A tort ou à raison
Nous traîne dans la boue
De moments d'émotion
En instants de panique
On entre en religion
A l'heure où tout se joue
Ce métier de crève-faim, de va-nu-pieds
Que ce soit à l'écran, sur scène ou bien en piste
Il faut, pour le tenter, être un rien utopiste
Car il fait peu d'élus pour beaucoup d'appelés
Ce métier qui peut nous abolir parfois
Commandeur de Paris ou Sir en Angleterre
Les Sept d'or, les César, les triomphes ou Molière
C'est toujours le public, au fond, qui les octroie
Fiers sous les quolibets, humbles sous les bravos
Faussement protégés par le mot de Cambronne
Émouvants, hilarants, en forme ou bien aphones
Mais déchirés de trac au lever de rideau
Ce métier n'est pas facile à assumer
Bâti sur le succès, il rend tout vulnérable
Mais bien que sans mémoire et bien qu'impitoyable
Il reste le plus beau car c'est notre métier
Il reste le plus beau, car c'est notre métier
Ce monde t'attend
Ton esprit troublé virevolte
Entre le doute et la révolte
Que sera demain ta récolte
De printemps?
Ne sachant pas ce que tu sèmes
T'as peur de tout et de toi-même
Mais n'en fais pas tout un problème
Viens ce monde t'attend
Quand ton corps prendra la parole
Ta couche sera d'herbes folles
Ton ciel de lit une coupole
Hors du temps
Où sous un ciel bleu sans nuage
J'effeuillerai d'une main sage
Tous les pétales de ton âge
Viens ce monde t'attend