Выбрать главу
A la fin, les anges du guet M'auraient conduit sur le gibet. Je serais mort, jambes en l'air, Sur la veuve patibulaire, En arrosant la mandragore, L'herbe aux pendus qui revigore, En bénissant avec les pieds Les ribaudes apitoyées.
Hélas! tout ça, c'est des chansons. Il faut se faire une raison. Les choux-fleurs poussent à présent Sur le charnier des Innocents. Le Trou de la pomme de pin N'est plus qu'un bar américain. Y a quelque chose de pourri Au royaum' de truanderie.
Je mourrai pas à Montfaucon, Mais dans un lit, comme un vrai con, Je mourrai, pas même pendard, Avec cinq siècles de retard. Ma dernière parole soit Quelques vers de Maître François, Et que j'emporte entre les dents Un flocon des neiges d'antan…
Ma dernière parole soit Quelques vers de Maître François… Pardonnez-moi, Prince, si je Suis foutrement moyenâgeux.

Le myosotis

Paroles: Georges Brassens. Musique: Georges Brassens 1957

Quand tu partis, quand Tu levas le camp Pour suivre les pas De ton vieux nabab, De peur qu' je n' sois triste, Tu allas chez l' fleuriste Quérir un' fleur bleue, Un petit bouquet d'adieu, Bouquet d'artifice; Un myosotis, En disant tout bas Ne m'oubliez pas.
Afin d'avoir l'heur' De parler de toi, J'appris à la fleur Le langag' françois. Sitôt qu'elles causent Paraît que les roses Murmurent toujours Trois ou quatre mots d'amour. Les myosotis Eux autres vous dis'nt, Vous disent tout bas: Ne m'oubliez pas.