Comme la nuit couvre la plaine,
Les "salopards", vers le fortin
Se sont glissés comme des hyènes
Ils ont lutté jusqu'au matin:
Hurlements de rage,
Corps à corps sauvages,
Les chiens ont eu peur des lions.
Ils n'ont pas pris la position.
Ah la la la, la belle histoire,
Ils restent trois dans le bastion,
Le torse nu, couverts de gloire,
Sanglants, meurtris et en haillons,
Sans eau ni pain, ni munitions.
Ah la la la, la belle histoire,
Ils ont toujours dans le bastion
Mais ne peuvent crier victoire:
On leur a volé le fanion,
Le beau fanion de la légion!
Mais tout à coup, le canon tonne:
Des renforts arrivent enfin.
A l'horizon, une colonne
Se profile dans le matin
Et l'echo répète l'appel des trompettes
Qui monte vers le mamelon.
Un cri de là-haut lui répond.
Ah la la la, la belle histoire,
Les trois qui sont dans le bastion,
Sur leurs poitrines toutes noires
Avec du sang crénom de nom
Ont dessiné de beaux fanions.
Ah la la la, la belle histoire,
Ils peuvent redresser leurs fronts
Et vers le ciel crier victoire.
Au garde-a-vous sur le bastion,
Ils gueulent "présent la légion."
Le gitan et la fille
Paroles et Musique: Georges Moustaki
Le gitan dit à la fille:
"Qu'importe le prix de l'amour:
Pour toi, j'irai finir mes jours
Derrière les grilles.
J'irai piller les gens de la ville
Pour t'offrir une robe de satin.
Tu n'diras plus que j'suis un vaurien,
Un inutile…
Mes mains, tout à l'heure si fortes,
Seront plus douces que le bois
De la guitare qui joue pour toi
Devant ta porte…"