Venez chercher les mots,
Puisqu'il vous faut des mots,
Et puis soyez heureux…
On précisait hier dans les couloirs
Que l'Eminence grise serait pas noire.
La France bat la Pologne par trois-zéro
Grâce à Lopez, Kobarsky et Aszlo.
La Princesse va faire couper ses cheveux.
Venez chercher des mots,
Puisqu'il vous faut des mots,
Et puis soyez heureux…
Eclaircie passagère et temps couvert.
Trois pièces: cuisine, moquette, très bonne affaire
Et la poitrine sera plus haute au printemps.
Mon linge a vraiment la blancheur du blanc.
Ma foi, ce sera un événement heureux…
Venez chercher des mots,
Puisqu'il vous faut des mots,
Et puis soyez heureux…
L'accordéoniste
Paroles et Musique: Michel Emer 1942
autres interprètes: Chimène Badi (2005)
La fille de joie est belle
Au coin de la rue là-bas
Elle a une clientèle
Qui lui remplit son bas
Quand son boulot s'achève
Elle s'en va à son tour
Chercher un peu de rêve
Dans un bal du faubourg
Son homme est un artiste
C'est un drôle de petit gars
Un accordéoniste
Qui sait jouer la java
Elle écoute la java
Mais elle ne la danse pas
Elle ne regarde même pas la piste
Et ses yeux amoureux
Suivent le jeu nerveux
Et les doigts secs et longs de l'artiste
Ça lui rentre dans la peau
Par le bas, par le haut
Elle a envie de chanter
C'est physique
Tout son être est tendu
Son souffle est suspendu
C'est une vraie tordue de la musique
La fille de joie est triste
Au coin de la rue là-bas
Son accordéoniste
Il est parti soldat
Quand y reviendra de la guerre
Ils prendront une maison
Elle sera la caissière
Et lui, sera le patron
Que la vie sera belle
Ils seront de vrais pachas
Et tous les soirs pour elle
Il jouera la java
Elle écoute la java
Qu'elle fredonne tout bas
Elle revoit son accordéoniste
Et ses yeux amoureux
Suivent le jeu nerveux
Et les doigts secs et longs de l'artiste
Ça lui rentre dans la peau
Par le bas, par le haut
Elle a envie de chanter
C'est physique
Tout son être est tendu
Son souffle est suspendu
C'est une vraie tordue de la musique
La fille de joie est seule
Au coin de la rue là-bas
Les filles qui font la gueule
Les hommes n'en veulent pas
Et tant pis si elle crève
Son homme ne reviendra plus
Adieux tous les beaux rêves
Sa vie, elle est foutue
Pourtant ses jambes tristes
L'emmènent au boui-boui
Où y a un autre artiste
Qui joue toute la nuit
Elle écoute la java…
… elle entend la java
… elle a fermé les yeux
… et les doigts secs et nerveux…
Ça lui rentre dans la peau
Par le bas, par le haut
Elle a envie de gueuler
C'est physique
Alors pour oublier
Elle s'est mise à danser, à tourner
Au son de la musique…
…
ARRÊTEZ!
Arrêtez la musique!…
L'effet qu'tu m'fais
Paroles: Edith Piaf. Musique: Marc Heyral 1953
Y a des gens qui savent exprimer
La grandeur de leurs sentiments.
Moi je n'ai aucune facilité.
C'est une question d' tempérament.
Je n' peux pas dire l'effet qu' tu m' fais,
Mais vrai: tu m' fais un drôle d'effet.
Ça commence là, ça passe par là,
Ça continue, et ça s'en va…
Je m'demande où, ça je n' sais pas.
Mais ça revient, et ça remet ça.
Il n'y a qu'un remède pour calmer ça,
C'est quand tu me prends dans tes bras.
T'as dans ta main ma ligne de chance
Et dans tes yeux, mes jours heureux.
On peut bien dire que l'existence
A des moments si merveilleux
Que je m' demande si l' paradis,
Quoi qu'on en dise, est mieux qu'ici.
Si j' pouvais dire l'effet qu' tu m' fais,
Mais vrai: tu m' fais un drôle d'effet.
Si tu veux savoir mon impression,
Notre amour c'est comme un peu d' blanc.
C'est beau l' blanc, mais c'est salissant,
Aussi j'y fais très attention.
Je n' peux pas dire l'effet qu' tu m' fais,
Mais vrai: tu m' fais un drôle d'effet.
Ça commence là, ça passe par là,
Ça continue, et ça s'en va…
Je m' demande où, ça je n' sais pas
Mais ça revient, et ça remet ça.
Il n'y a qu'un remède pour calmer ça,
C'est quand tu me prends dans tes bras.
Crois-tu vraiment qu'on a d' la chance
De nous aimer et d'être heureux?
Y a tant de gens dans l'existence
Qui voudraient bien être amoureux.
T'as des façons de m' regarder.
Vraiment, t'as pas besoin d' parler
Et si j' te fais l'effet qu' tu m' fais,
Ben vrai, on s' fait un drôle d'effet…
L'escale
Le ciel est bleu, la mer est verte
Laisse un peu la f'nêtre ouverte
Le flot qui roule à l'horizon
Me fait penser à un garçon
Qui ne croyait ni Dieu ni Diable
Je l'ai rencontré vers le nord
Un soir d'escale sur un port
Dans un bastringue abominable
L'air sentait la sueur et l'alcool
Il ne portait pas de faux-col
Mais un douteux foulard de soie
En entrant, je n'ai vu que lui
Et mon coeur en fut ébloui de joie
Le ciel est bleu, la mer est verte
Laisse un peu la f'nêtre ouverte
Il me prit la main sans un mot
Il m'entraîna hors du bistrot
Tout simplement d'un geste tendre
Ce n'était pas un compliqué
Il demeurait le long du quai
Je n'ai pas cherché à comprendre
Sa chambre donnait sur le port
Des marins soûls chantaient dehors
Un bec de gaz, un halo blême
Eclairait le triste réduit
Qu'il m'écrasait tout contre lui!
Je t'aime
Le ciel est bleu, la mer est verte
Oh laisse un peu la f'nêtre ouverte!