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Les galants de tout poil viennent boire en mon verre Je suis la providence des écornifleurs On cueille dans mon dos la tendre primevère Qui tenait le dessus de mon panier de fleurs
En revenant fourbu de la pêche à la ligne Je les surprends tout nus dans leurs débordements Conseillez-leur le port de la feuille de vigne Ils s'y refuseront avec entêtement
Souiller mon lit nuptial, est-c' que ça les empêche De garder les dehors de la civilité? Qu'on me demande au moins si j'ai fait bonne pêche Qu'on daigne s'enquérir enfin de ma santé
De grâce, un minimum d'attentions délicates Pour ce pauvre mari qu'on couvre de safran Le cocu, d'ordinaire, on le choie, on le gâte On est en fin de compte un peu de ses parents
A l'heure du repas, mes rivaux détestables Ont encor ce toupet de lorgner ma portion Ça leur ferait pas peur de s'asseoir à ma table Cocu, tant qu'on voudra, mais pas amphitryon
Partager sa moitié, est-c' que cela comporte Que l'on partage aussi la chère et la boisson? Je suis presque obligé de les mettre à la porte Et bien content s'ils n'emportent pas mes poissons
Bien content qu'en partant ces mufles ne s'égarent Pas à mettre le comble à leur ignominie En sifflotant " Il est cocu, le chef de gare… " Parc' que, le chef de gar', c'est mon meilleur ami

Le coeur à l'automne

Paroles: Pierre Louki. Musique: Georges Brassens

Quand la musique entra chez moi – que nul ne s'étonne – J'avais, ça m'arrive parfois, le cœur à l'automne. C'était un air en demi-teinte, Mi-joie et moitié plainte. Je lui ai dit: "Le temps est fou, Le vent du dehors vous chiffonne. Etendez-vous donc sur mon magnétophone Et reposez-vous."
Je n'avais ouï de longtemps musique pareille. Je n'en croyais en l'écoutant mes grandes oreilles. Elle me dit: "J'ai quitté mon maître, Un saut par la fenêtre. Il me gardait depuis cinq ans En me promettant des paroles. J'étais nue et nue ça n'est pas toujours drôle. J'ai foutu le camp."