— Désolé, répondit un des garçons.
Et tous de se mettre à lancer leurs os par-dessus la haie du jardin à la place.
— Je crois qu'on peut desservir et apporter les gâteaux, ajouta la mère de Sophie. Qui prendra du café?
Les parents de Jorunn, Alberto et quelques invités levèrent la main.
— Si Sophie et Jorunn veulent bien me donner un petit coup de main...
Le temps d'arriver à la cuisine, nos deux amies en profitè rent pour discuter un peu.
— Pourquoi tu l'as embrassé ?
—J'étais là bien tranquille à regarder sa bouche quand sou dain j'en ai eu terriblement envie. Tu ne le trouves pas craquant?
— Euh... et c'était comment?
— Pas tout à fait comme je me l'étais imaginé, mais...
— C'était la première fois?
— Mais ce ne sera pas la dernière.
Entre-temps, on avait servi le café et posé tous les gâteaux sur la table. Alberto avait commencé à distribuer des fusées aux garçons. On entendit à nouveau un verre tinter et la mère de Sophie reprit la parole :
— Je ne veux pas faire un long discours, commença-t-elle. Mais je n'ai qu'une fîlle et cela fait exactement une semaine et un jour qu'elle a eu quinze ans. Comme vous pouvez le consta ter, nous avons vu grand. Il y a vingt-quatre anneaux dans le gâteau aux amandes, comme ça il y aura au moins un anneau pour chacun. Ceux qui se serviront les premiers pourront donc en prendre deux. Les anneaux deviennent, comme chacun sait, de plus en plus grands au fur et à mesure qu'on se sert. A l'image de nos vies. Lorsque Sophie n'était encore qu'un petit bout de chou, elle trottinait en décrivant de tout petits cercles. En grandissant, les cercles aussi sont devenus plus grands. Ils vont maintenant de la maison jusqu'à la vieille ville. Sans comp ter qu'avec un père toujours par monts et par vaux elle télé phoné dans le monde entier. Allez, joyeux anniversaire, Sophie!