Выбрать главу

« Une colonne de fumée et de poussière s'éleva, semblable à une colonne de fumée qui serait venue du cœur de la terre. Elle versa une pluie de soufre et de feu sur Sodome et Gomorrhe et détruisit la ville, la plaine entière, tous les habitants et la végétation. Et la femme de Loth se retourna et se transforma en statue de sel. Et Loth vécut à Isoar, puis il s'installa dans les montagnes, parce qu'il avait peur de rester à Isoar.

« Les gens furent avertis de quitter les lieux de la future explosion, de ne pas s'attarder dans les endroits découverts, de ne pas regarder l'explosion et de se cacher sous la terre… Ceux des fugitifs qui se retournèrent furent aveugles et moururent. »

Dans cette région même de l'Anti-Liban, l'un des plus mystérieux monuments est la « terrasse de Baalbek ». Il s'agit d'une plate-forme construite avec des blocs de pierre dont certains mesurent plus de vingt mètres de côté et pèsent deux mille tonnes. On n'a jamais pu expliquer ni pourquoi, ni comment, ni par qui, cette plate-forme avait été construite. Pour le professeur Agrest, il n'est pas impensable que l'on se trouve en présence des vestiges d'une aire d'atterrissage érigée par les astronautes venus du Cosmos.

Enfin, des rapports de l'Académie des Sciences de Moscou sur l'explosion du 30 juin 1908, en Sibérie, suggèrent l'hypothèse de la désintégration d'un navire interstellaire en détresse.

Ce 30 juin 1908, à sept heures du matin, un pilier de feu surgit au-dessus de la taïga sibérienne, s'élevant jusqu'à 80 kilomètres de hauteur. La forêt fut volatilisée sur 40 kilomètres de rayon par suite du contact d'une boule de feu géante avec la terre. Pendant plusieurs semaines au-dessus de la Russie, de l'Europe occidentale et de l'Afrique du Nord, flottèrent d'étranges nuages dorés qui, la nuit, reflétaient la lumière solaire. À Londres, on photographiait des gens lisant dans la rue leur journal à une heure du matin. Aujourd'hui encore, la végétation n'a pas repoussé dans cette région sibérienne. Les mesures faites en 1960 par une commission scientifique russe révèlent que le taux de la radio-activité y dépasse de trois fois le taux normal.

Si nous avons été visités, les fabuleux explorateurs se sont-ils promenés parmi nous ? Le bon sens réagit : nous nous en serions aperçus. Rien n'est moins sûr. La première règle de l'éthologie est de ne pas perturber les animaux que l'on observe. Zimanski, savant allemand de Tübingen, élève du génial Conrad Lorenz, a étudié durant trois ans les escargots en s'assimilant leur langage et leur comportement psychique, de sorte que les escargots le prenaient réellement pour un des leurs. Nos visiteurs pourraient en user de même avec les humains. Cette idée est révoltante : elle est cependant fondée.

Des explorateurs bienveillants sont-ils venus sur la terre avant l'histoire humaine connue ? Une légende indienne parle des Seigneurs de Dzyan, venus de l'extérieur apporter aux terriens le feu et l'arc. La vie elle-même est-elle née sur la terre ou a-t-elle été déposée par des Voyageurs de l'Espace(84)? « Sommes-nous venus d'ailleurs, se demande le biologiste Loren Eiseley, sommes-nous venus d'ailleurs et sommes-nous en train de nous préparer à rentrer chez nous à l'aide de nos instruments ? »

Un mot encore sur le ciel : la dynamique stellaire montre qu'une étoile n'en peut capturer une autre. Les étoiles doubles ou triples, dont on observe l'existence, devraient donc avoir le même âge. Or, la spectroscopie révèle des composantes d'âges divers dans des systèmes doubles ou triples. Une naine blanche, vieille de dix milliards d'années, accompagne, par exemple, une géante rouge de trois milliards. C'est impossible, et pourtant cela est. Nous avons interrogé là-dessus, Bergier et moi, quantité d'astronomes et de physiciens. Certains, et non des moindres, n'excluent pas l'hypothèse selon laquelle ces groupements d'étoiles anormaux auraient été mis en place par des Volontés, par des Intelligences. Des Volontés, des Intelligences qui déplaceraient des étoiles et les assembleraient artificiellement, faisant ainsi connaître à l'univers que la vie existe dans telle région du ciel, pour la plus grande gloire de l'esprit.

En une étonnante prémonition de la spiritualité à venir, Blanc de Saint-Bonnet(85) écrivait : « La religion nous sera démontrée par l'absurde. Ce ne sera plus la doctrine méconnue que l'on entendra, ce ne sera plus la conscience inécoutée qui criera. Les faits parleront leur grande voix. La vérité quittera les hauteurs de la parole, elle entrera dans le pain que nous mangerons. La lumière sera du feu ! »

À l'idée déroutante que l'intelligence humaine n'est peut-être pas seule vivante et agissante dans l'univers, est venue s'ajouter l'idée que notre propre intelligence est capable de hanter des mondes différents du nôtre, de saisir leurs lois, d'aller, en quelque sorte, voyager et travailler de l'autre côté du miroir. Cette trouée fantastique a été faite par le génie mathématique. C'est le manque de curiosité et de connaissance qui nous a fait prendre l'expérience poétique, depuis Rimbaud, pour le fait capital de la révolution intellectuelle du monde moderne. Le fait capital est l'explosion du génie mathématique, comme l'a d'ailleurs bien vu Valéry. L'homme est désormais devant son propre génie mathématique comme devant un habitant de l'extérieur. Les entités mathématiques modernes vivent, se développent, se fécondent, dans des mondes inaccessibles, étrangers à toute expérience humaine. Dans Men like Gods, H.G. Wells suppose qu'il existe autant d'univers que de pages dans un gros livre. Nous n'habitons qu'une de ces pages. Mais le génie mathématique parcourt l'ouvrage tout entier : il constitue la réelle et illimitée puissance dont dispose le cerveau humain. Car, voyageant ainsi dans d'autres univers, il revient de ses explorations, chargé d'outils efficaces pour la transformation du monde que nous habitons. Il possède à la fois l'être et le faire. Le mathématicien, par exemple, étudie les théories d'espaces qui exigent deux tours complets pour revenir à la position de départ. Or, c'est ce travail parfaitement étranger à toute activité dans notre sphère d'existence, qui permet de découvrir les propriétés auxquelles obéissent les particules élémentaires dans les espaces microscopiques, et donc de faire progresser la physique nucléaire qui transforme notre civilisation. L'intuition mathématique, qui ouvre la route vers d'autres univers, change concrètement le nôtre. Le génie mathématique, si proche du génie de la musique pure, est en même temps celui dont l'efficacité sur la matière est la plus grande. C'est de l'« ailleurs absolu » qu'est née l'« arme absolue ».

Enfin, en élevant la pensée mathématique à son plus haut degré d'abstraction, l'homme s'aperçoit que cette pensée n'est peut-être pas sa propriété exclusive. Il découvre que les insectes, par exemple, semblent avoir conscience de propriétés de l'espace qui nous échappent, et qu'il existe peut-être une pensée mathématique universelle, qu'un chant de l'esprit supérieur monte peut-être de la totalité du vivant…

Dans ce monde où, pour l'homme, rien n'est plus sûr, ni lui-même, ni le monde tel que le définissaient les lois et les faits naguère admis, naît à toute vitesse une mythologie. La cybernétique a fait surgir l'idée que l'intelligence humaine est dépassée par celle du cerveau électronique, et l'homme ordinaire songe à l'œil vert de la machine « qui pense » avec le trouble, avec l'effroi de l'ancien Égyptien songeant au Sphinx. L'atome siège dans l'Olympe, la foudre au poing. À peine avait-on commencé de construire l'usine atomique française de Marcoule que les gens des environs crurent voir leurs tomates dépérir. La bombe détraque le temps, nous fait enfanter des monstres. Une littérature, dite de « science-fiction », plus abondante que la littérature psychologique, compose une Odyssée de notre siècle, avec Martiens et Mutants, et cet Ulysse métaphysique qui rentre chez lui, ayant vaincu l'espace et le temps.