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Le cornard attendit que le forum fût noir de monde Pour se mettre en devoir d'accomplir l'empal'ment immonde, Lors il brandit Le colossal radis.
La victime acceptait le châtiment avec noblesse, Mais il faut convenir qu'elle serrait bien fort les fesses Qui, du radis, Allaient être nanties.
Le cornard mit l' radis dans cet endroit qu'il me faut taire, Où les honnêtes gens ne laissent entrer que des clystères. On applaudit Les progrès du radis.
La pampe du légume était seule à présent visible, La plante était allée jusqu'aux limites du possible, On attendit Les effets du radis.
Or, à l'étonnement du cornard et des gross's pécores L'empalée enchantée criait: "Encore, encore, encore, Hardi hardi, Pousse le radis, dis!"
Ell' dit à pleine voix: "J' n'aurais pas cru qu'un tel supplice Pût en si peu de temps me procurer un tel délice! Mais les radis Mènent en paradis!"
Ell' n'avait pas fini de chanter le panégyrique Du légume en question que toutes les pécor's lubriques Avaient bondi Vers les champs de radis.
L'œil fou, l'écume aux dents, ces furies se jetèrent en meute Dans les champs de radis qui devinrent des champs d'émeute. Y en aura-t-y Pour toutes, des radis?
Ell's firent un désastre et laissèrent loin derrière elles Les ravages causés par les nuées de sauterelles. Dans le pays, Plus l'ombre d'un radis.
Beaucoup de maraîchers constatèrent qu'en certain nombre Il leur manquait aussi des betterav's et des concombres Raflés pardi Comme de vils radis.
Tout le temps que dura cette manie contre nature, Les innocents radis en vir'nt de vert's et de pas mûres, Pauvres radis, Héros de tragédie.
Lassés d'être enfoncés dans cet endroit qu'il me faut taire, Les plus intelligents de ces légumes méditèrent. Ils se sont dit: "Cessons d'être radis!"