Il a chanté.
Les yeux clos, elle a écouté
Le grand frisson qui la brûlait toute.
Il a chanté.
Dans un soupir, elle a passé
Et puis il a repris la route…
Il fait bon t'aimer
Paroles: Jacques Plante. Musique: Norbert Glanzberg 1950
Un jour que j'avais du chagrin,
Tu l'as fait voler en éclats.
Prenant mes larmes dans tes mains,
T'as dit: "T'es trop belle pour ces bijoux-là!"
Pour toi, j'ai appris à sourire
Et, dès ce jour là, j'ai compris
Qu'on puisse avoir peur de mourir
Quand on connait déjà le paradis…
Il fait si bon t'aimer.
T'as l'air d'être fait pour ça,
Pour être blotti, les yeux fermés,
La tête au creux de mes bras.
Ta lèvre appelle si fort mes baisers.
Je n'ai pas besoin d' me forcer.
J' n'ai qu'à m' laisser bercer
Et tout devient léger.
Il fait si bon t'aimer.
Auprès de toi je n'ai plus peur.
Je me sens trop bien, à l'abri.
T'as fermé la porte au malheur.
Il n'entrera plus, t'es plus fort que lui
Et quand, par les rues, je m'en vais,
Je porte ma voix dans les yeux,
Comme si tes baisers me suivaient
Et que les gens se retournaient sur eux.
Il fait si bon t'aimer.
T'as l'air d'être fait pour ça,
Pour être blotti, les yeux fermés,
La tête au creux de mes bras.
Ta lèvre appelle si fort mes baisers.
Je n'ai pas besoin d' me forcer.
J' n'ai qu'à m' laisser bercer
Et tout devient léger.
Il fait si bon t'aimer.
Il fait des…
Paroles: Edith Piaf. Musique: Edward Chekler 1946
autres interprètes: Yves Montand (1953)
Habits sans style
Visage hostile
Toujours ailleurs
Les yeux rêveurs,
La voix austère
Ne parlant guère,
Les gens disaient
Il n'est pas gai…
Oui, mais… mais… mais…mais…
Dès qu'il entend la musique
On dirait un hystérique
Il fait des… la la la la
La la la la, la la la la
La la la la, la la la la
Et puis des… oh!
La la la la la la la la
La la la la souvent des… oh!
Willy, Willy, Willy, Willy,
Willy, Willy, Willy, Willy,
Willy, Willy, Willy, Willy,
Wi…
Rarement des…
Plaisir d'amour ne dure qu'un moment
Non, lui, c' qu'il lui faut, c'est des…
Hé dy, hé dy, hé dy, hé dé dy, oh
Intellectuel,
Industriel,
Il est tout ça
Mais ne l' dit pas,
Les mots d'amour
Et les toujours
Ça, ça l'endort
Autre chose encore!
Dès qu'on lui joue du classique
Il devient mélancolique
Il fait des… oh!
Et puis des… beh!
Souvent des… oui… oui… oui…
Rarement des… ah! ah! ah!
Non, lui, c' qu'il lui faut, c'est des…
Hé dy, hé dy, hé dy, hé dé dy, oh
Il n'est pas distingué
Paroles: M.Hély. Musique: Paul Maye 1936
Zidor qu'on s'arrache à la ronde,
C'est un titi sans instruction
Mais qui fait fureur dans le grand monde.
C'est un as de l'accordéon.
Entre deux javas populaires,
Les marquises, les baronnes, s'inquiètent tour à tour
De ses idées particulières,
Ses pensées sur la femme et ses vues sur l'amour.
Zidor n'emploie pas les mots sophistiqués
Mais leur dit: "J'vais vous expliquer:
L'amour c'est rudement compliqué.
Y a rien comme les gonzesses
Pour vous l'faire rechiquer.
Un coup d'chance, on a fabriqué
Un rancart et l'on a l'palpitant culbuté.
Moi, j'ai les pieds plats pour douiller
Et quand une poule se gourre
Que j'vas les envoyer…
J'y refile en poire "Va te laver".
J'renkiff mon benard et j'resbigne en louss'dé."
Il n'est pas distingué…
Quelqu'un lui d'mande: "Pardon si j'ose
Solliciter un autre avis.
Vous amusâtes-vous la même chose
Avec Topaze qu'avec Fanny?
Vous réjouissez-vous davantage
Avec Paganini qu'avec Nina Rosa?"
"Ah bah!" fait Zidor "C'est dommage
Mais j'vous jure que j'connais pas toutes ces gonzesses-là."
Quand il s'aperçut qu'il avait détonné,
Il reprit sans plus s'extasier:
"L'théatre c'est bon pour les nichés.
L'musical c'est pas mal, mais j'préfère le ciné.
J'aime mieux voir la bouille à Bouboule
Qu'une vieille poule qui s'écroule
Et qu'y faut faire étayer.
J'regrette pas mes trois larantquès,
Quand j'vois Liliane Harvey et Garat s'embrasser
Et l'soir j'm'endors dans mon pucier
En rêvant que Marlène m'a pris comme régulier."
Il n'est pas distingué!
Sur le gâchis diplomatique,
On daigne l'interviewer aussi
Mais Zidor devient pathétique
Quand Hitler est sur le tapis.
Quelqu'un fait: "C'est l'type spécifique
D'l'historien désaxé au faciès hilarant,
Mégalomane pathologique, indiscutablement,
Un rétro déficient… "
Au premier abord ça paraît compliqué
Mais Zidor vient tout expliquer:
"D'abord y a qu'à pas s'dégonfler.
Moi, Hitler, j'l'ai dans l'blerre
Et j'peux pas le renifler.
Les nazis ont l'air d'oublier
Qu'c'est nous, dans la bagarre,
Qu'on les a dérouillés…
Moi si j'le poissais à jacter,
J'y ferais: Marr' de bobards.
Y faut les envoyer.
Si t'es nazi, va t'faire piquoûzer
Et pis j'y balancerais ma godasse dans l'fouign'dé."
Il n'est pas distingué.
Il pleut
Il pleut.
Les pépins, tristes compagnons,
Comme d'immenses champignons,
Sortent un par un des maisons.
Il pleut
Et toute la ville est mouillée.
Les maisons se sont enrhumées.
Les gouttières ont la goutte au nez.
Il pleut.
Comme dirigés par un appel,
Les oiseaux désertent le ciel.
Nuages et loups,
Les fenêtres, une larme à l'œil
Semblent toutes porter le deuil
Des beaux jours.
Il pleut
Et l'on entend des clapotis.
La ville n'a plus d'harmonie.
Solitaires, les rues s'ennuient.
Il pleut…
J'écoute,
Quand s'égoutte
La pluie qui me dégoûte
Sur les chemins des routes
Et, partout alentour,
Les gouttes
Qui s'en foutent
Ne savent pas sans doute
Que mon cœur en déroute
A perdu son amour…