Je croyais que j'avais tout vu,
Tout fait, tout dit, tout entendu
Et je me disais "On ne m'aura plus."
Et mais c'est alors qu'il est venu
Et depuis que je l'ai vu,
C'est vrai, je marche plus,
Oui, mais je cours, je cours ma chance,
Je cours vers la vie qui commence,
Je ne marche plus, je cours, je cours,
Je cours, je cours, je cours, je cours,
Je cours, je cours, je cours, je cours,
Je cours, je cours…
J'entends la sirène
Paroles: Raymond Asso. Musique: Marguerite Monnot 1936
J'entends encore la sirène
Du beau navire tout blanc
Qui, voilà bien des semaines,
Va des Iles sous le Vent
Lorsqu'à la marée montante
Il entra dans le vieux port
Je riais, j'étais contente
Et mon cœur battait très fort.
Le vent chantait sur la dune
Et jouait avec la mer
Où se reflétait la lune.
Dans le ciel, tout était clair.
Le premier qui vint à terre
Fut un jeune moussaillon,
Le deuxième, un vieux grand-père,
Puis un homme à trois galons.
Donnez-moi, ô capitaine,
Du beau navire tout blanc
Qui venait des mers lointaines,
Un beau marin pour amant.
Je l'attendrai sur la dune,
Là-bas, tout près de la mer.
Au ciel brillera la lune.
Dans mon cœur tout sera clair.
Il est venu, magnifique,
Avec une flamme… en Dieu,
Venant des lointains tropiques,
Savait des mots merveilleux,
Me piqua toute une bague,
Me jura d'éternels serments
Que se répétaient les vagues
En clapotant doucement.
Nous étions seuls sur la dune.
Le vent caressait la mer.
Dans le ciel riait la lune
Et lui mordait dans ma chair.
Il partit sur son navire,
Son beau navire tout blanc
Et partit sans me le dire,
Un soir, au soleil couchant.