Oui, mais ceux qui se sont aimés,
Vraiment aimés, aimés d'amour,
Ils se retrouveront un jour,
Là dans le temps, et pour toujours
Et je suis sûre que, maintenant,
Ils sont ensembles nos amants,
Alors, laissez-moi chanter…
La-la-la…
La-la…
…
Alors, laissez-moi chanter…
Le chant du pirate
Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1946
Marchant par-dessus les tempêtes,
Courant dans la vague et le vent,
Chassant les blanches goélettes,
C'est nous ça, les gaillards d'avant.
C'est nous qui sommes les corsaires,
Brigands tout comme étaient nos pères.
{
Ho-hisse et Ho! Miséricorde!
Pour nous tenir au bout d'une corde,
Faudra d'abord nous attraper,
Faudra d'abord nous aborder…
Ho-hisse-ho! Pavillon noir!
Ho-hisse-ho! Pavillon haut!
Tant que le vent pousse la frégate,
'y a du bon temps pour les pirates.
Tant que la mer est par-dessous,
C'est le corsaire qui tient le bon bout!
Ho-hisse-ho! Pavillon noir!
Ho-hisse-ho! Pavillon haut!
Tant pis pour les yeux de ta mère.
Tant pis pour la reine et le roi.
Tant mieux si tu deviens corsaire.
Jésus était un hors-la-loi.
Viens donc fréquenter les étoiles.
Dormir dans le ventre des voiles.
{Refrain}
Le chasseur de l'hôtel
Le chasseur de l'hôtel
Aime d'un amour pauvre
Une certaine mademoiselle
Couverte de bijoux
Elle habite au numéro vingt
Une chambre avec salle de bains
Et traîne avec un petit chien,
Un amant qui ne lui sert à rien
Et puis des tas d'admirateurs
Qui lui envoient chaque jour des fleurs
Des fleurs que porte le chasseur
Et ça lui fait bien mal au coeur
Le chasseur de l'hôtel
Quand il rentre chez lui
Rêve à sa demoiselle
Pendant toute la nuit
Le chasseur de l'hôtel
Qui n'a pas quatre sous
Est, c'est bien naturel,
Quatre fois plus jaloux
Il n'en peut plus de voir toujours
Ces inutiles singer l'amour
Et un soir qu'il avait ses nerfs
Il a sorti son revolver
Mais l'autre a tiré le premier
A preuve qu'il fallait s'en méfier
Surtout que par dessus l'marché
La brute, il avait bien visé
Le chasseur de l'hôtel
N'eut qu'à fermer les yeux
Pour arriver au ciel
Où vont les malheureux
Le chasseur de l'hôtel
Par les chemins du ciel
Cherchait sa demoiselle
Et s'ennuyait sans elle
Or, un jour plein de merveilleux
Le pauvre n'en crut pas ses yeux
Car sa demoiselle était là
Sur un nuage de gala
Et même, elle semblait lui sourire
Car maint'nant elle savait sourire
Y a pas à dire, y a un bon Dieu
Un bon Dieu pour les amoureux
Le chasseur de l'hôtel
La serra dans ses bras
En remerciant le ciel
Et puis, se réveilla.
Le chemin des forains
Paroles: Jean Dréjac. Musique: H.Sauguet 1955
Ils ont troué la nuit
D'un éclair de paillettes d'argent.
Ils vont tuer l'ennui
Pour un soir dans la tête des gens.
A danser sur un fil, à marcher sur les mains,
Ils vont faire des tours à se briser les reins,
Les forains…
Une musique en plein vent,
Un petit singe savant
Qui croque une noisette en rêvant
Sur l'épaule d'un vieux musicien
Qui, lui, ne rêve de rien.
Ils ont troué la nuit
D'un grand rire entremêlé de pleurs.
Ils ont tué l'ennui
Par l'écho de leur propre douleur.
Ils ont pris la monnaie dans le creux de leurs mains.
Ils ont plié bagages et repris leur chemin,
Les forains…
Leurs gestes d'enfants joyeux
Et leurs habits merveilleux,
Pour toujours, sont gravés dans les yeux
Des badauds d'un village endormi
Qui va rêver cette nuit…
Va rêver cette nuit
D'un éclair de paillettes d'argent
Qui vient tuer l'ennui,
Dans le cœur et la tête des gens,
Mais l'ombre se referme au détour du chemin
Et Dieu seul peut savoir où ils seront demain,
Les forains…
Qui s'en vont dans la nuit…
Le chevalier de Paris
Paroles: A. Vannier. Musique: Philippe Gérard 1950
Le grand chevalier du cœur de Paris
Se rappelait plus du goût des prairies.
Il faisait la guerre avec ses amis
Dedans la fumée,
Dedans les métros,
Dedans les pavés,
Dedans les bistrots.
Il ne savait pas qu'il en était saoûl.
Il ne savait pas qu'il dormait debout.
Paris le tenait par la peau du cou.
{
Ah! Les pommiers doux,
Rondes et ritournelles.
J'ai pas peur des loups,
Chantonnait la belle.
Ils ne sont pas méchants
Avec les enfants
Qu'ont le cœur fidèle
Et les genoux blancs…
Sous un pommier doux, il l'a retrouvée,
Croisant le soleil avec la rosée.
Vivent les chansons pour les Bien-aimées.
Je me souviens d'elle au sang de velours.
Elle avait des mains qui parlaient d'amour
Et tressait l'argile avec les nuages
Et pressait le vent contre son visage
Pour en exprimer l'huile des voyages.
{Refrain}
"Adieu mon Paris", dit le chevalier.
"J'ai dormi cent ans, debout sans manger
Les pommes d'argent de mes doux pommiers."
Alors le village a crié si fort
Que toutes les filles ont couru dehors
Mais le chevalier n'a salué qu'elle
Au sang de velours, au cœur tant fidèle,
Chevalier fera la guerre en dentelles.
{Refrain}
Le ciel est fermé
Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1950
Fatigué des gens de la terre,
Le Bon Dieu, qui est surmené,
Réfléchit entre deux mystères,
Et décida de démissionner.
Il éteignit quelques étoiles,
Ferma le ciel de haut en bas,
Et d'un nuage, fit une voile
Qui prit le vent et qui l'emporta.