J'étais vraiment, vraiment bien plus heureux
Bien plus heureux avant, quand j'étais ch’val
Que je te promenais, Madame, sur mon dos
Jolie Madame, en forêt d’Fontainebleau
Mais tu as voulu que je sois ton banquier
Tu as même voulu qu’je me mette à chanter
Je n'étais qu'un ch’val oui, oui mais tu en as abusé
Par amour pour toi, je me suis variété
Et depuis toutes les nuits
Quand je chante "Ne me quitte pas"
Je regrette mon écurie
Et mes silences d'autrefois
Et puis et puis, tu es partie radicale
Avec un zèbre, un zèbre mal rayé
Le jour, Madame, où je t'ai refusé
D'apprendre à monter à cheval
Mais tu m'avais pris ma jument
Mon silence, mes sabots
Mon écurie, mon galop
Tu ne m'as laissé que mes dents
Et voilà pourquoi je cours, je cours
Je cours le monde en hennissant
Me voyant refuser l'amour
Par les femmes et par les juments
J'étais vraiment, vraiment bien plus heureux
Bien plus heureux avant quand j'étais ch’val
Que je promenais Madame, votre landau
Quand j'étais ch’val et quand tu étais chameau!
Le colonel
Paroles: Jacques Brel. Musique: G. Wagenheim 1958
Colonel, faut-il
Puisque se lève le jour
Faire battre tous les tambours
Réveiller tous les pandoures?
Colonel, faut-il
Faire sonner tous les clairons
Rassembler les escadrons?
Colonel, colonel, nous attendons