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J'ai toujours préféré aux voisins les voisinesQui sèchent leurs dentelles au vent sur les balconsC'est un peu toi qui danse quand danse la mousselineInvité au grand bal de tes slips en coton
De ma fenêtre en faceJ'caresse le plexiglasJe maudis les méningesInventeurs du sèche-lingePlus de lèche-vitrineA ces cache-poitrinesQue tu séchais
J'ai toujours préféré aux voisins les voisinesJ'ai toujours préféré aux voisins les voisines
J'ai toujours préféré aux voisins les voisinesQui vident leurs armoires en quête d'une décisionDans une heure environ, tu choisiras le jeanTu l'enfil'ras bien sûr dans mon champ de vision
De ma fenêtre en faceJ'caresse le plexiglasConcurrence déloyaleDe ton chauffage centralUne buée denseInterrompt ma transePuis des épais rideauxEt c'est la goutte d'eauUn raval'ment d'façadeMe cache ta palissadeUne maison de retraiteConstruite devant ma f'nêtreSur un fil par centainesSèchent d'immenses gaines
J'ai toujours préféré aux voisins les voisinesJ'ai toujours préféré aux voisins les voisines
J'ai toujours préféré aux voisins les voisinesJ'ai toujours préféré aux voisins les voisinesJ'ai toujours préféré aux voisins les voisinesJ'ai toujours préféré aux voisins les voisines

Mes racines

Paroles et Musique: Renan Luce 2006 "Repenti."

Mes racines sont profondesEles ont traversé l'ondeEt perforé la pierreD'une fin de terreElles ont tissé leur toileSous un ciel sans étoilesEt nettoyé par le ventAttirée par devantÔ ma presqu'île accrochéePar quelques vieux rochersJe garde une boussolePour rev'nir sur mes pasSouv'nir du ras du solQuand je ne marchais pas
Mes racines sont vivantesComme dans ces terres aridesElles cherchent la suivanteQuand une nappe est videElles forcent mon voyageQu'importe où et quandMon existence péage"Carte moins de vingt cinq ans"Les sandwichs sur le pouceLes amphis à l'indexTous ces mots dans la boucheLe corps comme un silexPour peu que l'on te toucheL'étincelle qui reste
Et mes racines grandissentUne rencontre et puis dixUn regard et puis centJe regarde impuissantLe chemin que dessinentPour demain mes racines
Mes racines sont sonoresEt leurs échos opposentUne vague – falaise nord –Un Airbus – ville rose –Mes racines sont tactilesReconnaissent à tâtonsLa douceur du pistilLe rugueux du bétonLa peau fine des fillesLes griffes d'un chatonMes racines olfactivesGardent précieusementL'odeur de la lessiveDans les jupes de Maman
Mes racines sont "famille"P't'être pas assez souventPourtant mon coeur fourmilleToujours pareillementDe "Toc toc" à mon mur"Viens dormir avec moi"De cueillettes de mûresDe cabanes dans les boisDe vacances tous les cinq"Crème solaire, pelle et seau"C'est à vous que je trinqueAvec le verre bien hautA la prochaine étreinteJe vous attends bientôt
Et mes racines grandissentUne rencontre et puis dixUn regard et puis centJe regarde impuissantLe chemin que dessinentPour demainMes racines grandissentUne rencontre et puis dixUn regard et puis centJe regarde impuissantLe chemin que dessinentPour demain mes racinesMes racinesMes racinesMes racines

Monsieur Marcel

Paroles et Musique: Renan Luce 2006 "Repenti."

Monsieur Marcel est fossoyeurComme il y en a beaucoup ailleursMais son sommeil est élastiqueIl est narcoleptique
Il n'est pas rare qu'entre deux mottesIl s'endorme droit dans ses bottesCa n'gêne que les survivantsDe rev'nir le jour suivant
Mais tout bien peséS'il faut creuserPréfères-tu qu'on creuseA la pelleMais tout bien peséS'il faut creuserPréfères-tu qu'on creuseA la pelleteuse?
Il a le menton en galocheA force de dormir sur sa piocheEt les paupières tout en ovaleLourdes comme une pierre tombale
Ici on connaît la rumeurMieux vaut prévenir quand on meurtMais sans entrer dans les détailsTout dépendra de ta taille
Mais tout bien peséS'il faut creuserPréfères-tu qu'on creuseA la pelleMais tout bien peséS'il faut creuserPréfères-tu qu'on creuseA la pelleteuse?
Quitte à dormir sous la bruyèrePrès du canalJ'préfère m'savoir dans un gruyèreArtisanalMoi j'veux un M'sieur MarcelPour creuser ma parcelle
Hier la veuve d'un généralQui avait cru entendre des râlesA fait rouvrir le monumentTout ça pour quelques ronflements
Il faut croire qu'avoir des galonsDonne à sa veuve le bras longIl a suffi qu'elle le déploieMonsieur Marcel n'a plus d'emploi