— De nos jours, ce sont les filles qui prennent l'initiative, déclara le conseiller financier.
Sur ce, il se leva et, marchant résolument vers les arbustes, alla observer le phénomène d'un peu plus près. Toute l'assemblée sui vit son exemple. Seuls Sophie et Alberto restèrent assis. En un rien de temps, les invités firent demi-cercle autour de Jorunn et JQrgen, qui avaient depuis longtemps passé le cap du premier baiser et en étaient à des gestes beaucoup moins innocents.
— Je crois qu'on ne pourra plus les arrêter, dit madame Ingebrigtsen avec une certaine fierté dans la voix.
— Non, la race suit l'appel de la race, lança son mari.
Il jeta un regard autour de lui dans l'espoir de récolter quelques compliments pour ces termes si choisis. Ne rencon trant que des visages qui acquiesçaient silencieusement, il crut bon d'ajouter :
— Il n'y a rien à y faire.
De loin, Sophie comprit que JQrgen essayait de déboutonner le chemisier blanc de Jorunn, lequel était déjà couvert de taches d'herbe. Quant à Jorunn, elle avait fort a fàire avec le ceinturon de JQrgen.
— N'attrapez pas froid, surtout! dit madame Ingebrigtsen.