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Le ciel est bleu, la mer est verte Oh laisse un peu la f'nêtre ouverte!
Son baiser me brûle toujours Est-ce là ce qu'on dit l'amour Son bateau mouillait dans la rade Chassant les ombres de la nuit Au jour naissant il s'est enfui Pour rejoindre ses camarades
Je l'ai vu monter sur le pont Et si je ne sais pas son nom Je connais celui du navire Un navire qui s'est perdu Quant au marin Nul n'en peut plus rien dire
Le ciel est bas, la mer est grise Ferme la f'nêtre à la brise

L'étranger

Il avait un air très doux, Des yeux rêveurs un peu fous Aux lueurs étranges. Comme bien des gars du Nord, Dans ses cheveux un peu d'or, Un sourire d'ange. J'allais passer sans le voir Mais quand il m'a dit bonsoir D'une voix chantante, J'ai compris que, ce soir-là, Malgré la pluie et le froid, Je serais contente. Il avait un regard très doux. Il venait de je ne sais où.
D'où viens-tu? Quel est ton nom? Le navire est ma maison. La mer mon village. Mon nom, nul ne le saura. Je suis simplement un gars Ardent à l'ouvrage Et si j'ai le cœur trop lourd, Donne-moi donc un peu d'amour, Espoir de caresses. Et moi, fille au cœur blasé, J'ai senti, sous ses baisers, Une ardente ivresse. Il avait un regard très doux Il venait de je ne sais où.
Simplement, sans boniments, J'aimais mon nouvel amant, Mon époux d'une heure. Comme bien des malheureux, Il croyait lire en mes yeux La femme qu'on pleure Et, follement, j'espérais Qu'au matin, il me dirait Suis-moi je t'emmène. J'aurais dit oui, je le sens, Mais il a fui, me laissant Rivée à ma chaîne. Il avait un regard très doux. Il venait de je ne sais où.