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Dans la ville inconnue, Je n'aime rien. Je prends toujours des rues Qui vont trop loin, D'interminables rues Où je me perds, Des quais, des avenues Et des boulevards déserts Puis, entre deux maisons, J'entends le tintamarre D'un long train sur un pont Qui s'en va quelque part.
Dans la ville inconnue, Soir et matin, Comme ce chien perdu, Je vais et je reviens. Il y a les passants Qui ont l'air de vous fuir Et qui n'ont pas le temps De vous faire un sourire.
Dans la ville inconnue, Quand vient la nuit, J'ai peur des murs tout nus, Des murs tout gris. J'ai peur de cet hôtel Au lit trop froid Et du matin cruel Qui me réveillera, Car je voudrais dormir, Dormir même le jour Avec mes souvenirs, Mes souvenirs d'amour.
Dans la ville inconnue, Je pense à toi, Mais toi, te souviens-tu Encore un peu de moi?…

Le ballet des coeurs

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Norbert Glanzberg 1958

Dans un coin de la ville, ' y a un cœur bien tranquille Qui se balance, qui se balance. A l'autre bout de la cité, ' y a un cœur isolé Qui s'avance, qui s'avance. Ces deux cœurs, on dirait Deux danseurs d'un ballet Qui s'élancent, qui s'élancent. Ils s'approchent, ils s'écartent, Ils se croisent, ils repartent Et ils dansent!
Mais un jour, Sur la pointe des pieds, apparaît, Et glissant comme sur du velours, Le plus grand des maîtres de ballet. C'est l'amour! C'est l'amour! C'est l'amour!…
Et l'amour réunit Les deux cœurs épanouis Qui s'élancent, qui s'élancent. Moulinets, battements, Pas de deux tout le temps, Comme ils dansent! Comme ils dansent! Les sourires et les joies Tambourinent chaque fois En cadence, en cadence, Déchaînés, passionnés Martelés, affaissés, Ils s'avancent…
C'est alors qu'un troisième Apparaît, et de même Il s'avance, il s'avance… On l'appelle "joli cœur". Il sépare les deux cœurs En silence… en silence… Grand écart et défi, Volte-face, jalousie Qui commence, qui commence Et puis tout recommence: ' y a deux cœurs qui s'élancent Dans la danse…
…Possession, impatience… …Un cœur tué, piétiné… Et puis tout recommence: ' y a deux cœurs qui s'élancent Dans la danse…

Le billard électrique

Paroles: Louis Poterat. Musique: Charles Dumont 1961

"Pas la peine de suivre l'aiguille.", Dit le patron du bar, "Ça n'avance à rien Elle est en retard! Va jouer aux billes Ça passe le temps et ça fait du bien…"
Il met ses vingt balles dans la mécanique Un déclic! Les billes sautent au garde-à-vous! La première bondit comme une hystérique. Ça cavale, ça sonne, ça s'allume partout! Ding! Ding! Ça crépite comme une mitraillette Ding! Un œil fait "tilt"… Ding! Une bouche fleurit! Une pin-up s'éclaire des pieds à la tête Au fond de la vitrine en verre dépoli. Cent mille! C'est le ballet des nombres magiques! Deux cent! Re-ding-ding!! La bille n'écoute pas… Elle baisse dans le couloir comme prise de panique Zut! Raté!… Huit heures… Elle ne viendra pas…
"A quoi sert de guetter la porte?", Dit le patron du bar, "Faut pas s'énerver Vous êtes beau gosse Elle, elle est pas morte! Une de perdue, dix de retrouvées…"
Il remet vingt balles dans la mécanique. De ses doigts crispés, il tend le ressort. La bille sème partout des flashes électriques, Pas autant, pourtant, Qu' 'y en a dans son corps… Ah! La sacrée garce! Elle ira quand même… Re-ding! Ding! Ça y est! Dans l'trou des cinq cent!!! Une partie à l'œil, il comprend le système Et ding! Et re-ding!! Ça devient angoissant… Ding! Ding! Il s'agrippe, il secoue, il cogne… Ding! Comme si c'était… "Holà! Faudrait voir…! Il va tout casser", dit le patron qui rogne Zut! Le jeu s'éteint!… Neuf heures… Plus d'espoir… Il s'excuse, il s'en va livide, Les nerfs détendus, mais le cœur si gros. "Il va jouer ailleurs", Dit le patron candide "Il va jouer ailleurs, ou bien se foutre à l'eau…"
Ding! Cent mille! Ding! Ding! Deux cent mille! Trois cent! Quatre cent! Cinq cent mille! Ding! Ding! Ding! Re-ding! Ding! DING!… TILT!!!…

Le bleu de tes yeux

Lorsque je lève les yeux, Je rencontre le ciel Et je me dis: "Mon Dieu, Mais c'est sensationnel, Tant de bleu." Lorsque je lève les yeux, Je rencontre tes yeux Et je me dis: "Mon Dieu, C'est vraiment merveilleux, Tant de bleu."
Plus bleu que le bleu de tes yeux, Je ne vois rien de mieux, Même le bleu des cieux. Plus blond que tes cheveux dorés Ne peut s'imaginer, Même le blond des blés. Plus pur que ton souffle si doux, Le vent, même au mois d'août, Ne peut être plus doux. Plus fort que mon amour pour toi, La mer, même en furie, Ne s'en approche pas. Plus bleu que le bleu de tes yeux, Je ne vois rien de mieux, Même le bleu des cieux.
Si un jour tu devais t'en aller Et me quitter, Mon destin changerait tout à-coup Du tout au tout.
Plus gris que le gris de ma vie, Rien ne serait plus gris, Pas même un ciel de pluie. Plus noir que le noir de mon cœur, La terre en profondeur N'aurait pas sa noirceur. Plus vide que mes jours sans toi, Aucun gouffre sans fond Ne s'en approchera. Plus long que mon chagrin d'amour, Même l'éternité Près de lui serait court. Plus gris que le gris de ma vie, Rien ne serait plus gris, Pas même un ciel de pluie.