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Or, quand ce fut pour relever, A la messe elle voulut aller, Et quand arriva le midi, Elle voulut mettre ses habits.
– Mais dites-moi, mère m'amie, Quel habit prendrai-je aujourd'hui? – Prenez le vert, prenez le gris, Prenez le noir pour mieux choisir.
– Mais dites-moi, mère m'amie, Qu'est-ce que ce noir-là signifie? – Femme qui relève d'enfant, Le noir lui est bien plus séant.
Quand elle fut dans l'église entrée, un cierge on lui a présenté. Aperçut en s'agenouillant La terre fraîche sous son banc.
– Mais dites-moi, mère m'amie, Pourquoi la terre est rafraîchie? – Ma fille, ne puis plus vous le cacher, Renaud est mort et enterré.
– Renaud, Renaud, mon réconfort, Te voilà donc au rang des morts! Divin Renaud, mon réconfort, Te voilà donc au rang des morts!
Puisque le roi Renaud est mort, Voici les clefs de mon trésor. Prenez mes bagues et mes joyaux, Prenez bien soin du fils Renaud.
Terre, ouvre-toi, terre fends-toi, Que j'aille avec Renaud, mon roi! Terre s'ouvrit, terre se fendit, Et ci fut la belle engloutie

Note: Ceci n'est qu'une des très nombreuses versions (environ 60) de cette chanson.

Son origine est assez complexe. Elle est issue de la greffe d'une

chanson du XIIIème siècle qui raconte le retour du comte Renaud sur une

chanson du XVIème (le comte Redor) issue d'une légende scandinave qui a