Même si un jour à Macao
J'deviens gouverneur de tripot
Cerclé de femmes languissantes
Même si lassé d'être chanteur
J'y sois dev'nu maître chanteur
Et qu'ce soit les autres qui chantent
Même si on m'appelle le beau Serge
Que je vende des bateaux d'opium
Du whisky de Clermont-Ferrand
De vrais pédés, de fausses vierges
Que j'aie une banque à chaque doigt
Et un doigt dans chaque pays
Et que chaque pays soit à moi
Je sais quand même que chaque nuit
Tout seul au fond de ma fum'rie
Pour un public de vieux Chinois
Je r'chanterai ma chanson à moi
Celle du temps où j'm'appelais Jacky
{au Refrain}
Même si un jour au Paradis
J'devienne comme j'en serais surpris
Chanteur pour femmes à ailes blanches
Que je leur chante "Alléluia!"
En regrettant le temps d'en bas
Où c'est pas tous les jours dimanche
Même si on m'appelle Dieu le Père
Celui qui est dans l'annuaire
Entre "Dieulefit" et "Dieu vous garde"
Même si je m'laisse pousser la barbe
Même si toujours trop bonne pomme
Je m'crève le cœur et l'pur esprit
A vouloir consoler les hommes
Je sais quand même que chaque nuit
J'entendrai dans mon paradis
Les anges, les Saints et Lucifer
Me chanter la chanson d'naguère
Celle du temps où j'm'appelais Jacky.
{au Refrain}
La chanson de Van Horst
Paroles: Jacques Brel. Musique: Jacques Brel, Gérard Jouannest 1972 "Jef"
note: du film "Le Bar de la Fourche "
De Rotterdam à Santiago
Et d'Amsterdam à Varsovie
De Cracovie à San Diego
De drame en dame
Passe la vie
De peu à peu
De cœur en cœur
De peur en peur
De port en port
Le temps d'une fleur
Et l'on s'endort
Le temps d'un rêve
Et l'on est mort