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« Les disciples, grâce à l’intercession de Jean, ne m’empêchent plus de le suivre. Avec moi viennent Joseph d’Arimathie, Barabbas et Mariamne de Magdala, qu’elle s’en souvienne. À Jérusalem, Yakov, Jacques de son nom de Rome, fils de Josef qui fut mon époux au temps de la naissance de Yechoua, nous rejoint. Il va embrasser Yechoua, qui lui dit : Reste tout près, tu es mon frère que j’aime. Qu’importe que nous n’ayons ni le même père ni la même mère, nous sommes frères et fils du Même.

« Vient la Pâque.

« Les événements de la Pâque, chacune d’entre vous les connaît. Comment Yechoua nous entraîne devant le Temple et y trouve la foule qui vient se purifier. Comment la cour du Temple est comble de ceux qui transforment le sanctuaire en commerce. Les changeurs y tiennent leurs tables. Les marchands de bœufs et de […][2] nuit, Barabbas tend le fouet de corde et de nœuds. Yechoua s’en empare. Il fouette devant lui. Il sort les bœufs du Temple. Il sort les moutons. Les cages des colombes se brisent sur le sol, les oiseaux s’envolent. La monnaie des changeurs roule sur les dalles. Yechoua renverse les tables, chasse tout le monde hors de la cour.

« Cela sous les yeux de la foule venue se purifier, qui le regarde en disant : Voilà Yechoua de Nazareth. Il a parcouru la Galilée, la Samarie et la Judée en semant les signes par sa parole. Il a transformé l’eau en vin de noce. Ceux qui ne pouvaient plus marcher, il les a fait marcher. Personne ne fait des signes pareils si l’Éternel n’est pas avec lui. Maintenant, il se dresse contre les corrompus du sanhédrin. Béni soit-il !

« Cela pendant qu’il vide la cour du Temple. A ceux qui protestent, Yechoua répond : Otez-moi ça ! Ne vous étalez plus jamais dans la maison de mon Père comme dans une maison de commerce.

« Arrivent les prêtres du sanhédrin, les pharisiens et les sadducéens. Ils crient : Qui crois-tu être pour te permettre d’agir ainsi ? Yechoua leur répond : Vous l’ignorez, vous qui instruisez Israël ?

« Caïphe, le grand prêtre qui tient son pouvoir de la volonté des Romains et de son beau-père Hanne, est attiré par le bruit de la foule. Il craint ce qu’il voit. Il se dresse devant Yechoua : Prouve par un signe que Yhwh est avec toi. Prouve-nous qu’il te donne le droit de t’opposer à nos décisions !

« Yechoua répond : Abattez ce temple, je le relève en trois jours.

« Que ma sœur de cœur Mariamne s’en souvienne, ce sont ses mots. Ceux que la foule entend. Ceux que les prêtres corrompus entendent. Car lorsque Yechoua parle, tous se taisent. Ils tremblent en regardant les murs du Temple. Ils ont les yeux prêts à voir le sanctuaire s’écrouler sous la volonté du Tout-Puissant.

« Rien ne se passe. Caïphe se moque : Hérode a mis quarante-six ans à construire ce temple et toi tu le relèverais en trois jours ? Tu mens. Yechoua dit : Le mensonge, il est dans la racine de vos pensées. Comment ce temple pourrait-il être le sanctuaire de Dieu, puisque c’est Hérode qui l’a voulu et vos mains avariées qui l’entretiennent ?

« La foule fait grand bruit. Dans le tumulte, il y a la menace de la révolte. On entend des cris qui annoncent : Le Messie est dans la cour du Temple. Il affronte Caïphe et ses prêtres vendus aux Romains.

« Barabbas vient à mon côté. Il annonce : La ville bouillonne de colère. Les rues sont pleines. Le peuple arrive de partout pour la Pâque. C’est le moment que nous attendons depuis si longtemps, toi et moi. Un signe de ton fils, et nous renversons le sanhédrin. Nous courons à la garnison des Romains et nous la prenons. Dépêche-toi.

« Avant d’agir, je prends conseil auprès de Joseph d’Arimathie et de Mariamne, qu’elle s’en souvienne. L’un et l’autre répondent : Cela dépend de Yechoua. Alors moi de dire à tous : Barabbas a raison. Jamais il n’y a eu de meilleur moment pour libérer le peuple de Jérusalem du joug romain.

« À mon fils Yechoua, je dis : Fais un signe pour entraîner la foule derrière toi. Elle ne veut plus attendre. Elle bout de te suivre contre le sanhédrin et contre Rome. N’hésite plus.

« Yechoua me regarde comme il m’a regardée à Cana. Sa bouche demeure close. Ses yeux me disent : Qui est cette femme qui croit qu’elle peut me demander d’obéir ainsi qu’un fils doit obéir à sa mère ?

« C’est le moment que Caïphe choisit pour ameuter sa garde de mercenaires. Il crie que le Nazaréen est un usurpateur, un faux prophète, un faux Messie. Il pointe le doigt sur nous, sur les disciples, sur moi, sur Joseph d’Arimathie et Mariamne : Voilà ceux qui veulent détruire le Temple. Voilà les impies ! Les mercenaires baissent leurs lances, ils tirent leurs glaives. Barabbas nous fait enserrer par la foule afin de sauver nos vies.

« Que Mariamne s’en souvienne. Tout ce qu’il advint ensuite, nous étions côte à côte pour le vivre.

« Yechoua et ses disciples sont accueillis dans la maison d’un nommé Shimon, sur la route de Béthanie, à moins d’une heure de marche de Jérusalem. Moi, sa mère, Mariamne et Joseph d’Arimathie, on nous place dans la maison voisine. Barabbas me dit : Je retourne à Jérusalem. Le peuple est trop fébrile pour que je demeure les bras croisés. Il n’est plus possible de le retenir. Ma place est là-bas, devant ceux qui vont se battre. Que ton fils se décide. Il a lancé une pierre, à lui de savoir qui elle va frapper.

« Je l’embrasse avec l’amour de mon cœur. Je sais qu’il peut mourir dans ce combat, si Yechoua ne se décide pas.

« Mariamne est à mon côté. Nous essayons de convaincre Yechoua : Tu as dit devant le peuple qu’on pouvait détruire le Temple et toi le relever en trois jours. Le peuple va le détruire pour te mettre à l’épreuve. Ils veulent voir la puissance de Dieu agir dans ta parole. Ils veulent un sanctuaire pur. Ils te veulent, toi, devant eux. Ils veulent voir celui que tu es. Le peuple d’Israël n’en peut plus d’attendre. Il veut que s’ouvre le ciel.

« Yechoua ne nous regarde pas. Il s’adresse à ses disciples : Qu’y a-t-il qui les presse ? Moïse a tourné longtemps dans le désert et n’a pas même atteint Canaan. Pourtant, des prodiges, sous la paume de Yhwh, il en a accompli. Et voilà que maintenant ce peuple à la nuque raide a des exigences ?

« Après ces paroles, les disciples nous chassent de la maison.

« Jean vient à moi, le visage triste : Ne t’offusque pas. Les paroles de Yechoua, ton fils, nous les comprenons et nous ne le comprenons pas encore. Il a raison, cependant : Yhwh seul décide du temps des hommes.

« Avant la nuit, la nouvelle arrive. Les rues de Jérusalem sont rouges du sang des combats. Les cavaliers de Pilatus le gouverneur ont chargé, lance pointée. À la nuit, on sait que Barabbas a tué un prêtre du Temple. On me dit : Il est prisonnier. On l’a conduit dans les geôles de Pilatus. Je me retourne contre Jean avec colère : Et cela n’ouvre pas la bouche de mon fils ?

« Au-dessus de Béthanie, le ciel de la nuit est rouge des incendies de Jérusalem. Ma sœur de cœur Mariamne dit en pleurant : C’est le sang du peuple qui monte au ciel. Comme le ciel est toujours fermé, il le tapisse de notre douleur.

« Un vieillard nous rejoint. Il marche à peine, on l’a transporté dans un char. Il s’adresse à moi : Je suis Nicodème, le pharisien du sanhédrin. Celui qui est venu à Nazareth, chez Yossef le charpentier. Il y a plus de trente ans de cela. A la demande de Joachim, ton père.

« Je le reconnais sous sa vieillesse. Il dit : Je suis là pour toi, Miryem de Nazareth. Je suis là pour ton fils, Yechoua. Introduis-moi près de lui. Ce que j’ai à lui apprendre vaut sa vie.

« Jean le disciple le conduit à Yechoua.

« Nicodème annonce à Yechoua : Je suis du sanhédrin, mais mon cœur m’assure que tu es celui qui peut nous instruire de la volonté du Tout-Puissant. J’ai prié pour que Dieu m’éclaire et j’ai vu ton visage. C’est pourquoi je suis là et te dis : Cette nuit, il te faut agir pour apprendre à tous qui tu es. Et Yechoua de répondre : Qu’attends-tu de moi ? Nicodème : Un signe. Celui que tu as annoncé. Va devant le peuple qui détruit le Temple et remonte-le en trois jours. Yechoua : Comment savez-vous que l’heure est venue ? Vous qui ne savez rien, pas même si vous êtes dans la main de mon Père ! Nicodème insiste : Ce signe, il faut que tu le fasses, ou les Romains te saisiront à l’aube. Caïphe et son beau-père Hanne ont lancé la condamnation du sanhédrin sur toi. Ils te veulent mort pour ce que tu as fait aujourd’hui. Le peuple s’est révolté contre eux. À cette heure de la nuit, il est maté et Barabbas est en prison. Agis dans la main de Yhwh ou le sang sera répandu pour rien. Je te le dis : le peuple de Jérusalem attend ton signe.