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Je serai comme un tronc que la rivière emporte Vers on ne sait quel trou où rien ne vous attend Sans doute aurez-vous mis les scellés sur ma porte Moi, je m'en foutrai bien? j'aurai fini mon temps Je n'aurai rien à dire et plus rien à défendre Je serai comme un roi dans un palais désert Ayant tout désappris y compris d'être tendre Oublié le mensonge et comment on s'en sert
Allongé je serai comme un vieux saint de pierre Les vieux copains viendront s'agenouiller sur moi Ma maison dormira étouffée sous le lierre
Après deux ou trois ans il en restera quoi? Il n'en restera rien qu'un peu de phrases mortes Que j'aurai par hasard prononcées devant vous La vie fait son métier mais la mort est plus forte Et qu'on le veuille ou non on vient au rendez-vous
Lorsque je n'aurai plus de cerveau dans la tête De langue dans la bouche et cela pour toujours Peut-être serez-vous tous ensemble à la fête En train de fredonner quelques chansons d'amour Quelques gentils refrains jaillis de ma jeunesse Souvent enjolivés d'un air d'accordéon Vous en serez à l'âge où tout cela vous blesse Il faut aimer le mal que nous font les chansons
Lorsque je dormirai quelque part bien tranquille Au fond d'un trou creusé par un bonhomme idiot Qui s'en ira plus tard fredonner par la ville Une chanson de moi glanée à la radio Lorsque j'en serai là, j'aimerai tout le monde Et tout le monde alors dira du bien de moi Comme on sait que jamais les morts ne vous répondent A mon sujet, chacun dira n'importe quoi