Un jeune homme chantait
Ha ha ha ha ha ha
Une fille pleurait
Hum hum hum…
Un monsieur me suit dans la rue
Paroles: Jean-Paul Le Chanois. Musique: Jacques Besse 1942
autres interprètes: Barbara (1972), Juliette (1998)
J'étais une petite fille
Du moins je le croyais
Portais des espadrilles
J'avais encore mes jouets
Mais un jour dans la rue
En sortant de l'école
Je vois un inconnu
Qui, à mes pas, se colle.
Un monsieur me suit dans la rue.
J'en avais rêvé bien souvent
Et fus d'avance tout émue.
Qu'est-ce qui va s'passer maint'nant?
Quand on m'a suivie dans la rue
J'pensais que ça s'rait épatant.
Quand on m'a suivie dans la rue, dans la rue
Ce n'était qu'un vieux dégoûtant.
Le cœur a ses mystères:
Je suis prise de passion
Pour un homme, un gangster
Qu'a d'la conversation
Et quand je vais chez lui
Il faut faire attention.
Je sais qu'on le poursuit
Pour le mettre en prison.
Voilà qu'on me suit dans la rue
Gros soulier qui marche en criant.
Pourvu qu'on n'm'ait pas reconnue!
J'ai peur que ce soit des agents.
J'enfile des rues et des rues.
Mon Dieu, ça devient effrayant.
On me suit toujours dans la rue, dans la rue
Ils approchent leurs mains en riant.
Je suis tombée malade
Dans un grand lit tout blanc
Le cœur en marmelade
Mon pauvre front brûlant.
Un prêtre me demande:
"Voulez-vous le Bon Dieu?"
Moi je préfère attendre
Des fois que j'irais mieux.
Voilà qu'on me suit dans la rue.
Les hommes saluent, déférents.
C'est pour moi, j'l'aurais jamais cru
Que les femmes se signent en passant.
Comme je passe à travers les rues
J'arrête la vie et le mouv'ment.
Tout le monde me suit dans la rue, dans la rue
Tout en noir, à mon enterr'ment.
Un refrain courait dans la rue
Paroles: Edith Piaf. Musique: Robert Chauvigny 1946
Dans un amour, faut d'la fierté,
Pouvoir se taire, de la dignité,
Savoir partir au bon moment,
Cacher son mal en souriant,
Et je me disais en marchant
Que j'avais su partir à temps.
Si mon cœur est désespéré,
Il ne m'aura pas vu pleurer.
Un refrain courait dans la rue,
Bousculant les passants,
Qui s'faufilait dans la cohue
D'un p'tit air engageant.
J'étais sur son passage.
Il s'arrêta devant moi
Et me dit d'être sage.
"Tu es triste, mon Dieu, pourquoi?
Viens, et rentre dans ma chanson.
Il y a de beaux garçons…
Jette ton chagrin dans le ruisseau
Et tourne-lui le dos…"
Il faut que ton couplet soit gai,
Alors parlons du mois de mai,
Des arbres en robe, de lilas
Et de l'été qui pousse en tas.
'y a des violettes, un balcon.
Un vieux poète chante une chanson.
Ma robe est tachée de soleil.
Je le garde pour mes réveils.
Un refrain courait dans la rue,
Bousculant les passants,
Qui s'faufilait dans la cohue
D'un p'tit air engageant.
Les gens sur son passage,
Se regardaient l'air surpris,
Cessaient leurs bavardages:
"Quel est donc ce malappris?"
Oui, mais l'air était entraînant
Et les mots engageants
Et surtout, il y avait dedans
Du rire à bout portant…
Si cet air qui court dans la rue
Peut chasser vos tourments,
Alors entrez dans la cohue.
'y a d'la place en poussant…
Une dame
Paroles et Musique: Michel Emer 1956
Une dame
Se promène en riant dans la rue
Ensoleillée,
Une dame
Que tout le monde a toujours vue
En train de pleurer.
Une flamme
Danse au fond de ses yeux pleins de joie,
Couleur de ciel,
Une flamme
Que personne n'avait jamais connue
Chez elle…
Car l'homme qu'elle avait aimé
L'a abandonnée depuis des années
Et, seule,
Cette dame
Passait toutes ses journées à pleurer
Comme une Madeleine.
Pauvre dame!
Qui semblait ne pouvoir oublier
Sa peine.
Comme tout est beau!
Comme le ciel est bleu!
Comme tout le monde est heureux!
Comme tout est beau!
Comme le ciel est bleu!
Comme tout le monde est heureux!
Et la dame
Porte une robe claire, un chapeau
Avec des fleurs.
Cette dame
Semble avoir quelque chose de nouveau
Dans le cœur,
Dans son âme.
Elle se retrouve tout d'un coup ses vingt ans
Et ses printemps,
Cette dame
Qui se promène dans la rue ses beaux rêves
D'enfant.
On vient de lui raconter
Qu'il a voulu se tuer
Parce que l'autre femme l'avait quitté.
Une dame
Qui s'en va libérée pour toujours
D'un pauvre amour,
Une dame
Rit aux anges et fredonne le refrain
Du jour.
Comme tout est beau!
Comme le ciel est bleu!
Comme tout le monde est heureux!
Comme tout est beau!
Comme le ciel est bleu!
Comme tout le monde est heureux…
Une enfant
Paroles: Charles Aznavour. Musique: Charles Aznavour, Robert Chauvigny 1951
Une enfant, une enfant de seize ans,
Une enfant du printemps
Couchée sur le chemin…
Elle vivait dans un de ces quartiers
Où tout le monde est riche à crever.
Elle avait quitté ses parents
Pour suivre un garçon, un bohème
Qui savait si bien dire "je t'aime".
Ça en devenait bouleversant,
Et leurs deux cœurs ensoleillés
Partirent sans laisser d'adresse,
Emportant juste leur jeunesse
Et la douceur de leur péché.
Une enfant, une enfant de seize ans,
Une enfant du printemps
Couchée sur le chemin…
Leurs cœurs n'avaient pas de saisons
Et ne voulaient pas de prison.
Tous deux vivaient au jour le jour,
Ne restant jamais à la même place.
Leurs cœurs avaient besoin d'espace
Pour contenir un tel amour.
Son présent comme son futur,
C'était cet amour magnifique
Qui la berçait comme d'un cantique
Et perdait ses yeux dans l'azur.