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Sophie resta dans sa chambre jusqu'à ce que sa mère l'appelle pour déjeuner. Il y avait une entrecôte avec des pommes de terre. Quel régal ! Sa mère avait aussi allumé des bougies. Et pour le dessert, il y avait de la crème aux baies arctiques.

Elles parlèrent de tout et de rien. Sa mère lui demanda comment elle comptait fêter ses quinze ans. Il ne restait plus que quelques semainesjusqu a son anniversaire.

Sophie haussa les épaules.

Est-ce que tu vas inviter quelqu'un? Euh, je veux dire, est-ce que tu veux faire une fête ?

Peut-être...

Nous pourrions inviter Marte et Anne-Marie... et Hege. Et Jorunn bien entendu. Et JOrgen, peut-être... Mais je te laisse décider ça toute seule. Tu sais, je me souviens parfaite ment de l'anniversaire de mes quinze ans. Cela ne me paraît pas si loin que ça. Je me sentais déjà adulte à l'époque, Sophie. N'est-ce pas étrange? Au fond, je ne trouve pas que j'ai tellement changé.

Non, c'est vrai. Rien ne « change ». Tu t'es seulement épanouie, tu es devenue plus mûre...

Hum... ça, c'est parler en adulte! Je trouve seulement que le temps a passé si vite...Aristote

...un homme d'ordre méticuleux fait le ménage

dans nos concepts...

Pendant que sa mère faisait la sieste, Sophie alla dans sa cabane. Elle avait glissé un morceau de sucre dans l'enve loppe rose et écrit Pour Alberto dessus.

Elle ne trouva pas de nouvelle lettre, mais ne tarda pas à entendre approcher le chien.

Hermès ! cria Sophie.

L'instant d'après, il surgissait dans la cabane en tenant une grande enveloppe jaune dans la gueule.

Bon chien, va !

Sophie passa un bras autour de lui, il haletait furieusement. Elle sortit l'enveloppe rose avec le sucre et la lui mit dans la gueule. Il se faufila hors de la cabane et repartit en direction de la forêt.

En ouvrant l'enveloppe, Sophie était un peu nerveuse. Disait-il un mot à propos du chalet et de la barque ?

L'enveloppe contenait les feuilles habituelles maintenues ensemble par un trombone. Mais il y avait aussi un petit mot sur papier libre :

Chère mademoiselle Détective ou plus exactement mademoiselle Cambrioleur,

La police est déjà au courant du vol perpétré... Non, je ne suis pas vraiment fâché. Si tu mets la même ardeur à résoudre des questions philosophiques, c est plutôt

bon signe. Le seul ennui, c'est que je me vois contraint de déménager. Enfin, c'est ma faute. J'aurais me douter que tu irais au fond des choses.

Amicalement,

Alberto.

Sophie laissa échapper un soupir de soulagement. Il n'était donc pas fâché. Mais dans ce cas, pourquoi déménager?

Elle emporta les grandes feuilles et courut dans sa chambre. Mieux valait être à la maison quand sa mère se réveillerait. Elle s'installa bien confortablement dans son lit et commença à lire sur Aristote.

Philosophe et homme de science

Chère Sophie. La théorie de Platon t'a certainement sur prise. Et tu n'es pas la seule. Je ne sais pas si tu as tout pris pour argent comptant ou si tu as formulé quelques objec tions. Si oui, tu peux être sûre que ce sont les mêmes objec tions qu 'Aristote (384-322 avant Jésus-Christ) souleva, lui qui fut l'élève de Platon à son Académie pendant plus de vingt ans.