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On a tort de penser, je sais bien, Aux lendemains. A quoi bon se compliquer la vie Puisqu' aujourd'hui…
Plus bleu que le bleu de tes yeux, Je ne vois rien de mieux, Même le bleu des cieux. Plus blond que tes cheveux dorés Ne peut s'imaginer, Même le blond des blés. Plus pur que ton souffle si doux, Le vent, même au mois d'août, Ne peut être plus doux. Plus fort que mon amour pour toi La mer, même en furie, Ne s'en approche pas. Plus bleu que le bleu de tes yeux, Je ne vois que les rêves Que m'apportent tes yeux…

Le bruit des villes

Paroles: Louis Poterat. Musique: Charles Dumont 1961

Bam! Bam! V'là la vie, Bam! Bam! En batterie, Bam! Bam! En furie. V'là la vie qui m'fait peur! Bam! Bam! Le tapage Bam! Bam! De l'orage Bam! Bam! Qui soulage Le grand ciel en chaleur… Bam! Bam! De l'usine Bam! Bam! De la mine Bam! Bam! Tambourinent Les marteaux du labeur. Bam! Bam! Dans les soutes Bam! Bam! Sur les routes Bam! Bam! Je l'écoute, Ce Bam-Bam de malheur!
Entre tes bras, dans le calme des nuits, J'ai tant besoin d'oublier tout ce bruit! Délivre-moi de l'enfer de cette vie… Fais-moi mon coin de paradis…
Bam! Bam! Qui s'entête Bam! Bam! Dans ma tête, Bam! Bam! Ça tempête, Crève le mur du bonheur. Bam! Bam! Ça percute, Bam! Bam! Ça chahute, Bam! Bam! Ça culbute Tout ce que j'ai dans mon cœur. Bam! Bam! J'ai beau faire Bam! Bam! Et me taire, Bam! Bam! Sa colère Roule un bruit de tambour! Bam! Bam! Et je sombre Bam! Bam! Parmi l'ombre Bam! Bam! Des décombres, Sauve-moi mon amour…
Bam! Bam! Bam! Bam! Bam! Bam!

Le brun et le blond

Dans ma p'tite vie y a deux garçons Y en a un brun et puis un blond Qui m'aiment tous deux à leur manière Le brun a l'air triste et sérieux Et le blond rit de tous ses yeux J'crois bien qu'c'est l'brun que je préfère Il est plus jeune, il est plus beau Il a une belle couleur de peau Un coeur tout pur, plein d'choses toutes belles
Oui mais le blond n'a qu'à s'amener Avec son air de rigoler C'est pour lui qu'j'ai envie d'être belle Le brun me parle très gravement De son amour, de ses tourments Avec une belle voix qui chante Il dit qu'il se tuerait sûrement Si je ne l'aimais pas tout l'temps Ou si un jour j'étais méchante Ca m'impressionne, ça m'fait tout drôle C'est vraiment lui qui a l'beau rôle Y a pas à dire, c'est lui qui m'aime
Quand j'parle au blond d'se suicider Y m'dit "Non, tu veux rigoler?" Mais j'aime bien l'embrasser quand même Ca s'est passé en plein mois d'août On n'y a rien compris du tout Il était v'nu boire de la bière Quand il a eu vidé son bock On a entendu un p'tit "toc" Ah, la patronne était pas fière! Il était là, tranquille comme tout Avec au front un tout p'tit trou Mon Dieu, que cette histoire est bête
C'était mon blond qui était parti En m'laissant un p'tit mot écrit "J'ai assez ri. Salut p'tite tête".

Le chacal

Paroles: Raymond Asso, Charles Seider. Musique: Juel 1938

On l'avait surnommé l'Chacal. C'était un type phénoménal, Un grand, aux épaul's magnifiques, L'air d'un sauvagage, un peu crâneur. Il avait décroché mon cœur Comm' ça, d'un sourire ironique, Le soir, à l'heure de l'apéro. Il s'amenait dans notr' bistro, Toujours tout seul, sans un copain En fredonnant un drôle de r'frain.
Pan Pan l'Arbi… C'est l'Chacal qu'est par ici. Y s'mettait au bout du comptoir, Le r'gard lointain comm' sans rien voir. J'attendais toujours qu'il me cause, Qu'y r'mue un peu, qu'y fasse quéqu'chose Mais il restait indifférent Et sifflotait entre ses dents: Pan Pan l'Arbi… C'est l'Chacal qu'est par ici.
Personn' connaissait son boulot Et on parlait derrièr' son dos. On disait: "Qu'est c'qu'y manigance?" Les homm's le r'gardaient par en d'ssous. Les femm's lui faisaient les yeux doux. Parfois y avait de grands silences. La peur montait dans les cervaux. "C'est p't'être un flic, ce gars costaud?" Mais lui souriait avec dédain Et leur crachait toujours son refrain.
Pan Pan l'Arbi… C'est l'Chacal qu'est par ici. Les mains dans les poch's du veston, Y' semblait dir': "Venez-y donc!" J'attendais toujours qu'il leur cause, Qu'y r'mue un peu, qu'y fass' quéqu'chose Mais il restait indifférent Et sifflotait entre ses dents: Pan Pan l'Arbi… C'est l'Chacal qu'est par ici.
Et puis un soir qu'il f'sait très chaud, Qu'les nerfs étaient à fleur de peau Et qu'ça sentait partout l'orage, Comme il gueulait son sacré r'frain Un homm' sur lui leva la main, Alors il bondit pris de rage. Il s'est battu sans dire un mot Mais eux les lâch's, ils étaient trop… Et tout d'un coup, j'l'ai vu tomber… Alors seul'ment il m'a parlé:
Pan Pan l'Arbi, Les salauds qu'est c'qu'ils m'ont mis Et puis il a fermé ses yeux En soupirant: "Ça vaut p't'êtr' mieux." Moi, j'avais froid, comm' de la fièvre, Mais j'ai voulu goûter ses lèvres Au moins un' fois, car je l'aimais! On a jamais su c'qu'il cherchait Pan Pan l'Arbi, Plus d'Chacal… C'était fini…

Le chant d'amour

Paroles: Edith Piaf. Musique: Charles Dumont 1963

Si vous voulez bien écouter, Je vais chanter un chant d'amour, Un chant d'amour banal à souhait Pour deux amants qui s'adoraient. Si vous me laissez raconter L'histoire d'amour belle à rêver, Alors, laissez-moi chanter…
Si vous me laissez raconter, Je vais pleurer leur chant d'amour Car hélas on a séparé Nos deux amants, nos fous d'amour. Ils en sont morts d'un même chagrin. Je ne peux chanter le chagrin, Alors, laissez-moi pleurer…