Comme ils nous regardaient, les gens.
Nous, en ne voyait pas les gens,
On se regardait dans les yeux.
C'était vertigineux.
C'était le grand naufrage.
Ils étaient fascinés, les gens.
Ils n'avaient jamais vu, les gens,
Une telle folie, de tels amants,
De tels indifférents
Aux gens et à leur âge.
Comme ils étaient drôles, les gens.
Comme ils baissaient les yeux, les gens,
Quand, tous deux, on s'est enlacé,
Quand on s'est embrassé
En se disant "Je t'aime".
Comme ils étaient pressés, les gens,
Mais ils se retournaient, les gens,
Pour voir encore ces deux amants
Qui s'aimaient tellement
A faire rêver les gens.
Comme ils nous regardaient, les gens.
Nous on ne voyait pas les gens.
Comme ils étaient pressés, les gens.
Nous on ne voyait pas les gens.
Comme ils se retournaient, les gens
Nous on ne voyait pas les gens…
Les grognards
Paroles: Pierre Delanoë. Musique: Hubert Giraud 1957
Ecoute, peuple de Paris:
Tu n'as pas la fièvre.
Ecoute ces pas qui marchent dans la nuit,
Qui s'approchent de ton rêve.
Tu vois des ombres qui forment une fresque gigantesque accrochée dans ton ciel.
Ecoute, peuple de Paris:
Regarde, peuple de Paris, ces ombres éternelles
Qui défilent en chantant sous ton ciel.
Nous les grognards, les grenadiers,
Sans grenades, sans fusils ni souliers,
Sans ennemis et sans armée,
On s'ennuie dans la nuit du passé.
Nous les grognards, les grenadiers,