleil. Un grand corps astral serait passé à proximité, arrachant une partie de la substance solaire qui se serait dispersée dans l'espace et comme figée en planètes. Puis, le grand corps, le super-astre inconnu, continuant sa course, se serait noyé dans l'infini. On a imaginé encore l'explosion d'un jumeau de notre soleil. Le professeur H.-N. Roussel, résumant la question, écrit avec humour : « Jusqu'à ce que nous sachions comment la chose est arrivée, la seule chose réellement sûre, c'est que le système solaire s'est produit d'une certaine façon. »

Horbiger, lui, prétend savoir comment la chose est arrivée. Il détient l'explication définitive. Dans une lettre à l'ingénieur Willy Ley, il confirme que cette explication lui a sauté aux yeux dans sa jeunesse. « J'ai eu la révélation, dit-il, lorsque, jeune ingénieur, j'ai observé un jour une coulée d'acier fondu sur de la terre mouillée et couverte de neige : la terre explosait avec un certain retard et une grande violence. » C'est tout. À partir de cela, la doctrine d'Horbiger va s'élever et foisonner. C'est la pomme de Newton.

Il y avait dans le ciel un énorme corps à haute température, des millions de fois plus grand que notre soleil actuel. Ce corps entra en collision avec une planète géante constituée par une accumulation de glace cosmique. Cette masse de glace pénétra profondément dans le super-soleil. Il ne se produisit rien pendant des centaines de milliers d'années. Puis, la vapeur d'eau fit tout exploser.

Des fragments furent projetés si loin qu'ils allèrent se perdre dans l'espace glacé.

D'autres retombèrent sur la masse centrale d'où était partie l'explosion.

D'autres enfin furent projetés dans une zone moyenne : ce sont les planètes de notre système. Il y en avait trente. Ce sont des blocs qui se sont à peu près couverts de glace. La Lune, Jupiter, Saturne sont de glace, et les canaux de Mars sont des craquelures de la Glace. Seule la Terre n'est pas entièrement saisie par le froid : la lutte s'y perpétue entre la glace et le feu.

À une distance égale à trois fois celle de Neptune se trouvait, au moment de cette explosion, un énorme anneau de glace. Il s'y trouve toujours. C'est ce que les astronomes officiels s'entêtent à nommer la Voie lactée, parce que quelques étoiles semblables à notre soleil, dans l'espace infini, brillent à travers. Quant aux photographies d'étoiles individuelles dont l'ensemble donnerait une Voie lactée, ce sont des truquages.

Les taches que l'on observe sur le soleil, et qui changent de forme et de place tous les onze ans, demeurent inexplicables pour les savants orthodoxes. Elles sont produites par la chute de blocs de glace qui se détachent de Jupiter. Et Jupiter boucle son cercle autour du soleil tous les onze ans.

Dans la zone moyenne de l'explosion, les planètes du système auquel nous appartenons obéissent à deux forces :

– La force première de l'explosion, qui les éloigne ;

– La gravitation qui les attire vers la masse la plus forte située dans leur voisinage.

Ces deux forces ne sont pas égales. La force de l'explosion initiale va en diminuant, car l'espace n'est pas vide : il y a une matière ténue, faite d'hydrogène et de vapeur d'eau. En outre, l'eau qui atteint le soleil remplit l'espace de cristaux de glace. Ainsi, la force initiale, de répulsion, se trouve de plus en plus freinée. Par contre, la gravitation est constante. C'est pourquoi chaque planète se rapproche de la planète la plus proche qui l'attire. Elle s'en rapproche en circulant autour, ou plutôt en décrivant une spirale qui va se rétrécissant. Ainsi, tôt ou tard, toute planète tombera sur la plus proche, et tout le système finira par retomber en glace dans le soleil. Et il y aura une nouvelle explosion, et un recommencement.

Glace et feu, répulsion et attraction luttent éternellement dans l'Univers. Cette lutte détermine la vie, la mort et la renaissance perpétuelle du cosmos. Un écrivain allemand, Elmar Brugg, a écrit en 1952 un ouvrage à la gloire d'Horbiger, dans lequel il dit :

« Aucune des doctrines de représentation de l'Univers ne faisait entrer en jeu le principe de contradiction, de lutte de deux forces contraires, dont pourtant l'âme des hommes est nourrie depuis des millénaires. Le mérite impérissable d'Horbiger est d'avoir ressuscité puissamment la connaissance intuitive de nos ancêtres par le conflit éternel du feu et de la glace, chanté par Edda. Il a exposé ce conflit aux regards de ses contemporains. Il a fondé scientifiquement cette image grandiose du monde liée au dualisme de la matière et de la force, de la répulsion qui disperse et de l'attraction qui rassemble. »

C'est donc certain : la Lune finira par tomber sur la Terre. Il y a un moment, quelques dizaines de millénaires, où la distance d'une planète à l'autre semble fixe. Mais nous allons pouvoir nous rendre compte que la spirale se rétrécit. Peu à peu, dans le cours des âges, la Lune se rapprochera. La force de gravitation qu'elle exerce sur la Terre ira en augmentant. Alors les eaux de nos océans se rassembleront en une marée permanente, et elles monteront, couvrant les terres, noyant les tropiques et cernant les plus hautes montagnes. Les êtres vivants se trouveront progressivement soulagés de leur poids. Ils grandiront. Les rayons cosmiques deviendront plus puissants. Agissant sur les gènes et les chromosomes, ils créeront des mutations. On verra apparaître de nouvelles races, des animaux, des plantes et des hommes gigantesques.