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Plus de naïades chevelues, Et plus de lavandières non plus, Tu fais sombrer sans t'émouvoir L'armada des bateaux lavoirs. Et le curé de Cucugnan Baptise le monde en se plaignant Que les eaux de son bénitier Ne protègent plus qu'à moitié.
A la fontaine de Vaucluse, Plus moyen d'taquiner les muses Vers d'autres bords elles ont fui Et les Pétrarques ont suivi. Si la fontaine de Jouvence Ne fait plus d'miracle en Provence, Lave plus l'injure du temps, C'est ton œuvre, gros dégoûtant!
Oh non! Tu n'es pas à la noce Ces temps-ci, pauvre vieux mérinos, On veut te mettre le fardeau Des plaies d' l'Egypte sur le dos. On te dénie le sens civique Mais calme, fier, serein, magnifique, Tu traites tout ça par dessous La jambe. Et puis baste! Et puis zou!

Le modeste

Paroles et Musique: Georges Brassens 1976

Les pays, c'est pas ça qui manque, On vient au monde à Salamanque A Paris, Bordeaux, Lille, Brest(e). Lui, la nativité le prit Du côté des Saintes-Maries, C'est un modeste.
Comme jadis a fait un roi, Il serait bien fichu, je crois, De donner le trône et le reste Contre un seul cheval camarguais Bancal, vieux, borgne, fatigué, C'est un modeste.
Suivi de son pin parasol, S'il fuit sans mêm' toucher le sol Le moindre effort comme la peste, C'est qu'au chantier ses bras d'Hercule Rendraient les autres ridicules, C'est un modeste.
A la pétanque, quand il perd Te fais pas de souci, pépère, Si d'aventure il te conteste. S'il te boude, s'il te rudoie, Au fond, il est content pour toi, C'est un modeste.
Si, quand un emmerdeur le met En rogne, on ne le voit jamais Lever sur l'homme une main leste. C'est qu'il juge pas nécessaire D'humilier un adversaire, C'est un modeste.