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A partir de ce jour j'n'ai plus baissé les yeux J'ai consacré mon temps à contempler les cieux A regarder passer les nues A guetter les stratus, à lorgner les nimbus A faire les yeux doux aux moindres cumulus Mais elle n'est pas revenue
Son bonhomm' de mari avait tant fait d'affair's Tant vendu ce soir-là de petits bouts de fer Qu'il était dev'nu millionnaire Et l'avait emmenée vers des cieux toujours bleus Des pays imbécil's où jamais il ne pleut Où l'on ne sait rien du tonnerre
Dieu fass' que ma complainte aille, tambour battant Lui parler de la pluie, lui parler du gros temps Auxquels on a t'nu tête ensemble Lui conter qu'un certain coup de foudre assassin Dans le mill' de mon cœur a laissé le dessin D'un' petit' fleur qui lui ressemble

L'orphelin

Paroles et Musique: Georges Brassens 1985

Sauf dans le cas fréquent, hélas! Où ce sont de vrais dégueulasses, On ne devrait perdre jamais Ses père et mère, bien sûr, mais A moins d'être un petit malin Qui meurt avant d'être orphelin, Ou un infortuné bâtard, Ça nous pend au nez tôt ou tard.
Quand se drapant dans un linceul Ses parents le laissent tout seul, Le petit orphelin, ma foi, Est bien à plaindre. Toutefois, Sans aller jusqu'à décréter Qu'il devient un enfant gâté, Disons que dans son affliction Il trouve des compensations.
D'abord au dessert aussitôt La meilleure part du gâteau, Et puis plus d'école, pardi La semaine aux quatre-jeudis. On le traite comme un pacha, A sa place on fouette le chat, Et le trouvant très chic en deuil, Les filles lui font des clins d'œil.
Il serait par trop saugrenu D'énumérer par le menu Les faveurs et les passe-droits Qu'en l'occurrence on lui octroie. Tirant même un tel bénéfice En perdant leurs parents, des fils Dénaturés regrettent de N'en avoir à perdre que deux.