J'ai le vertige dans tes yeux.
Je voltige dans du bleu.
Je vois double et c'est mieux.
Vise mon cœur tout là-haut
Qui fait du cerf-volant.
Rattrape-le si tu peux,
Mon amour, mon amour
Qui fout le camp…
Enfin le printemps!
Entre Saint-Ouen et Clignancourt
Paroles: M.Aubret. Musique: A.Sablon 1933
J'ai vendu des fleurs aux terrasses
Quand j'avais dix-sept ans
Mais la roue tourne, le temps passe:
J'ai du fric, à présent.
Eh bien! Malgré mon compte en banque,
Ma bagnole, mes bijoux,
Certains jours quelque chose me manque.
J'ai l'cafard tout à coup.
Entre Saint-Ouen et Clignancourt,
De temps en temps faut qu'j'fasse un tour
Sur la zone.
Je r'trouve alors tout mon passé,
Le ciel si doux, les durs pavés,
L'herbe jaune
Et, pataugeant dans les ruisseaux,
Des bandes de gosses moitié poulbots,
Moitié faunes,
L'odeur de frites et de lilas.
En frissonnant je r'trouve tout ça
Sur la zone.
A mon avis, les gens du monde
Ne sav'nt pas fair' l'amour.
Au moment critique ils abondent
En bobards, en discours,
Alors cell's qui, comm' moi, connaissent
C'que c'est qu'un mâle, un vrai,
Cell's 'là s'dis'nt: un mec, en vitesse
Et je me rattrap'rai.
Entre Saint-Ouen et Clignancourt,
De temps en temps faut qu'j'fasse un tour
Sur la zone.
On s'envoie chez le gros Léon,
Tandis que chant' l'accordéon,
Un vieux Beaune.
C'est le printemps et c'est le soir.
Calmes et forts, devant l'comptoir,
Des gars trônent
Et dans l'tas on n'a qu'à choisir
Pour apaiser tous les désirs
Sur la zone.