C'est nous qui sommes les hiboux.
Les apaches, les voyous,
Il en coûte pas un coup.
Dans le jour, nous planquons nos mirettes,
Mais, le soir, nous sortons nos casquettes.
Ecoutez ça, vous les rupins:
Gare à moi, le coquin, quand chacun fera son chemin.
Si mon père n'avait pas agi comme un voyou,
Moi aussi, j's'rais p't'être un homme comme vous…
Les marins, ça fait des voyages
Paroles: Raymond Asso. Musique: Mitty Goldin 1936
Il m'avait dit seulement "je t'aime"
Et ces mots-là, ça compte tout de même.
On s'est aimé huit jours tout plein
Puis il m'a dit un beau matin:
"V'là que j'm'en vais. N'aie trop d'peine.
J'suis matelot, faut qu'tu comprennes."
"Les marins ça fait des voyages.
On reste jamais pour bien longtemps.
On part joyeux, on revient content.
Des fois; bien sûr; y a les naufrages,
Mais les retours c'est tout plaisir
Et nos amours peuvent pas mourir.
On sait qu'on r'part, on n'a pas l'cœur
De s'faire du mal à son bonheur.
Faut pas pleurer! Aie du courage!
La mer est belle et puis dis-toi
Qu'on n'y peut rien ni toi ni moi
Et qu'les marins, faut qu'ça voyage."
J'l'ai vu partir sur son navire.
Y m'faisait d'loin un beau sourire,
Et d'un seul coup je n'l'ai plus vu
Et puis l'bateau a disparu.
La mer chantait d'une voix câline.
On a parlé comme des copines.