Выбрать главу
Son baiser me brûle toujours Est-ce là ce qu'on dit l'amour Son bateau mouillait dans la rade Chassant les ombres de la nuit Au jour naissant il s'est enfui Pour rejoindre ses camarades
Je l'ai vu monter sur le pont Et si je ne sais pas son nom Je connais celui du navire Un navire qui s'est perdu Quant au marin Nul n'en peut plus rien dire
Le ciel est bas, la mer est grise Ferme la f'nêtre à la brise

L'étranger

Il avait un air très doux, Des yeux rêveurs un peu fous Aux lueurs étranges. Comme bien des gars du Nord, Dans ses cheveux un peu d'or, Un sourire d'ange. J'allais passer sans le voir Mais quand il m'a dit bonsoir D'une voix chantante, J'ai compris que, ce soir-là, Malgré la pluie et le froid, Je serais contente. Il avait un regard très doux. Il venait de je ne sais où.
D'où viens-tu? Quel est ton nom? Le navire est ma maison. La mer mon village. Mon nom, nul ne le saura. Je suis simplement un gars Ardent à l'ouvrage Et si j'ai le cœur trop lourd, Donne-moi donc un peu d'amour, Espoir de caresses. Et moi, fille au cœur blasé, J'ai senti, sous ses baisers, Une ardente ivresse. Il avait un regard très doux Il venait de je ne sais où.
Simplement, sans boniments, J'aimais mon nouvel amant, Mon époux d'une heure. Comme bien des malheureux, Il croyait lire en mes yeux La femme qu'on pleure Et, follement, j'espérais Qu'au matin, il me dirait Suis-moi je t'emmène. J'aurais dit oui, je le sens, Mais il a fui, me laissant Rivée à ma chaîne. Il avait un regard très doux. Il venait de je ne sais où.
J'ai rêvé de l'étranger Et, le cœur tout dérangé Par les cigarettes, Par l'alcool et le cafard, Son souvenir chaque soir M'a tourné la tête Mais on dit que, près du port, On a repêché le corps D'un gars de marine Qui, par l'amour délaissé, Ne trouva pour le bercer Que la mer câline. Il avait un regard très doux. Il s'en allait je ne sais où.

L'homme à la moto

Paroles: Jean Dréjac. Musique: Mike Stoller amp; Jerry Leiber 1955

Titre originaclass="underline" "Black denim trousers and motorcycle Boots"

autres interprètes: Juliette (1991), Fanny (1991)

note: Adaptation française du titre de "The Cheers" (1955).

{Refrain:}

Il portait des culottes, des bottes de moto Un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos Sa moto qui partait comme un boulet de canon Semait la terreur dans toute la région.
Jamais il ne se coiffait, jamais il ne se lavait Les ongles pleins de cambouis mais sur les biceps il avait Un tatouage avec un cœur bleu sur la peau blême Et juste à l'intérieur, on lisait: "Maman je t'aime" Il avait une petite amie du nom de Marie-Lou On la prenait en pitié, une enfant de son âge Car tout le monde savait bien qu'il aimait entre tout Sa chienne de moto bien davantage…

{au Refrain}

Marie-Lou la pauvre fille l'implora, le supplia Dit: "Ne pars pas ce soir, je vais pleurer si tu t'en vas…" Mais les mots furent perdus, ses larmes pareillement Dans le bruit de la machine et du tuyau d'échappement Il bondit comme un diable avec des flammes dans les yeux Au passage à niveau, ce fut comme un éclair de feu Contre une locomotive qui filait vers le midi Et quand on débarrassa les débris…
On trouva sa culotte, ses bottes de moto Son blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos Mais plus rien de la moto et plus rien de ce démon Qui semait la terreur dans toute la région…

L'homme au piano

Paroles: JC Darnal. Musique: H.Henning, Terington 1954

Demandez à l'homme au piano, Au piano, au piano, De frapper à coups de marteau, Coups de marteau, coups de marteau. Qu'il frappe à tire larigot, Larigot, juste ou faux. J'sais qu'ses doigts ne sont pas en bois, Mais, quand il les cassera, On les fera remplacer… Le principal, c'est qu'il joue Comme une machine à sous, Jusqu'au bout, sans arrêt…
P't'être que ton cœur entendra Un peu de tout ce fracas Et qu'alors tu comprendras Que le piano joue pour toi. Je dois chasser comme je peux Le fantôme silencieux. Si le bonhomme fait du bruit, C'est que moi je lui crie De frapper comme un sourd. Ça ne sonnera jamais plus faux Que la chanson des mots Qui parlaient de notre amour…
Demandez à l'homme au piano, Au piano, au piano, De frapper à coups de marteau, Coups de marteau, coups de marteau Pour casser dans mon cerveau Mon amour en morceaux. Même s'il ne lui reste plus qu'un doigt, Qu'il tape avec les bras, Après tout, moi j' m'en fous: Le principal, c'est qu'il joue, Comme une machine à sous, Jusqu'au bout, jusqu'au bout…
Demandez à l'homme au piano Au piano, au piano… …au piano…

L'homme de Berlin

Paroles: Michèle Vendôme. Musique: Francis Laï 1963

Sous le ciel crasseux qui pleurait d'ennui, Sous la petite pluie qui tombait sur lui, Lui… l'homme de Berlin… Dans le vieux faubourg, au milieu de la nuit, Il se tenait là. Je n'ai vu que lui, Lui… l'homme de Berlin… Etrangère à Berlin, où je venais d'arriver, Quand on n'attend plus rien, Quand on veut tout changer, Berlin vaut bien Berlin. Moi, il m'en faut peu pour croire, dans la vie, Que tout peut changer, et pourquoi pas lui?… Lui… l'homme de Berlin. J' me voyais déjà l'aimer pour la vie. J' recommençais tout, c'était avec lui. Lui… l'homme de Berlin…
Ne me parlez pas de hasard, De ciel, ni de fatalité, De prochains retours, ni d'espoir, De destin, ni d'éternité. Ne me parlez pas de Berlin Puisque Berlin n'est rien pour moi. Ne me parlez pas de Berlin, Même si Berlin, c'est tout pour moi.