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Les temps ont passé. D'autres fiancées, Parole d'honneur, M'offrir'nt le bonheur. Dès qu'une bergère Me devenait chère, Sortant de son pot Se dressant sur ses ergots Le myosotis Braillait comme dix Pour dire "Hé là-bas, Ne m'oubliez pas."
Un jour Dieu sait quand, Je lèv'rai le camp, Je m'envol'rai vers Le ciel ou l'enfer. Que mes légataires, Mes testamentaires, Aient l'extrême bonté, Sur mon ventre de planter Ce sera justic' Le myosotis Qui dira tout bas: Ne m'oubliez pas.
Si tu vis encor', Petite pécor', Un d' ces quat' jeudis, Viens si l'cœur t'en dit Au dernier asile De cet imbécile Qui a gâché son cœur, Au nom d'une simple fleur. Y a neuf chanc's sur dix Qu' le myosotis Te dise tout bas: Ne m'oubliez pas.

Le nombril des femmes d'agents

Paroles: Georges Brassens. Musique: Georges Brassens 1956

Voir le nombril d'la femm' d'un flic N'est certain'ment pas un spectacle Qui, du point d'vue de l'esthétiqu' Puiss' vous élever au pinacle Il y eut pourtant, dans l'vieux Paris Un honnête homme sans malice Brûlant d'contempler le nombril D'la femm' d'un agent de police
"Je me fais vieux, gémissait-il Et, durant le cours de ma vie J'ai vu bon nombre de nombrils De toutes les catégories Nombrils d'femm's de croqu'-morts, nombrils D'femm's de bougnats, d'femm's de jocrisses Mais je n'ai jamais vu celui D'la femm' d'un agent de police"
"Mon père a vu, comm' je vous vois Des nombrils de femm's de gendarmes Mon frère a goûté plus d'une fois D'ceux des femm's d'inspecteurs les charmes Mon fils vit le nombril d'la souris D'un ministre de la Justice Et moi, j'n'ai même pas vu l'nombril D'la femm' d'un agent de police"