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Aucun rêve de lune Aucun désir de jonque L'emportant sans rameurs Sur un fleuve inconnu
Et tous sont ainsi faits Vivre la même vie Toujours pour ces gens là Cela n'est point hideux
Ce canard n'a qu'un bec Et n'eut jamais envie Ou de n'en plus avoir Ou bien d'en avoir deux
Ils n'ont aucun besoin De baiser sur les lèvres Et loin des songes vains Loin des soucis cuisants
Possèdent pour tout cœur Un vicere sans fièvre Un coucou régulier
Et garanti dix ans
Ô les gens bien heureux Tout à coup dans l'espace Si haut qu'ils semblent aller Lentement en grand vol
En forme de triangle Arrivent planent, et passent Où vont ils?… qui sont-ils? Comme ils sont loins du sol
Regardez les passer, eux Ce sont les sauvages Ils vont où leur desir Le veut par dessus monts
Et bois, et mers, et vents Et loin des esclavages L'air qu'ils boivent Ferait éclater vos poumons
Regardez les avant D'atteindre sa chimère Plus d'un l'aile rompue Et du sang plein les yeux
Mourra. Ces pauvres gens Ont aussi femme et mère Et savent les aimer Aussi bien que vous, mieux
Pour choyer cette femme Et nourrir cette mère Ils pouvaient devenir Volailles comme vous
Mais ils sont avant tout Des fils de la chimère Des asoiffés d'azur Des poètes des fous
Regardez les vieux coqs Jeune Oie édifiante Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu'eux {2x}