Sous le ciel crasseux qui pleurait d'ennui,
Sous la petite pluie qui tombait sur lui,
Lui… l'homme de Berlin…
J' l'ai pris pour l'amour, c'était un passant,
Une éternité de quelques instants,
Lui… l'homme de Berlin,
Car lui, l'homme de Berlin, cherchait aussi l'oubli.
Il est parti trop loin
Car, pour user sa vie,
Il n'y a pas que Berlin.
Dans chaque visage, je ne vois que lui
Et, dans chaque nuit, je dors avec lui,
Lui… l'homme de Berlin
Sous quel ciel crasseux, passe-t-il sa vie
Et dans quel Berlin traîne-t-il sa vie,
Lui… l'homme de Berlin?
Mais y a pas qu'un homme dans ce foutu pays!…
Ici ou ailleurs…
Il n'y a pas que lui…
Il n'y a pas que lui…
Il n'y a pas que lui…
Il n'y a pas que lui…
Il n'y a pas que lui…
Y a pas que lui… que lui… que lui…
L'homme des bars
Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1941
note: du film "Montmartre sur Seine"
Dans un bar,
Au comptoir,
On peut apercevoir
Un garçon aux yeux couleur de suie.
Il boit sans s'arrêter.
Il boit pour oublier
Un mauvais tour que lui a joué la vie.
Quand je viens près de lui,
Tristement, il sourit
Et, doucement, me dit:
"On s'est aimé pendant un an, foll'ment
Et puis on s'est quitté comm' ça… bêtement."
Le cafard,
Le brouillard,
Sont aussi au comptoir
Pour pouvoir lui tenir compagnie
Et, quand vient le matin,
Il emmène son chagrin.
C'est vraiment son seul copain dans la vie.
Puis, quand revient le soir,
On le voit au comptoir
Racontant son histoire:
"On s'est aimé pendant un an, foll'ment
Et puis on s'est quitté comm' ça, bêtement."
Au comptoir,
Un beau soir,
On vient d'apercevoir
Un fille aux yeux couleur de vie.
Ell' vient de s'approcher,
Ell' vient de lui parler,
Elle a une voix tendre, elle est jolie
Et c'est un autre amour
Qui revient pour toujours.
Ils partent dans le jour.
Ils s'aimeront toute la vie, foll'ment.
Foll'ment.
L'homme que j'aimerai
Paroles: Marcel Achard. Musique: Marguerite Monnot 1951
L'homme que j'aimerai,
'y a si longtemps que je l'aime.
Lorsque je l'aurai,
J' vous jure que j' le garderai,
Du moins, j'essaierai…
Les hommes sont tous les mêmes.
En tout cas, nous deux,
Nous essaierons d'être heureux…
L'homme que j'aimerai,
Je n' l'ai vu que dans mes rêves.
Déjà l'douze avril.
Mon amour, quand viendra-t-il?
Il a de blanches mains immenses
Qui ne vous caressent qu'après
Un cœur de quatorze juillet,
Plein de pétards et de romance,
De petits vins blancs et de danse,
Un cœur qui est fait pour s'y blottir
Si grand qu' j'en pourrais pas sortir.
L'homme que j'aimerai,
'y a si longtemps que je l'aime.
Quand il me verra,
Sûr qu'il me reconnaîtra.
Il murmurera:
"Tu es bien toujours la même…"
Alors, tous les deux,
Nous serons peut-être heureux…
Mais quand je l'aurai,
Cet amoureux dont je rêve,
Je ne penserai
Qu'au jour où je le perdrai…
L'homme que j'aimerai…
L'hymne à l'Amour
Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1949
autres interprètes: Armand Mestral, Michel Chaineaud, Marcel Merkès, Mireille Mathieu, Johnny Hallyday, Georgette Lemaire
Le ciel bleu sur nous peut s'effondrer
Et la terre peut bien s'écrouler
Peu m'importe si tu m'aimes
Je me fous du monde entier
Tant qu'l'amour inond'ra mes matins
Tant que mon corps frémira sous tes mains
Peu m'importent les problèmes
Mon amour puisque tu m'aimes
J'irais jusqu'au bout du monde
Je me ferais teindre en blonde
Si tu me le demandais
J'irais décrocher la lune
J'irais voler la fortune
Si tu me le demandais
Je renierais ma patrie
Je renierais mes amis
Si tu me le demandais
On peut bien rire de moi
Je ferais n'importe quoi
Si tu me le demandais
Si un jour la vie t'arrache à moi
Si tu meurs que tu sois loin de moi
Peu m'importe si tu m'aimes
Car moi je mourrai aussi
Nous aurons pour nous l'éternité
Dans le bleu de toute l'immensité
Dans le ciel plus de problèmes
Mon amour crois-tu qu'on s'aime
Dieu réunit ceux qui s'aiment
L'orgue des amoureux
Paroles: Francis Carco. Musique: Varel amp; Bailly 1949
autres interprètes: Mouloudji (1959)
Un vieil orgue de Barbarie
Est venu jouer l'autre jour
Sous ma fenêtre, dans la cour
Une ancienne chanson d'amour
Et pour que rien, rien ne varie,
Amour rimait avec toujours.
En écoutant cette romance
Qui me rappelait le passé,
Je crus que j'en avais assez
Mais comme hélas, tout recommence,
Tout hélas a recommencé,
Tout hélas a recommencé.
Je t'ai donné mon cœur.
Je t'ai donné ma vie
Et mon âme ravie,
Malgré ton air moqueur,
Reprenons tous en chœur,
Est à toi pour la vie.
C'est pourtant vrai, lorsque j'y pense,
Que je l'aimais éperduement
Et que jamais aucun amant
Ne m'a causé plus de tourments,
Mais voilà bien ma récompense
D'avoir pu croire en ses serments.
Il a suffi d'une aventure
Plus banale en vérité
Pour qu'un beau soir, sans hésiter,
Il obéit à sa nature.
Je ne l'avais pas mérité.
Je ne l'avais pas mérité.
Je t'ai donné mon cœur.
Je t'ai donné ma vie
Et mon âme ravie,
Malgré ton air moqueur,
Reprenons tous en chœur,
Est à toi pour la vie.
Que pouvons-nous contre nous-mêmes?
Chacun de nous suit son chemin.
C'est le sort de tous les humains
Mais ceux qui vont main dans la main
En se disant tout bas "je t'aime"
Devraient songer aux lendemains
Sur une triste ritournelle
Dont l'écho s'est vite envolé.
L'orgue à la fin s'en est allé
Et, pardonnant à l'infidèle,
J'ai chanté pour me consoler,
J'ai chanté pour me consoler.