— Je comprends ce que tu veux dire, avoua Sophie.
Elle se retourna cette fois vers sa mère et ajouta :
— Je dois faire ce qu'il me dit, Maman. Il fallait bien que je te quitte un jour.
— Tu vas me manquer, répondit sa mère. Mais s'il y a un ciel au-dessus de celui-ci, tu n'as qu'à prendre ton envol. Je pro mets de veiller sur Govinda. Au fait, c'est une ou deux feuilles de salade qu'il lui faut par jour?
Alberto posa la main sur son épaule :
— Nous n'allons manquer ni à vous ni à personne, tout sim plement parce que vous n'existez pas. Vous n'avez donc pas ce qu'il faudrait pour pouvoir nous regretter.
— C'est la pire injure que j'aie jamais entendue jusqu'ici! s'écria madame IngeDrigtsen.
Son mari l'approuva de la tête.
— De toute façon, il aura à répondre de ses insolences. Je te parie que c'est un communiste. D veut nous enlever tout ce qui nous est cher. C'est de la racaille, un voyou de la pire espèce...