Quelquefois mêm' le cœur s'en mêle
Et pour entendre mieux,
La voix qui dit: "Môm' c'que t'es belle"
On ferme les deux yeux
Mais on n'vit d'amour et d'eau claire
Que dans certains romans,
Alors, bien vite, on s'fait la paire
Sans rêver plus longtemps.
Entre Saint-Ouen et Clignancourt
Je suis rev'nue hier faire un tour
Sur la zone.
Quel chang'ment alors j'ai trouvé:
On démolit de tous côtés.
Quel cyclone…
Plus d'bosquets, plus d'baraqu's en bois,
Plus d'ces chansons qu'étaient pour moi
Une aumône
Et devant mes souv'nirs détruits,
Tout' seul' j'ai pleuré dans la nuit
Sur la zone.
Escale
Paroles: Jean Marèze. Musique: Marguerite Monnot 1938
autres interprètes: Edith Piaf (1945), Colette Renard, Perrette Souplex
Le ciel est bleu, la mer est verte
Laisse un peu la fenêtre ouverte.
Le flot qui roule à l'horizon
Me fait penser à un garçon
Qui ne croyait ni Dieu ni diable.
Je l'ai rencontré vers le nord
Un soir d'escale sur un port
Dans un bastringue abominable
L'air sentait la sueur et l'alcool
Il ne portait pas de faux-col
Mais un douteux foulard de soie
En entrant je n'ai vu que lui
Et mon coeur en fut ébloui
De joie.
Le ciel est bleu, la mer est verte
Laisse un peu la fenêtre ouverte.
Il me prit la main sans un mot
Et m'entraîna hors du bistrot
Tout simplement d'un geste tendre
Ce n'était pas un compliqué
Il demeurait le long du quai
Je n'ai pas cherché à comprendre