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Après la victoire fameuse En chantant l'air de "Sambre et Meuse" Et de la "Marseillaise", ô gué, On courut vers la récompense Que le joli sexe dispense Aux petits héros fatigués.
Tandis que tout bas à l'oreille De nos Fanny, de nos Mireille, On racontait notre saga, Qu'au doigt on leur passait la bague, Surgit une espèce de vague Que personne ne remarqua.
Au demeurant ce n'était qu'une Vague sans amplitude aucune, Une vaguelette égarée, Mais en atteignant au rivage Elle causa plus de ravages, De dégâts qu'un raz-de-marée.
Expéditive, la traîtresse Investit notre forteresse, La renversant, la détruisant. Adieu donjon, tours et courtines, Que quatre gouttes anodines Avaient effacés en passant.
A quelque temps de là nous sommes Allés mener parmi les hommes D'autres barouds plus décevants, Allés mener d'autres campagnes, Où les châteaux sont plus d'Espagne, Et de sable qu'auparavant.
Quand je vois lutter sur la plage Des soldats à la fleur de l'âge, Je ne les décourage pas, Quoique je sache, ayant naguère Livré moi-même cette guerre, L'issue fatale du combat.
Je sais que malgré leur défense, Leur histoire est perdue d'avance, Mais je les laisse batailler, Pour sauver un château de sable Et ses remparts infranchissables, Qu'une vague va balayer.

Les copains d'abord

Paroles et Musique: Georges Brassens 1964

Non, ce n'était pas le radeau De la Méduse, ce bateau Qu'on se le dise au fond des ports Dise au fond des ports Il naviguait en père peinard Sur la grand-mare des canards Et s'app'lait les Copains d'abord Les Copains d'abord